Projet de gestion de la biodiversité dans le terroir de Niodior dans la réserve de biosphère du delta du Saloum, région de Fatick, Sénégal

Contexte


PHOTO : PNUD Senegal

Le Delta du Saloum est un écosystème humide d’importance mondial car il abrite la mangrove la plus septentrionale de cette taille (60.000 ha). Plus au nord il n’y a que des reliques de mangrove. C’est aussi dans cette région où on trouve les peuplements les plus septentrionaux de Detarium senegalense (ditakh), Neocarya macrophylla (new). Ce sont des parcs agroforestiers qui jouent un rôle très important dans l’économie locale des populations du terroir de Niodior.

C’est une zone de refuge de nombreuses espèces animales et végétales menacées sur le territoire national. En particulier, des espèces animales rares et/ou menacées au Sénégal. La Réserve de Biosphère du Delta du Saloum (RBDS) abrite plus de 114 espèces de poissons réparties dans 52 familles. Le Delta du Saloum est le site de reproduction et de croissance de plus de 50 espèces de poissons. A ce titre, la RBDS est une zone humide d’importance internationale car elle remplit le critère spécifique 4 de la Convention sur les zones humides.

Elle présente d’énormes potentialités pour les activités génératrices de revenus que peuvent développer les populations de la zone.  Malgré ces attributions, ce refuge d’espèces végétales et animales connaît une dégradation sensible essentiellement marquée par :

  • une destruction progressive de la mangrove à cause des coupes abusives 
  • une intensification et une généralisation des pratiques destructrices de pêche ;
  • une menace qui pèse sur certaines espèces comme la tortue luthe, le lamantin....

Au plan organisationnel, la FELOGIE regroupe plusieurs GIE ayant travaillé dans différents domaines. Les organisations locales, très dynamiques, manquent de formation, d’encadrement et de moyens financiers. Elles sont insuffisamment équipées pour valoriser durablement les ressources naturelles du terroir.

La consolidation des réalisations du projet de gestion durable de la biodiversité du terroir de Niodior dans la RBDS (SEN/98/G52) permettra de les pérenniser avec des activités majeures comme le renforcement des capacités des membres des structures bénéficiaires, la protection des écosystèmes, l’amélioration du cadre de vie.

L’analyse de la problématique de l’exploitation gratuite des ressources des différents écosystèmes avec les enjeux écologiques, sociaux et économiques en découlant , a révélé les sérieuses menaces pesant sur toute la biodiversité du terroir. Ainsi, s’explique la baisse constante des revenus des populations du terroir à cause d’une dynamique d’exploitation frénétique des ressources existantes sans gestion de leur pérennité et de leur sauvegarde. Aussi, se justifient pleinement les actions préconisées de conservation des ressources par une gestion participative en collaboration avec les organisations de base comme la FELOGIE et le CP .

Objectifs

Le projet a pour objectif global de renforcer la conservation des écosystèmes du terroir et le suivi des pêcheries du terroir de Niodior (en s’appuyant sur le savoir local de la biodiversité et les connaissances traditionnelles en gestion environnementale, conservation et exploitation durable des ressources existantes).
Le projet s’articule autour des objectifs spécifiques suivants :

  • Renforcer les capacités de la FELOGIE et du Comité de Plage (CP).
  • Préserver d’une façon participative et durable les écosystèmes du terroir
    Restaurer des sites de haute biodiversité.
  • Restaurer les capacités productives de la parcelle des femmes.
  • Améliorer les conditions  de vie des femmes

Résultats attendus



Le projet atteindra ses objectifs quand les résultats ci-dessous seront obtenus à la fin de la période des deux ans de financement :

  • capacité des femmes renforcée dans la compréhension de certains textes juridiques (codes) ;
  • capacité des femmes renforcée dans le domaine de la conservation et de la transformation de produits halieutiques ;
  • maîtrise suffisante des techniques d’exploitation et des itinéraires techniques qui conviennent pour une bonne gestion des ressources naturelles et de la biodiversité ;
  • capacité des femmes renforcée dans le domaine de la conservation de l’écosystème de mangrove ;
  • capacité des femmes renforcée dans le domaine de la conservation de la biodiversité ;
  • renforcement de la prise de conscience des populations locales sur la nécessité de conserver la diversité biologique ;
  • impacts négatifs des activités humaines (production agricole et exploitation) sur les écosystèmes réduits ;
    écosystèmes protégés ;
    sites, dégradés au début du projet et reboisés avec des palétuviers ;
    moyens de production améliorés et renforcés ; c
    conditions d’hygiène améliorées.

