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Financer le développement des pays riches en ressources naturelles

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Photo: PNUD au Zimbabwe

Dans cette série, nos experts partagent leurs réflexions et leçons apprises sur le financement du développement, dans la perspective de la conférence de l'ONU à Addis-Abeba en juillet.

Ces dix dernières années, les prix des hydrocarbures, des métaux et minerais n'ont cessé d’augmenter. Le baril de pétrole est passé de 50 dollars en 2004 à 99 en 2007, puis 115 en 2013. Pendant la même période, l'indice des prix des matières premières non énergétiques a progressé de 112%. Ces hausses de prix résultent essentiellement d’une demande croissante en ressources naturelles à l’échelle mondiale.

Profitant de la hausse des prix des matières premières, les pays riches en ressources naturelles ont investi dans les services sociaux. Par exemple, de 2002 à 2012, la dépense publique de santé moyenne par habitant des 25 premiers pays exportateurs de pétrole, de gaz et de minerais s'est bonifiée de 65%, passant de 112 à 219 dollars. De même, de 2000 à 2010, leur dépense publique d'éducation moyenne a augmenté de 11,86% par rapport à la décennie précédente.

Toutefois, la chute récente des prix des matières premières menace la disponibilité de fonds pour le développement. En 2014, l'indice des prix des matières premières de l’Economist a perdu 9,9% de sa valeur en dollars, avec une chute de 10,1% du prix des métaux et un baril de pétrole en baisse de 51,2 %.

Plusieurs facteurs expliquent la chute des prix des matières premières, notamment le ralentissement de la croissance économique mondiale, le boom du gaz de schiste aux États-Unis, la hausse attendue des taux d'intérêt dans les grandes puissances économiques et la décision de l'OPEP de ne pas appliquer une hausse collective du prix du pétrole.

Dans ce contexte, que doivent faire les pays riches en ressources naturelles? Accepter davantage d'aide? Cette option est assez improbable, en raison des difficultés budgétaires de nombreux bailleurs.

Devraient-ils plutôt emprunter? Beaucoup d'entre eux atteindront bientôt leur limite de soutenabilité de la dette. C'est notamment le cas du Ghana et de la Gambie, deux économies riches en ressources naturelles, enregistrant des ratios dette-PIB nets respectifs de 53 et 82% en 2013, contre de 98 et 125 % en 2000. Après les progrès significatifs réalisés en termes de réduction de la dette, il serait irraisonnable d'en accumuler de nouveau.

Une option prometteuse consisterait plutôt à accroître la part de profits issus de l'exploitation des ressources naturelles. Cela suppose une capacité à négocier et à faire respecter de bons contrats, comprenant des concessions et des redevances équitables, ainsi que des accords fiscaux. Il est indispensable de faire respecter ces contrats pour combler les failles éventuelles susceptibles d'entraîner des flux de fonds illégaux.

Par exemple, les exonérations de taxe minière ont coûté 598 millions de dollars au gouvernement de la Sierra Leone, l'équivalent de 58% des recettes intérieures du pays, soit 140% de son aide internationale. Autre exemple, en Zambie où des mesures plus fortes contre l'évasion fiscale, auraient pu porter ses revenus liés au cuivre à 3,7% de son PIB.

Par ailleurs, de peur d’effrayer le secteur privé, les gouvernements des pays riches en ressources naturelles se lancent dans une concurrence malsaine, qui se traduit par des offres de plus en plus généreuses. Cette sous-enchère perpétuelle est une conséquence de politiques fiscales non harmonisées.

La suite du cycle est connue d'avance : les prix des matières premières vont bientôt remonter. D'où, la nécessité d'examiner trois actions importantes lors de la conférence sur le financement du développement en juillet prochain à Addis-Abeba : 1) appuyer le renforcement des capacités de négociation et d'exécution de contrats pour ces pays ; 2) conclure un accord international de lutte contre l'évasion et la fraude fiscales et 3) aider les pays à élaborer des régimes fiscaux collectifs.

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