Appui à l’Adaptation et à l’Atténuation aux changements climatiques


Environnement et développement durable - Credit photo : PNUD Senegal - Djibril SY

Le Sénégal fait face depuis la fin des années 60 à une variabilité climatique qui affecte significativement les écosystèmes naturels et les secteurs productifs de son économie. La qualité des ressources en eau s’est également progressivement altérée par des facteurs tels que la pollution chimique, la prolifération de végétaux aquatiques, la surexploitation des eaux souterraines.

Les potentialités agronomiques sont fortement altérées par la dynamique démographique, l’expansion et les pratiques culturales extensives et sur brûlis, la sécheresse, les feux de brousse et la disparition du couvert végétal. Ces pressions, ainsi que celles liés aux activités pastorales, ont entrainé une forte dégradation des écosystèmes naturels. Toutes ces menaces sont des facteurs d’aggravation des changements climatiques, lesquels se manifestent déjà par : i) des sécheresses plus sévères, en particulier au Sud, ii) la salinisation des eaux de surface et souterraines, iii) l’augmentation de l’érosion des côtes et iv) la modification des populations halieutiques.

Entre les périodes 1950-1965 et 1970-1995, les ressources en eau ont connu une diminution significative avec une baisse de la pluviométrie de 35% en moyenne.  Le taux de régression des forêts reste important avec  40 000 hectares  de forêts déboisés chaque année dans le pays, malgré les efforts consentis. Dans le bassin arachidier, l’épuisement des sols et la dégradation du couvert végétal ont largement contribué à la fragilisation du milieu naturel et de l’économie locale.

Cette vulnérabilité risque de s’exacerber davantage en raison de l’impact des changements climatiques qui génèrent une augmentation de l’intensité, de la fréquence, et de l’occurrence des phénomènes climatiques extrêmes. En effet, on assiste depuis quelques années à une amplification des phénomènes climatiques naturels qui affectent les populations les plus vulnérables et les plus démunies en  milieu urbain et rural, et par conséquent les efforts de lutte contre la pauvreté.

Un effort important est à faire pour inscrire le Sénégal dans une trajectoire de développement durable résiliente aux changements climatiques et à faible émission de carbone. Cela suppose cependant, que les problématiques environnementales auxquelles les populations font face (biodiversité, lutte contre la dégradation des terres, changements climatiques) ne soient pas fragmentées et que des actions pilotes intégrant toutes ces dimensions soient mises en œuvre, pour le bénéfice des écosystèmes vulnérables et des populations pauvres.

Nos objectifs

Dans sa stratégie d’appui au gouvernement, le PNUD focalise ses interventions sur les axes suivants :

Composante 1 : Appui à la formulation de politiques nationales résilientes aux changements climatiques et accès aux mécanismes financiers internationaux : Il s’agira d’appuyer le pays à préparer le régime climatique post-2012 par  la formulation et la mise en œuvre d’instruments de planification nationale, y compris le positionnement stratégique sur les négociations internationales. Le soutien à la mise en place de mécanismes financiers adéquats au niveau national, sera renforcé à cet effet. Cette Composante Comprend trois volets :

  • Volet 1 : Formulation de politiques nationales résilientes aux changements climatiques,
  • Volet 2 : Appui à la mise en place d’un Trust Fund (Fonds National Climatique),
  • Volet 3 : Amélioration de l’accès aux marchés de compensation volontaires sur le carbone.

Composante 2 : L’aménagement de sites pilote résistants aux changements climatiques. Elle comprend quatre volets :

  • Volet 1 : Appui à la définition et la vulgarisation d’un modèle d’éco-village,
  • Volet 2 : Promotion de systèmes alternatifs énergétiques  moins émetteurs,
  • Volet 3 : Conservation et Utilisation durable de la Diversité biologique,
  • Volet 4 : Gestion durable des terres et des eaux pour combattre la désertification.

Résultats obtenus en 2012

Sur le plan stratégique :

Les activités préparatoires au sommet Rio+20 ont été le prétexte de larges discussions sur le développement durable, et singulièrement sur le concept d'économie verte, avec l’appui du PNUD. Ces discussions ont occupé une large place dans l'espace public et permis de repositionner la problématique en question  au cœur des orientations prioritaires du gouvernement.  Dans le même sillage, un document technique sur les enjeux de l'économie verte au Sénégal, a été également élaboré et partagé avec la partie nationale.

En 2012, le Conseil Economique et Social, deuxième institution après l'assemblée nationale, est devenu le Conseil Economique, Social et Environnemental.

Sur le plan opérationnel :

L’aménagement de sites pilote résistants aux changements climatiques, la transformation de 10 villages tests en Eco villages a été amorcé. Deux   (2)  projets portant sur l’efficacité énergétique dans le bâtiment et l’utilisation du typha comme isolant thermique dans le bâtiment, ont été approuvés par le Fonds pour le l’Environnement Mondial (FEM). En partenariat avec le FEM, l’assistance technique du PNUD a contribué à : 1) créer un environnement favorable au déroulement de la stratégie de Conservation intégrée au développement (CID), à la planification éco-géographique au niveau national et au test du modèle de gestion intégrée ; 2) à lever les barrières politiques pour favoriser l’accès à la propriété communautaire des ressources naturelles.

Dans le domaine de la Gestion Durable des Terres (GDT), les programmes mis en œuvre ont permis (a) l’introduction de méthodes fiables et reproductibles de réhabilitation de terres dégradées, se traduisant par le développement d’un processus de récupération de 400 ha de terres salées, la restauration de près de 3000 ha de terres cultivables à travers la gestion intégrée de la fertilité par l’agroforesterie et la conservation des eaux et des sols, ainsi que l’élaboration de plans d’aménagement participatifs pour 2972 ha ; (b) l’amélioration de la gestion participative des Réserves Naturelles Communautaires / UP, avec pour conséquence la réduction des feux de brousse, de l’ordre de 90% dans 4 écosystèmes caractéristiques du Sénégal, et l’accès légal à la terre des éleveurs par la création des Unités Pastorales ; (c) la mise en place de mutuelles d’épargne et de crédit vertes dont les financements sont orientés vers l’utilisation durable des ressources naturelles, la diversification des sources de revenus pour la lutte contre la pauvreté. Ces réalisations ont été menées grâce aux partenariats établis avec le FEM.