Principaux résultats obtenus

Résultats générés par le projet

  • Les femmes et les membres du comité de surveillance comprennent bien certains textes juridiques (code forestier, code de l’environnement, de la pêche).
  • Les femmes ont une certaine maîtrise des techniques de transformation et de conservation des produits halieutiques et forestiers.
  • Les capacités des femmes renforcées dans le domaine de la conservation de l’écosystème de mangrove
  • Les capacités des femmes renforcées dans la production et le traitement du miel.
  • Les femmes disposent d’un local, qui répond aux normes, pour la transformation des produits forestiers
  • Le Fonds d’Appui à l’Environnement et au Développement (FAED, petite ligne budgétaire d’environ 4 000 $ à faire fructifier par les femmes)  permet de financer des activités de reboisement et permet aux femmes d’avoir une certaine autonomie financière.
  • Les populations ont une bonne maîtrise des techniques d’exploitation et des itinéraires techniques nécessaires pour une bonne gestion des ressources naturelles et de la biodiversité.
  • Renforcement de la prise de conscience des populations locales sur la nécessité de conserver la diversité biologique
  • Les populations tirent un meilleur profit sur les ressources naturelles (Ditakh, Bouye, tamarin, …
  • Les capacités des femmes et des membres du comité de surveillance sont renforcées dans le domaine de la conservation de la biodiversité.
  • Plus de cinq sites dégradés sont reboisées en mangrove.
  • Moyens de production améliorés et renforcés
  • Conditions d’hygiène améliorées 

Bénéfices générés par ou pour les populations pendant la mise en œuvre

  • Une bonne gestion des ressources naturelles a permis aux populations de collecter, chaque années, au moins deux cent cinquante mille (250.000 F), utilisés pour le règlement de problèmes sociaux ;
  • une bonne dynamique d’organisation est notée au niveau de toutes les femmes du village membres pas de la FELOGIE
  • le FAED, qui tourne actuellement au environ de vingt cinq million (25.000.000 F) permet aux femmes d’avoir une autonomie financière. En effet, il permet de développer  d’autres types d’activités qui réduisent la pression faite sur les ressources halieutiques ;
  • Avec l’argent généré par le FAED, un laboratoire d’un coup de plus de cinq million (5.000.000 F) est construit pour la transformation et la valorisation des produits halieutiques ;
  • 47 latrines sont construites au niveau des concessions ;
  • l’exploitation des zones de mise en défens permettent aux femmes d’avoir, chaque année, au moins 2.500.000 F.
  • le développement de l’ostréiculture ouvre des possibilités de vente au niveau des hôtels et marchés de luxe.
  • Les membres du comité de surveillance ont une certaine crédibilité vis-à-vis des populations et des structures administratives (service des pêches). D’ailleurs, l’inspecteur régional des pêches a pris l’engagement de concevoir des badges aux différents comités.
  • Les règles de gestion des ressources halieutiques sont harmonisées entre les différents villages qui partagent les mêmes vasières (Niodior, Dionewar, Falia et Diogane
  • La bonne promotion des activités et des produits des îles. Ces derniers sont actuellement demandés au niveau des foires ou forum

Impacts du projet

IMPACTS SUR LA BIODIVERSITÉ

Chaque année, deux campagnes de reforestation de la mangrove sont organisées pour la régénération des sites dégradés. Du fait de ces campagnes, l’écosystème de la mangrove a été fondamentalement restauré, ce qui a eu pour conséquence la réapparition et la profusion de certaines espèces de poissons. Certaines espèces invisibles ces 40 dernières années ont maintenant réapparu, parmi elles trois espèces de crustacés. Jusqu’à présent, 8 mangroves au total ont été reboisées, ce qui a engendré une amélioration de la biomasse et la venue en nombre d’une espèce de crustacés. Il existe désormais dans cette zone plusieurs sites de fraie et de nidification pour les poissons ainsi que pour les tortues de mer. Parmi les autres effets positifs de ces campagnes de reforestation, on note une meilleure séquestration du carbone et la réduction de l’érosion côtière.

