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La mangrove, un atout dans la lutte contre le dérèglement climatique

13 Jan 2015

 La déforestation et la dégradation des écosystèmes accentuent la vulnérabilité d'Haïti aux catastrophes naturelles. Nous soutenons le pays dans la gestion des écosystèmes et l’adaptation au changement climatique.

Haïti réunit pratiquement toutes les conditions de vulnérabilité au changement climatique : déforestation, forte exposition aux cyclones, mauvaise planification de l’aménagement du territoire, pauvreté et surexploitation des ressources naturelles. Ajouté à cela, la population, par manque d’éducation, peine à se connecter de façon pratique et réelle à cette thématique.

Les mangroves n’échappent pas aux effets néfastes du dérèglement climatique. Ces écosystèmes naturels dépendent de conditions extrêmement sélectives pour leur survie : salinité, durée d’inondation, taux de sédimentation – autant de paramètres qui sont sensibles au changement climatique. Or les mangroves ont une importance capitale, tant sur le plan écologique qu’économique, et représentent, avec la forêt tropicale humide, un des écosystèmes les plus productifs sur terre. Ainsi, les eaux littorales bordant les mangroves sont généralement riches en crabes, crevettes et poissons, qui viennent s'y reproduire.

La disparition globale des mangroves est estimée à environ 2% par an, avec des pertes comprises entre 35 et 86% selon les lieux. C’est extrêmement préoccupant, d’autant que cette progression peut s’accélérer selon l’évolution du niveau des mers, un autre effet du changement climatique.

Dans la commune d’Aquin au sud d'Haïti, la coupe effrénée des palétuviers qui constituent une barrière de défense naturelle pour la zone côtière, met en danger la population des villes avoisinantes. Pour remédier à cette situation, nous mettons en œuvre, avec le Gouvernement Haïtien, un projet de réhabilitation des mangroves sur une période de deux ans. 

La plantation a démarré en 2014 et, à ce jour, 30 hectares de mangrove ont été restaurés à Aquin. L’objectif est de réhabiliter 150 hectares d’ici à fin 2015, pour renforcer la résilience aux désastres, et rendre leur diversité biologique aux côtes haïtiennes, mais également pour réduire les risques d’infiltration d’eau salée dans les nappes phréatiques et assurer la disponibilité d’eau potable pour les populations. 

Il s'agit aussi d’éduquer les habitants sur l’importance des mangroves et la nécessité de les protéger. Aquin n’est malheureusement pas un cas isolé en Haïti où les écosystèmes de mangroves sont vulnérables. C’est pourquoi nous étudions les possibilités de répliquer et d’élargir ces expériences concluantes. 

Par ailleurs, le Gouvernement a récemment pris l’engagement de signer un arrêté interdisant la coupe des mangroves sur tout le territoire, témoignant ainsi de sa volonté de faire de l’environnement une priorité nationale.