L’Ecovillage de Mbackombel sort de l’ombre


Utilisation d'energie solaire dans l' Ecovillage de Mbackobel. CREDIT PHOTOS: PNUD Senegal - Djibril Sy

Le projet éco-village a permis l’installation d’une mini-centrale électrique, l’aménagement d’un périmètre écologique, la construction d’un forage et d’un château d’eau de 50 m3.

A retenir

  • Les populations ont accès à l'eau de qualité et à moindre coût grâce à l'installation d'un forage muni d'une pompe solaire et d'un château d'eau de 50 m3.
  • L’accès à l’eau a permis d'aménager un périmètre écologique pour la production en toute saison avec le maraîchage, les vergers fruitiers et la pisciculture dans les bassins d'arrosage.
  • L’énergie solaire a également permis aux enseignants et aux élèves d'accéder à Internet ;
  • Les jeunes commencent à revenir de la ville pour vivre au village »
  • Les femmes formées font payer aux ménages la somme de 1 500 FCFA (3 US$) pour chaque foyer en banco fabriqué.
  • L’ensemble des ménages disposent de foyers en banco et une cinquantaine de biodigesteurs ont été réalisés à titre de démonstration ;
  • Le biogaz permet de faire fonctionner une petite boulangerie qui produit, entre autres, des casse-croutes pour la cantine scolaire et les enfants.

Dans la communauté rurale de Sandiara située à quelque 100 kilomètres à l’est de Dakar, les femmes du groupement de promotion féminine du village  Mbackombel ont le sourire. Grâce au PNUD et au FEM, leurs conditions d’existence se sont sensiblement améliorées. Dibor Niakh, la présidente du Groupement de promotion féminine de Mbackombel ne tarit pas d’éloges sur le projet.

 Jusqu'à l’avènement du projet, en 2010, tous les villages étaient dans l’obscurité. « La nuit, mes amis et moi passions notre temps à prier pour que cela change. Aujourd’hui, notre village apparaît comme un îlot illuminé dans une forêt de pénombre », déclare Dibor Niakh.

Aujourd’hui, une mini-centrale électrique alimente les maisons en électricité. L’église et les rues sont éclairées par des lampadaires. Le projet a aussi révolutionné les techniques de cuisson par l’introduction de cuiseurs solaires, des foyers améliorés en banco et des biodigesteurs qui produisent du gaz et de l’électricité à partir des fertilisants organiques comme les bouses des vaches.  « Le biogaz  nous permet de faire fonctionner une petite boulangerie. Nous fabriquons des casse-croutes pour la cantine scolaire et les enfants », explique la présidente du Groupement de promotion féminine de Mbackombel.

 Les femmes disposent maintenant d’une eau potable avec la construction  d'un forage équipé d'une pompe solaire et d'un château d'eau de 50 m3. « Cela a permis d'aménager un périmètre écologique qui nous permet de produire toute l’année. Nous pouvons nous adonner au maraîchage, à la pisciculture dans les bassins d'arrosage », dit Dibor Niakh. L’énergie solaire a également permis aux enseignants et aux élèves d'accéder à Internet. « Depuis l’avènement du projet, nous avons noté une nette amélioration de nos conditions de vie », se félicite la présidente du Groupement de promotion féminine de Mbackombel.

Le projet éco-village PNUD FEM intervient dans 21 villages centres et 66 villages pour une population de près de 30 000 habitants et 2 218  ménages. Il a permis à ces  éco-villages d’accéder à l’énergie solaire, à l’eau potable. Les populations font de l’agriculture bio et ont des revenus plus importants. Les jeunes qui avaient déserté le village pour la ville commencent à revenir, souligne  Dibor Niakh.

Le projet a appuyé les femmes en les organisant en groupement ; il les a formées dans la fabrication des foyers en banco et leur à procurer des moules pour la fabrication. Les femmes vendent le foyer à 1 500 FCFA (3 US$) l’unité. Grâce à ce projet, chaque ménage dispose de foyers en banco. Une cinquantaine de biodigesteurs ont été aussi réalisés à titre de démonstration. Les résultats sont intéressants. Les foyers sont plus économes en bois de chauffe par rapport aux fourneaux traditionnels. Dans l’année, un ménage peut économiser entre 50 000 et 100 000 FCFA (110 à 220 US$). C’est une importante source de création d’emplois verts pour les femmes, les jeunes. Les foyers sont très demandés.  

Sur le plan de la santé publique, les foyers améliorés ont un avantage certain car ils permettent aux ménagères d’éviter certaines maladies des yeux et les infections respiratoires. De plus, la cuisson des aliments est plus rapide. Ainsi, les femmes et les jeunes filles mettent à profit ce gain de temps pour renforcer leurs capacités.   L’utilisation des fourneaux améliorés a des effets significatifs sur l’environnement. En  tenant compte de la consommation moyenne en bois énergie de 10 kg par ménage et par jour, les foyers en banco améliorés réduisent la consommation de bois de chauffe d’environ 40 %. Il ressort que le prélèvement évité grâce à l’utilisation d’un foyer en  banco est de 1 460 Kg de bois énergie/an.