IMPACTS SOCIOÉCONOMIQUES

Le repeuplement des bancs de crustacés dégradés a conduit à la régénération, la pérennité et la profusion d’espèces de crustacés, ce qui a eu pour effet d’améliorer l’accès à la nourriture et d’augmenter les revenus dans la région. L’île de Niodor, qui souffrait d’un déficit de population, à cause du départ des départ des jeunes en quête de travail dans la capitale, a observé un retour notable (en particulier chez les jeunes filles) avec l’augmentation des opportunités économiques créées par la fédération. Chaque membre de la FELOGIE-Niodior a un rôle déterminé, certaines se consacrent à la récolte et au traitement des produits tandis que d’autres apportent les produits au marché pour les vendre dans de plus grandes villes comme Dakar et Touba.Principaux impacts socio économiques :

  • Augmentation des revenus et sécurité alimentaire
  • Fonds renouvelable et microcredit (FAED)
  • Investissement pour l’éducation et la santé

Défis et opportunités

Parmi les quelques problèmes rencontrés durant la mise en œuvre ont peut noter :

  • Les difficultés de recouvrement des amendes infligées par les membres du comité de surveillance ;
  • Les fortes précipitations qui avaient freinés la construction des latrines tout au début ;
  • Les difficultés rencontrées, lors de la pose des tableaux de sensibilisation pour la protection des tortues de mers, à cause de la profondeur du biotope ;
  • Les problèmes rencontrés sur l’emplacement des fosses des latrines à l’extérieur des concessions ;
  • Les difficultés rencontrées pour l’obtention d’un stand lors de la foire de Fatick ;
  • Difficultés rencontrées, au début du projet,  pour faire respecter aux femmes des autres villages (Falia, Diogane…) l’arrêt de l’exploitation des coquillages ;
  • Les difficultés de faire respecter aux pêcheurs en provenance de Djiffére, les périodes de repos biologique. En outre, ces derniers coupaient régulièrement les branches de mangrove qu’ils mettaient dans leurs engins de pêche.

Mesures entreprises pour remédier aux problèmes :

Respectivement au paragraphe précédent, les mesures entreprises pour remédier aux problèmes sont les suivantes :

L’implication d’abord de l’autorité administrative puis de la gendarmerie qui est venue à Niodior pour le recouvrement intégral des amendes i infligées par le comité de surveillance ;

  • Le fonçage des fosses des latrines était arrêté ;
  • Implantation des tableaux de sensibilisation dans des zones proches du biotope des tortues et pas profondes ;
  • De nouveaux bénéficiaires qui acceptaient d’implanter leurs fosses dans la concession ont été choisis ;
  • Les FELOGIE de Niodior et Dionewar s’étaient cotisées pour louer un stand. Ceci  les permettaient d’exposer seulement les produits et activités réalisés au cours de l’exécution leur projet financé par le PMF / FEM / PNUD ;
  • Des rencontres inter villageoises qui impliquaient parfois les autorités administratives et locales, les chefs de services étaient organisées pour sensibiliser et élaborer des règles communes de gestion et conservation des ressources naturelles ;
  • Implication du chef du poste de contrôle de pêche de Djiffére dans les ateliers de concertation inter villageoise pour qu’il sensibilise les pêcheurs de Djiffére.
Le projet en bref
Numéro de projet
SEN/04/15
Période
Mars 2005-Février 2007
Budget Total
$US 48,793
Décaissements au 31 Décembre 2012
Projet achevé et décaissé à 100%
Partenaires à l’œuvre
Le Centre pour le Développement Local (CADL), la Sous-préfecture, le Conseil Rural, la Direction de la Pêche, la Direction des des Eaux et Forêts, le Comité de Veille et le Réseau d’Organisations pour la Protection des Écosystèmes de la Mangrove (ROPEM)
Bailleur de fonds
Programme de Micro Financement du Fonds pour l’Environnement Mondial -PMF FEM/PNUD- ( également dénommé Global Environment Facility Small Grants Programme -GEF SGP/UNDP)
Localisation
Ile de Niodior, Communauté Rurale de Niodior Arrondissement de Niodior Département de Foundiougne Région de Fatick SENEGAL
Chef de programme
Oumar Wane Coordonnateur National PMF FEM/PNUD
Bénéficiaire
Mme Amy NDOUR , Présidente de la FELOGIE de Niodior, bénéficiaire du projet
Conseilleur principal du projet
Assane Thiam, ex chef du Centre pour le Développement Local (CADL) de Niodior
Contacts
oumar.wane @undp.org