Les périmètres écologiques, un moyen de lutter contre la pauvreté


pépinière communautaire intégrée - Credit photo : PNUD Senegal

Produire toute l’année ! Cela est devenu possible grâce aux périmètres écologiques. Ils constituent un moyen efficace de lutter contre la pauvreté par l’augmentation des revenues des ménages, l’amélioration de leur régime alimentaire, en assurant une gestion durable des ressources naturelles.

A retenir

  • Quelque 30 000 personnes bénéficieront de ce projet qui prend fin en 2016.
  • Chaque ménage peut disposer d’une parcelle aménagée de 600 à 1 600 m2 équipée d’un système d’irrigation.
  • Les producteurs peuvent faire deux campagnes avec une marge de 300 000 FCFA par ménage.
  • L’agriculture bio est fortement encouragée avec l’utilisation du compost et des résidus de biodigesteurs

Le PNUD et le FEM sont en train d’expérimenter des périmètres écologiques dans les régions de Fatick, Matam, Saint-Louis, Kédougou, Thiès, Louga. Ce sont des parcelles aménagées avec un système d’irrigation. Ces périmètres permettent aux populations de produire toute l’année, c’est-à-dire 12 mois sur 12 mois. Les populations mènent dans ces espaces intégrés de démonstration et de production  de multiples activités.  Il s’agit, entre autres, de la réalisation d’une pépinière communautaire intégrée pour la production d’un million de plants d’espèces locales, en moyenne, à usages multiples dont au moins le 1/4 en fruitiers. Il y a aussi l’aménagement de blocs de fruitiers, d’espèces médicinales, d’espèces pour le bois énergie comme le Jatropha, le bois de service et le bois d’œuvre. Il existe également des blocs de maraichage avec irrigation solaire/éolienne au goutte à goutte au profit des ménages. Des  brise-vents et de haies vives à usages multiples dont le Jatropha le long des allées de séparation des blocs et des sous blocs ont été installées tout autour du périmètre irrigué. L’introduction des techniques de diversification et/ou d’intensification des productions locales (maraichage, vergers, apiculture, aquaculture, aviculture, agriculture biologique, techniques culturales, production de bois, de plantes médicinales et pour l’approvisionnement en eau, etc.).

Ces périmètres écologiques améliorent les conditions d’existences des populations. Ils permettent également une protection de l’écosystème par la préservation  des ressources naturelles. Chaque ménage peut disposer d’une parcelle aménagée de 600 à 1 600 m2 équipée d’un système d’irrigation.

Plusieurs éco-villages sont dotés de périmètres écologiques. Ils s’agit de Mbam (communauté rurale de Mbam, Département de Foudiougne, Région de Fatick), Massarinko (communauté rurale de Toubacouta, Département de Foundioune, Région de Fatick), Dindéfélo (communauté rurale de Dindéfélo, Département de Kédougou, Région de Kédougou), Toubel Bali (communauté rurale de Wouro Sidy, Département de Kanel, Région de Matam), Loumboul Samba Abdoul (communauté rurale de Oudalaye, Département de Ranérou, Région de Matam), Ndigue (communauté rurale de Diama, Département de Dagana, Région de Saint Louis), Mbackombel (communauté rurale de Sandiara Sidy, Département de Mbour, Région de Thiès), Kak (communauté rurale de Oudalaye, Département de Ranérou, Région de Matam), Thiasky (communauté rurale de Orééfondé, Département de Matam, Région de Matam), Lompoul (communauté rurale de Diokoul Diawrigne, Département de Kébémer, Région de Louga). Au total, près de 30 000 personnes bénéficieront de ce projet qui prend en 2016.

Partout où il est expérimenté, le projet connait un succès. En plus de son appropriation par les populations, celles-ci y tirent plusieurs avantages. Au plan économique, les producteurs disposent des intrants nécessaires. Ils peuvent faire deux campagnes avec une marge de 300 000 FCFA par ménage.

Au plan social, le projet améliore le régime alimentaire, augmente les revenus des producteurs. Chaque ménage dispose d’une parcelle grâce au principe d’équité social. Les avantages environnementaux sont aussi intéressants. L’agriculture bio est fortement encouragée avec l’utilisation du compost et des résidus de biodigesteurs comme moyen de fertilisation des sols et de l’huile de « neem » pour lutter contre les attaques ainsi que les techniques d’économies d’eau impactent positivement sur l’environnement. La promotion de l’agriculture bio et la diversification des revenus des producteurs sont de bons vecteurs pour la préservation des écosystèmes et la conservation des ressources naturelles.

Ces périmètres écologiques sont faciles à démultiplier. Il faut s’assurer de la disponibilité du foncier, de l’eau, aménager l’aire et former les producteurs aux techniques du goutte à goutte et du compostage. C’est pourquoi le projet travaille en étroite collaboration avec les collectivités locales en particulier les communautés rurales.

Pour ces réaliser ces résultats, il a fallu éliminer les obstacles législatifs et institutionnels, aux plans  national et local qui entravent actuellement les approches intégrées. Il faut également travailler à l’évitement de 900.000 t d’émissions de C02 sur 30 ans, en empêchant la déforestation de zones nouvelles et étendues des RNC (15.000 ha), encourager l’utilisation des énergies renouvelables et promouvoir l’efficacité énergétique  dans les Eco-villages pilotes. Ainsi, il sera plus facile de séquestrer de 92.280 t de CO2 dans les terroirs des Eco-villages pilotes.

La mise en place d’un fond revolving est d’une importance capitale puisqu’il permet de résoudre l’épineux problème des ressources nécessaires pour l’entretien des périmètres écologiques.