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Le droit à l’alimentation est bien plus que l’accroissement de l’offre alimentaire

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Un meilleur accès au marché est essentiel pour les petits exploitants agricoles, mais aussi une meilleire position de négociation dans les chaînes alimentaires. Photo: PNUD en Géorgie.

Les grandes entreprises agroalimentaires externalisent de plus en plus souvent la production des produits agricoles de base et la confient à des milliers de petits exploitants. De cette façon, les investisseurs privés façonnent l’agriculture des pays en développement.

Par exemple, les engagements d’investissement obtenus dans le cadre de la Nouvelle alliance (anglais) du G8 pour la sécurité alimentaire et la nutrition visent à faire plus largement appel aux petits exploitants dans divers pays d’Afrique. Or, les petits producteurs de produits alimentaires ont été dans l’ensemble ignorés par les politiques agricoles jusqu’à présent. Il faut être conscient de cette réalité pour évaluer le rôle de l’investissement privé dans la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD).

Dans le cadre de l’agriculture contractuelle, les exploitants s’engagent à livrer leur production à des entreprises qui se chargent de la transformer ou de la commercialiser à des prix (en général) préalablement fixés. Cela peut leur permettre d’avoir plus facilement accès aux intrants et au crédit, d’un côté, et aux marchés, de l’autre. Faire bénéficier les petits exploitants de nouveaux débouchés lucratifs peut leur permettre de profiter des bienfaits de la mondialisation. Sous certaines conditions, l’agriculture contractuelle peut aussi contribuer au développement de chaînes alimentaires locales en liant, par exemple, les coopératives agricoles à l’industrie agroalimentaire locale ou aux détaillants vendant des produits frais aux citadins. Mais elle peut aussi facilement affaiblir les exploitants en leur faisant supporter les risques et en les exposant à la volatilité des marchés tout en permettant aux entreprises agroalimentaires de consolider leurs chaînes d’approvisionnement en produits de base.

Une analyse approfondie de l’agriculture contractuelle telle qu’elle a été pratiquée jusqu’à présent indique qu’il faut inclure dans le système des dispositifs de sauvegarde pour que ses avantages l’emportent sur ses coûts potentiels (De Schutter, 2011). Les administrations locales doivent intervenir et examiner de près les accords contractuels pour s’assurer qu’ils sont transparents, viables et bénéfiques pour les deux parties, qu’ils sont équitables et qu’ils incluent des procédures de règlement des différends, qu’ils respectent les droits des femmes, que les normes de qualité sont claires et qu’ils ne nuisent pas à l’environnement.

Mais il est tout aussi important de considérer d’autres modèles de développement susceptibles d’offrir aux exploitants les avantages de l’agriculture contractuelle ( accès au crédit et aux marchés, stabilité des prix et répartition des risques ) en leur évitant ses inconvénients potentiels. Les exploitants devraient être incités à former des coopératives et des coentreprises – leur permettant de s’unir pour accéder aux marchés sans perdre le contrôle de leurs terres et de leurs moyens de subsistance – ou de participer à des systèmes de commercialisation directe des produits alimentaires qui relient les petits exploitants aux marchés et leur permettent en même temps d’augmenter leurs revenus et de garder le contrôle de leur production.

Il est primordial d’élargir l’accès des petits exploitants aux marchés pour assurer la sécurité alimentaire et améliorer la nutrition, mais il faut aussi améliorer la position de négociation des agriculteurs dans les chaînes alimentaires. Les relations entre les producteurs et les acheteurs sont actuellement très inégales, et elles le resteront tant que les agriculteurs ne disposeront pas de plusieurs circuits pour vendre leurs produits et qu’ils ne seront pas en mesure de négocier de meilleurs arrangements.

De mon point de vue, c’est tout l’enjeu du droit à l’alimentation : il ne s’agit pas simplement d’accroître l’offre alimentaire face à la montée des besoins, mais de déterminer qui produit, pour qui et dans quelles conditions. Il ne s’agit pas uniquement de réduire l’écart entre les prix payés aux producteurs et les prix de détail pour assurer une alimentation à un prix abordable, mais aussi d’autonomiser les producteurs les plus marginaux en leur permettant de s’approprier un pourcentage plus élevé de la valeur de leur production. En bref, il s’agit de permettre à la multitude de petits exploitants des pays en développement de réaliser enfin pleinement leur potentiel.

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