Blog


Pourquoi il faut sauver les données historiques de l’Afrique sur le climat

par

Archives climatiques en Gambie. Photo: PNUD

Les données sur le climat sont vitales à tout système d’alerte rapide, et fondamentales à tout effort de renforcement des capacités d’adaptation. Elles permettent de suivre les impacts négatifs du changement climatique, et donnent aux pays les moyens de se préparer et de s’adapter tout en consolidant les acquis et les objectifs du développement national.

Les données sur le climat sont communément classées en deux catégories : les données historiques et les données obtenues à partir d’observations récentes et actuelles.

Si beaucoup réalisent l’importance des données actuelles et récentes sur le climat, plus rares sont ceux qui apprécient l’importance des données historiques qui nous permettent d’établir des tendances à long terme, de comprendre et de mieux prévoir les futures modifications du climat.

Par exemple : les modèles climatiques sont des représentations mathématiques des interactions entre l’atmosphère, les océans, les terres émergées, les glaces et le soleil. Une fois qu’un modèle a été élaboré, il doit être testé pour en vérifier le fonctionnement. Et comme nous ne pouvons pas attendre 30 ans pour voir si un modèle est valable, les modèles doivent être testés en les confrontant aux données anciennes grâce à un système nommé « simulation rétrospective ». Le processus se base sur l’hypothèse toute simple que si un modèle peut prédire correctement des tendances actuelles à partir d’un point de départ se situant quelque part dans le passé, il est probable qu’il prédira avec un degré raisonnable de certitude ce qui pourrait arriver dans le futur.

Les données tirées des observations météorologiques dans la plupart des pays africains remontent au début du XIXe siècle (par exemple, en Tanzanie la première observation météorologique a été effectuée sur la côte en 1850). Une fois les observations recueillies, elles sont archivées sous différents formats par les organismes météorologiques. Or, ces données historiques sont en grande partie consignées sur papier, et selon l’âge du papier et l’état des archives, certaines d’entre elles sont illisibles ou écrites à la main avec de l’encre qui s’efface au fil du temps. C’est une tragédie qui se joue au ralenti : ces informations historiques constituent une ressource inestimable pour un continent qui a déjà été durement touché par le changement climatique.

Il est crucial de numériser ces informations afin des les préserver. Au Centre de service régional du PNUD pour l’Afrique, nous avons effectué une évaluation des besoins en matière de sauvetage des données climatiques dans six pays africains : la Gambie, le Malawi, la Sierra Leone, la Tanzanie, l’Ouganda et la Zambie.

Certains de ces pays possèdent près d’un milliard de pages de données historiques qui ne sont pas numérisées. Cela représente des décennies d’informations qui peuvent s’avérer cruciales pour les prévisions à long terme. Et nous ne parlons ici que de six pays.

La situation est similaire dans une grande partie de l’Afrique. Dans certains cas, le mauvais état des archives a fait que les données climatiques ont été dévorées par les termites ou détruites lors d’inondations. En Sierra Leone, le Département météorologique signale que plusieurs milliers de données historiques sur le climat ont été perdues durant la guerre civile.

Comme on peut le voir, préserver les données historiques n’est pas simplement un exercice consistant à sauver de vieux morceaux de papier – c’est un investissement qui peut véritablement sauver des vies et renforcer la préparation aux risques climatiques en contribuant à produire de meilleures prévisions, de meilleures projections et de meilleurs systèmes d’alerte précoce. 

Réduction des risques Changement climatique et réduction des risques de catastrophe Afrique Blog Excellent Hachileka Énergie

PNUD Dans le monde

A

Afghanistan Afrique du sud Albanie Algérie Angola Arabie saoudite Argentine Arménie Azerbaïdjan

B

Bahreïn Bangladesh Barbade Bélarus Bélize Bénin Bhoutan Bolivie Bosnie-Herzégovine Botswana Brésil Bureau du Pacifique Burkina Faso Burundi

C

Cambodge Cameroun Cap-Vert Centrafrique (République centrafricaine) Chili Chine Chypre Colombie Comores Congo (République démocratique du) Congo (République du) Corée (République populaire démocratique de) Costa Rica Côte d'Ivoire Croatie Cuba

D

Djibouti

E

Egypte El Salvador Emirats arabes unis Equateur Erythrée Ethiopie

G

Gabon Gambie Géorgie Ghana Guatemala Guinée Guinée-Bissau Guinée équatoriale Guyane

H

Haïti Honduras

I

Ile Maurice et Seychelles Inde Indonésie Irak (République d') Iran

J

Jamaïque Jordanie

K

Kazakhstan Kenya Kirghizistan Kosovo (selon RCSNU 1244) Koweït

L

Laos Lesotho Liban Libéria Libye L’Ex-République yougoslave de Macédoine

M

Madagascar Malaisie Malawi Maldives Mali Maroc Mauritanie Mexique Moldova Mongolie Monténégro Mozambique Myanmar

N

Namibie Népal Nicaragua Niger Nigéria

O

Ouganda

P

Pakistan Panama Papouasie-Nouvelle-Guinée Paraguay Pérou Philippines Programme palestinien

R

République dominicaine Russie (Fédération de) Rwanda

S

Samoa São Tomé-et-Principe Sénégal Serbie Sierra Leone Somalie Soudan Soudan du Sud Sri Lanka Suriname Swaziland Syrie

T

Tadjikistan Tanzanie Tchad Thaïlande Timor-Leste Togo Trinité et Tobago Tunisie Turkménistan Turquie

U

Ukraine Uruguay Uzbekistan

V

Venezuela Viet Nam

Y

Yémen

Z

Zambie Zimbabwe