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Les négociants agroalimentaires peuvent-ils contribuer au développement durable ?

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Graines de cacoLe cacao du Ghana est produit par des milliers de petits exploitants, répartis sur 6 des 10 régions du pays. Photo: COCOBOD

Avec une population mondiale qui devrait atteindre les neuf milliards en 2050, nous sommes confrontés à un double défi : garantir la production ininterrompue de produits alimentaires tels que le soja, l’huile de palme, le bétail, le café et le cacao, sans pour autant détruire les ressources naturelles de la planète.

Les produits agricoles forment la base de nombreuses économies rurales en développement, en contribuant à la croissance économique et à la lutte contre la pauvreté. C’est pourquoi ils interviennent de manière cruciale dans les Objectifs du développement durable (ODD).

Par contre, le déboisement et la dégradation des sols qui découlent de l’agriculture intensive détruisent la biodiversité et les écosystèmes de manière irréversible.

C’est pourquoi nous avons lancé notre programme pour les produits écologiques dans le but d’améliorer leur impact économique, social et environnemental. Nous nous attachons tout particulièrement à améliorer le sort des petits exploitants, qui vivent pour la plupart dans la pauvreté, sans avoir accès à des formations, un financement ou une quelconque sécurité foncière.

On estime que quelque 26 millions de producteurs de café dans 52 pays  gagnent moins de deux dollars par jour, et que l’agriculture suffit à peine à leurs besoins. C’est ce qui explique que beaucoup de jeunes fuient les zones rurales pour partir à la recherche d’opportunités en ville.

Notre programme collabore avec plusieurs pays dans des secteurs clés, comme l’Indonésie (huile de palme), le Costa Rica (ananas), le Ghana (cacao), le Paraguay (bétail et soja), le Pérou (huile de palme et café), la République dominicaine (cacao) et l’Ethiopie (café), afin d’appuyer un dialogue entre gouvernements nationaux et différents acteurs.

Les entreprises de négoce qui relient producteurs et consommateurs peuvent avoir un impact majeur en poussant des secteurs entiers à passer de pratiques nocives à des initiatives qui favorisent la durabilité, améliorent les revenus des agriculteurs et donnent des atouts concurrentiels aux petits exploitants.

Nous travaillons depuis un certain temps à resserrer les liens entre négociants et petits agriculteurs pour que les premiers comprennent mieux les risques encourus par les seconds et s’efforcent d’atténuer ceux-ci. Du coup, la durabilité de la chaîne logistique s’en trouvera améliorée, ce qui donnera un avantage commercial aux deux parties.

Ainsi, l’approvisionnement direct et l’aide aux agriculteurs sont compris comme une stratégie de gestion des risques et non plus comme une simple question de responsabilité sociale des entreprises.

Nous collaborons par exemple avec Mondelez, premier fabricant de chocolat et producteur de café au monde, afin d’introduire de saines pratiques de culture du cacao au Ghana et dans d’autres pays producteurs. L’un des piliers de ce travail est d’exiger que fournisseurs et négociants appuient davantage les planteurs de cacao. Ainsi,  les entreprises de négoce sont tenues de donner des formations aux agriculteurs et à leurs communautés.

Si les négociants en produits agroalimentaires s’impliquent de manière active et directe dans la chaîne d’approvisionnement, nous pouvons contribuer de manière bien réelle aux ODD et aider des millions d’agriculteurs dans le monde à réduire la pauvreté et à améliorer leur vie.

Andrew Bovarnick Matières premières Développement durable Environnement Amérique latine et Caraïbes Afrique Réduction de la pauvreté et des inégalités