Handicapé visuel et artisan Serigne Alioune Guèye voit le bout du tunnel


Un non voyant aux mains expertes

Ayant perdu la vue à bas âge, Serigne Alioune Guèye est parvenu à exercer un métier en s’activant dans la fabrication et la vente de paniers. Son ambition et sa foi lui ont permis de braver tous les préjugés. Sa volonté de promouvoir les personnes handicapées, a fait de lui un modèle au sein de l’Association Handicap Form Educ de Louga.

 

« J’ai toujours nourri l’espoir de développer mes activités mais faute de formation et d’appui, mon commerce tardait à prendre son envol. A la fin de l’année 2011, notre association s’est inscrite au parcours de l’entrepreneur local développé par l’Agence de Développement Local  de Louga. Cette inscription a permis à tous nos membres de bénéficier d’une formation sur la culture d’entreprise. Suite à cette formation, j’ai décidé de créer mon propre entreprise. Cette formation m’a permis de comprendre comment faire face aux obstacles qui m’empêchaient d’accroître et de diversifier mes activités », rappelle Serigne Alioune Guèye, un trentenaire aveugle membre de l’Association Handicap Form Educ de Louga.

 

C’est à l’âge de 4 ans que ce natif de Santhiaba Centre a perdu l’usage des yeux « suite à une longue maladie ». En 1991, il intègre l’Ecole nationale des aveugles du Sénégal (Enas) de Thiès. Malheureusement, il a été contraint d’arrêter ses études en classe de CM1. Dans une société pleine de préjugés, les handicapés sont souvent contraints à la mendicité, mais Serigne Alioune Gueye a toujours voulu gagner sa vie à la sueur de son front. La volonté de ce jeune homme d’une trentaine d’années, qui a aussi fréquenté l’école coranique, est de prouver aux personnes valides que les personnes handicapées peuvent, elles aussi, contribuer au développement socio-économique du pays. Il adhère à l’Association Handicap From Educ de Louga où il apprend à tisser des paniers.

 

« Mon contact avec l’ADEL n’a été que bénéfique. J’ai senti un soutien supplémentaire dans l’exercice de mes activités. L’ADEL m’a aidé à avoir plus d’ouverture avec des partenaires, d’avoir de nouvelles compétences dans la gestion de mes affaires », témoigne-t-il. Il projette de diversifier ses activités en investissant dans l’aviculture avec la création d’un poulailler. Il espère aussi suivre une formation sur les techniques de massage et, enfin, animer une émission radiophonique afin d’accroître sa notoriété. Il envisage de regrouper tous les aveugles de la région au sein d’une structure qui s’appellera Association pour la renaissance des aveugles de Louga (Aral).