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Épargner pour les mauvais jours...

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des personnes assises autour d'une tableL'un des premiers agriculteurs à recevoir l'assurance-récolte WIBI pour cause d'insuffisance de précipitations à Tacunan, dans la région de Tugbok. Photo : PNUD aux Philippines

...cette attitude ne saurait être plus sage pour un fermier.  

Activité à risques partout dans le monde, l'agriculture reste à la merci des caprices du temps. Aux Philippines et dans de nombreux autres pays en développement, les approches classiques de prévision de l'arrivée des pluies sont de moins en moins efficaces, et exacerbent les difficultés des fermiers.

Face à cette situation, l'assurance-récolte est devenue une mesure de protection courante. Aux États-Unis, 90 pour cent des terres cultivées sont assurées. Mais, aux Philippines, les produits d'assurance-récolte couvrent moins de 10 pour cent de la production totale de riz et de blé. Qui plus est, l'assurance repose sur l'indemnité. Autrement dit, l'assureur doit constater les dommages, et le paiement n'intervient en général que six mois après le sinistre. Si l'assuré n'a pas suffisamment épargné pour couvrir ses dépenses jusqu'à la récolte suivante, il risque de devoir vendre ses outils de production ou de s'endetter. Dans les deux cas, l'agriculteur s'appauvrit davantage.

Je travaille pour un projet du gouvernement philippin destiné à vulgariser un autre type d'assurance-récolte : l'assurance basée sur un indice météorologique (WIBI). L'avantage d'une police WIBI réside dans la rapidité des paiements, qui dépendent d'un indice prédéfini (tel que le cumul des précipitations) au lieu de la vérification des dommages subis. Cette rapidité renforce la résilience des fermiers et leur permet de reprendre leurs activités agricoles pendant la saison en cours.

Cette année, 251 fermiers ont souscrit une WIBI pour le riz (au final, nous escomptons 2.000 assurés). La couverture de la WIBI sera bientot étendue à des cultures comme la noix de coco et le blé. Cette approche amoindrit le risque pour l'assureur et améliore la viabilité globale de l'offre WIBI.

Par la suite, la police WIBI intégrera d'autres produits financiers, tels que l'épargne et le crédit. Proposée en partenariat avec des prestataires de services financiers publics et privés qui reçoivent une incitation financière de la part du gouvernement, elle permettra à un nombre accru de fermiers de souscrire aux produits d'assurance.

La WIBI aide non seulement les fermiers vulnérables à transférer le risque lié à la variabilité météorologique induite par le changement climatique, mais elle peut aussi devenir un outil financièrement viable pour le gouvernement.

Quand je pense aux enjeux de notre projet, des personnes comme Conrado Carreon me viennent à l'esprit. Âgé de 47 ans, cet originaire de Mindanao est un bénéficiaire potentiel de la WIBI. Pour toute source de revenus, sa famille nombreuse n'a qu'un hectare de riz paddy. « Je souhaite pouvoir assurer ma récolte », dit-il. « Nos revenus sont à peine suffisants. Mais, à force de travailler, nous espérons récolter un jour le fruit de nos efforts ». Malheureusement, sans accès à une assurance à la fois abordable et souple, il risque de connaître une réalité encore plus dure.

Même un accord vraiment efficace à la conférence sur le climat ne pourra garantir le maintien de la hausse de la température mondiale moyenne en deçà de 2˚C. D'où la pertinence de mesures comme la WIBI, que l'on peut appliquer tout de suite pour aider des gens comme Conrado à se prémunir des effets d'un climat de plus en plus imprévisible.

Yusuke Taishi Changement climatique et réduction des risques de catastrophe Énergie Environnement Changement climatique Développement rural Développement durable blog series Moyens de subsistance Asie Pacifique Philippines

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