Blog


La macroéconomique du financement du développement

par

Le nombre moyen d’années de scolarisation dans les pays appliquant des politiques macroéconomiques souples est d’un an et demi de plus que dans les pays ayant adopté des politiques plus restrictives.

Lors de la conférence sur le financement du développement qui se tiendra à Addis-Abeba, la communauté mondiale devrait s’entendre sur la nécessité de :

  1. renforcer la capacité de mobilisation des ressources nationales ;
  2. accroître la disponibilité des financements extérieurs, comme l’aide publique au développement (APD) et les investissements étrangers directs (IED) ;
  3. réduire le coût des transferts de fonds et
  4. lutter contre les mouvements illicites de capitaux.

Mais toutes ces mesures seront vaines si les pays adoptent des politiques macroéconomiques qui ne sont pas favorables au développement.

Examinons l’histoire récente des politiques macroéconomiques dans une sélection de 10 pays à faible revenu. Ces pays ont eu des politiques monétaires très restrictives avec des taux d’intérêt sur les prêts de 21,6 % en moyenne entre 2007 et 2013. Tous ces pays avaient comme principal objectif politique une cible d’inflation. Ils ont conservé leurs créances sur leur administration centrale à moins de 1 % du PIB.

Voyons maintenant ce qu’il en est de leurs résultats sur le plan macroéconomique. Et bien, ils sont bons, en tout cas en termes de stabilité. La croissance économique a été de 5,4 % en moyenne entre 2007 et 2013. Au cours de cette période, l’inflation est restée au-dessous de 8 % et le déficit budgétaire a été de 2,1 % du PIB.

Ces dix pays ont mis en œuvre ce que l’on appelle des politiques macroéconomiques restrictives. Leurs résultats ne sont toutefois pas différents de ceux obtenus dans des pays à revenu intermédiaire ayant mis en œuvre des politiques macroéconomiques plus souples. Ceux-ci ont eu un taux d’intérêt sur les prêts d’une moyenne de 8,6 % entre 2007 et 2013. Ils n’avaient pas comme principal objectif politique une cible d’inflation. Ils ont conservé les créances sur leurs administrations publiques à 21% du PIB.

Entre 2007 et 2013, la croissance économique moyenne pour ces deux groupes de pays était d’environ 5,4%. Mais le nombre moyen d’années de scolarisation dans les pays appliquant des politiques plus souples est d’un an et demi de plus que dans les pays ayant adopté des politiques plus restrictives. De même, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans est trois fois plus élevé dans les pays appliquant des politiques restrictives.

Les données historiques et empiriques démontrent que les politiques macroéconomiques dans les pays à faible revenu ne deviennent favorables au développement que :

  1. lorsque les politiques fiscales s’attachent à accroître les investissements publics;
  2. lorsque la politique monétaire est plus souple et que le crédit est destiné à promouvoir l’essor des petites et moyennes entreprises, en se servant du taux directeur comme instrument et
  3. lorsque les politiques en matière de taux de change encouragent l’exportation et découragent les mouvements de capitaux spéculatifs à court terme.

Lorsque la communauté du développement se réunira à Addis, il ne faudrait pas qu’elle se limite à accroître le financement et à modifier les règles qui régissent les mouvements de capitaux. Elle devra aller plus loin et parvenir à un consensus sur le fait que les économies à faible revenu ont besoin de se libérer des politiques macroéconomiques restrictives.

Financement du développement Programme de développement pour l’après-2015 Degol Hailu Rapport sur le développement humain

PNUD Dans le monde

A

Afghanistan Afrique du sud Albanie Algérie Angola Arabie saoudite Argentine Arménie Azerbaïdjan

B

Bahreïn Bangladesh Barbade Bélarus Bélize Bénin Bhoutan Bolivie Bosnie-Herzégovine Botswana Brésil Bureau du Pacifique Burkina Faso Burundi

C

Cambodge Cameroun Cap-Vert Centrafrique (République centrafricaine) Chili Chine Chypre Colombie Comores Congo (République démocratique du) Congo (République du) Corée (République populaire démocratique de) Costa Rica Côte d'Ivoire Croatie Cuba

D

Djibouti

E

Egypte El Salvador Emirats arabes unis Equateur Erythrée Ethiopie

G

Gabon Gambie Géorgie Ghana Guatemala Guinée Guinée-Bissau Guinée équatoriale Guyane

H

Haïti Honduras

I

Ile Maurice et Seychelles Inde Indonésie Irak (République d') Iran

J

Jamaïque Jordanie

K

Kazakhstan Kenya Kirghizistan Kosovo (selon RCSNU 1244) Koweït

L

Laos Lesotho Liban Libéria Libye L’Ex-République yougoslave de Macédoine

M

Madagascar Malaisie Malawi Maldives Mali Maroc Mauritanie Mexique Moldova Mongolie Monténégro Mozambique Myanmar

N

Namibie Népal Nicaragua Niger Nigéria

O

Ouganda

P

Pakistan Panama Papouasie-Nouvelle-Guinée Paraguay Pérou Philippines Programme palestinien

R

République dominicaine Russie (Fédération de) Rwanda

S

Samoa São Tomé-et-Principe Sénégal Serbie Sierra Leone Somalie Soudan Soudan du Sud Sri Lanka Suriname Swaziland Syrie

T

Tadjikistan Tanzanie Tchad Thaïlande Timor-Leste Togo Trinité et Tobago Tunisie Turkménistan Turquie

U

Ukraine Uruguay Uzbekistan

V

Venezuela Viet Nam

Y

Yémen

Z

Zambie Zimbabwe