Intégration de l’Adaptation au Changement Climatique dans le développement durable au Sénégal

Contexte


PHOTO : PNUD

Le projet d’intégration de l’adaptation au changement climatique dans le développement durable au Sénégal dénommé INTAC est financé par le Gouvernement du Japon à travers le Programme d’Adaptation pour l’Afrique «AAP» qui couvre 20 pays d’Afrique.

L'ancrage institutionnel du projet est assuré par la Direction de l’Environnement et des Etablissements classés (DEEC) qui assure en même temps la présidence du comité de pilotage du projet.

L’exécution du projet est faite selon les modalités d’exécution nationale (NEX) et sa durée de vie est estimée à vingt quatre mois (24)  mois. Le projet sera à clôturé en décembre 2012.

L’exécution technique du projet est confiée au Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD).

Objectifs

Les produits globaux poursuivis par le Programme (AAP) se résument ainsi qu’il suit :

  • Développement d’outils et/ou de mécanismes de planification dynamique ;
  • Renforcement de capacités des structures institutionnelles ;
  • Politiques et mesures de résistance aux secteurs vulnérables ;
  • Options de financement pour assurer les coûts d’adaptation ;
  • Connaissances sur les processus d’ajustement aux niveaux régional et national.

Analyse et résultats attendus



1.      Des outils de planification dynamiques/mécanismes, à long terme pour gérer les incertitudes inhérentes au changement climatique sont introduits : Le produit 1 qui vise à mettre en place des mécanismes dynamiques de planification à long terme dynamiques pour gérer les risques inhérents aux changements climatiques.

2.      Les capacités de prise de décision des structures institutionnelles sont renforcées pour gérer les risques et opportunités du changement climatique de manière intégrée aux niveaux local, régional et national :  Ce produit vise a évaluer et renforcer les  cadres institutionnels pour l'adaptation et la gestion des changements climatiques au Sénégal à travers l’équipements des institutions partenaires pour une meilleure prise en compte de l’adaptation au CC dans les politiques d’orientation.

3.      Politiques et mesures de résistance au  climat  mise en  œuvre  dans  les secteurs  prioritaires Options de financement pour assurer les coûts d’adaptation nationale assurées aux niveaux local, national, sous régional et régional : Ce produit vise à aider les pays à mettre en œuvre des politiques et des mesures d'adaptation au changement climatique dans les secteurs prioritaires.

4.      Options de financement pour assurer les coûts d’adaptation nationale assurées aux niveaux local, national, sous régional et régional :  Ce produit vise à identifier les options de financement pour couvrir les coûts d'adaptation nationaux qui pourront être élargies aux niveaux local, sous-régional et régional.

5.      Connaissance sur   les procédures d’ajustement de développement   national   et régional à incorporer complètement dans les risques et opportunités du changement climatique générée et partagée à tous les niveaux :  Ce produit vise à ce que les Connaissances sur l’ajustement du processus de développement national puisse intégrer pleinement les risques du changement climatique soient disséminées et partagée à tous les niveaux.

Résultats obtenus

Sur les actions de démonstration, INTAC a réalisé des épis et des brises lames à Saly, un enrochement sur la Corniche Ouest et à co-participé (avec le Fonds d’Adaptation et de l’UEMOA)  aux travaux d’aménagement et de protection de Thiawlène (Rufisque) mais aussi du marché de Saly Kourang.

Sur le plan des recherches pour gérer les initiatives inhérentes au Changement Climatique. Le projet INTAC a commandité : i) une étude en inventoriant les ouvrages de protection côtière sur le littoral de Saint-Louis à Saly ; ii) une étude évaluant le niveau de prise en compte de l’adaptation au Changement Climatique dans les Lettres de Politiques Sectorielles (LPS) ; et iii) trois (3) études évaluant la vulnérabilité et l’adaptation au Changement Climatique dans les secteurs clés tels que l’agriculture irriguée, le tourisme et la biodiversité ont été réalisées.

Sur les outils de planification et/ou de mise en œuvre des stratégies d’adaptation, les réalisations suivantes ont été obtenues : i) une cartographie des acteurs et des liens complexes qui les unissent a été menée par une méthodologie alliant l’information décisionnelle et les sciences sociales (Force Action Climat) ; ii) un Système d’Alerte Précoce  (SAP) pour l’agriculture et la sécurité alimentaire a été testé à Kaffrine avec l’aide de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile et de la Météorologie (ANACIM) ; et iii) un modèle d’équilibre général permettant de prévoir la croissance du PIB national et le bien-être de la population à partir de la pluviométrie a été développé en partenariat avec  la Direction de la Planification Nationale.

A-Ouvrages de protection côtière


Travaux de SALY : Avant travaux - Pendant les travaux - Après les travaux, 5 à 10m ont été sauvés
  • Sur les actions de démonstration, INTAC a réalisé  dans les différents sites pilotes du projet des actions de protection côtière notamment des gabions à Saly, un enrochement sur la Corniche Ouest et avec la collaboration du le Fonds d’Adaptation et de l’UEMOA)  aux travaux d’aménagement et de protection de Thiawlène (Rufisque). Le projet a également contribué à l’aménagement du marché de Saly Koulang.
  • Sur le plan des recherches pour gérer les incertitudes inhérentes au Changement Climatique. Le projet INTAC a commandité : i) une étude d’inventaire des ouvrages de protection côtière sur le littoral de Saint-Louis à Saly ; ii) une étude évaluant le niveau de prise en compte de l’adaptation au Changement Climatique dans les lettres de politique sectorielle (LPS) ; et iii) trois (3) études évaluant la vulnérabilité et l’adaptation au Changement Climatique dans les secteurs clés tels que l’agriculture irriguée, le tourisme et la biodiversité ont été également réalisées. Une étude tenant compte du genre dans la gestion des inondations dans la banlieue de Dakar a été également menée.

B- Renforcement des institutions partenaires en équipement pour mieux gérer les risques liés au climat pour une meilleure adaptation au Changement climatique


Dans le souci de faciliter le travail  de production de connaissances et de développement de réseaux durables capables d’animer le débat sur la prise en compte de l’adaptation aux changements climatiques, le Projet AAP Sénégal (INTAC) a entrepris d’équiper certaines structures phares dans la production de l’information Climat.

Les dotations octroyées, au delà de  leur caractère symbolique, rendent compte des complémentarités existantes entre structures pour mieux juguler les efforts liés à l’adaptation. Ainsi,  si l’agence en charge de la Météo dispose de matériels informatiques pour mieux faire fonctionner l’alerte précoce, l’Institut Sénégalais de Recherche Agricole (ISRA) dispose d’instruments de mesure sur les plantes résistantes à la sécheresse tributaire en partie de la variabilité climatique.

Avec une agriculture dépendant fortement de la pluviométrie qui est de plus en plus déficitaire, il est important de penser à des politiques hardies et efficaces de gestion des ressources en eaux. C’est ainsi que la Direction de Gestion et de Planification des Ressources en Eaux (DGPRE) est appuyée par une dotation d’équipements de mesure permettant de mieux  renseigner sur les relevées des stations existantes dont la vétusté, jusqu’à un passé récent, ne garantissait pas la fiabilité des données sur lesquelles des décisions stratégiques étaient basées.

Le tableau suivant donne le détail technique des équipements cédés. Par conséquent, ils font l’objet d’inventaire comme en atteste les rapports d’audits et de travail internes :

Structure            

Caractéristiques techniques du materiel

Objet recherché

ISRA

·   Portable photosynthesis

·   Soil respiration chamber MB5

·   Pressure chamber : chambre à pression SF PRES 70 et accessoires

·   Diviner 2000

·   Packard Bell PC Imedia i6500 – i5-650

La mise à disposition de ces équipements va aider à accroître les capacités de collecte et de stockage de l’ISRA pour lui permettre de remplir pleinement sa mission de fournitures de données et de conseils pour l’atteinte de la sécurité alimentaire et de la lutte contre le changement climatique par la mise en place d’une base de données pouvant aider à une meilleure intégration de l’adaptation au changement climatique dans le développement de politiques agricoles au Sénégal.

ANACIM

·       ordinateurs portable, PC,imprimante ;

·       de logiciel de base de données et de cartographie (SIG).

L’objectif visé a travers cet appui est essentiellement d’apporter un soutien aux institutions partenaires pour des solutions d’adaptation plus appropriées.

DGPRE

·       Thalimèdes complets 

·       Echelles limnimétriques

La mise à disposition de ces équipements va aider à réfectionner des stations hydrométriques, à renforcer la capacité hydrométrique, à renforcer les capacités des agents de la DGPRE et des Brigades hydrologiques sur la problématique changement climatique et ressource en eau.

DEEC

·       Un (01) Ordinateur de  terrain

·       Un (01) appareil de mesure de la pollution des véhicules.

L’objectif visé à travers cet équipement est de renforcer son système de veille environnementale, notamment le suivi de l’évolution de certains paramètres climatiques.

Le projet INTAC ne compte pas s’arrêter à mi parcours, car des efforts de réseautage seront menés pour faciliter l’échange de données et d’expérience. Si les nombreux efforts fournis par ces structures ne permettent pas d’arriver aux résultats escomptés, la mutualisation peut favoriser un gain de moyens à travers un échange de données et d’expérience.

Cette solution est à envisager dans le long terme et devrait constituer une urgence particulière sur laquelle les structures de recherches et de création de connaissances Climat devraient s’atteler.

C- Comités Régionaux Changement Climatique (COMRECC)

Dans le cadre de la mise en œuvre de son plan de travail, le projet INTAC a appuyé les tournées régionales du Directeur de l’Environnement et des Etablissements Classés (DEEC) au niveau des dix (10) régions de Fatick, Diourbel, Thiès, Saint-Louis, Matam, Kédougou, Tambacounda, Kolda, Ziguinchor et Louga.

Les objectifs principaux de ces missions au-delà de la présentation des conclusions des sessions de négociations du projet INTAC au niveau décentralisé étaient de procéder à la mise en place de mécanismes de coordination interinstitutionnelle pour développer plus de synergies dans la prise en charge des questions relatives à la lutte contre le changement climatique à travers l’installation des Comités Régionaux Changement Climatique (COMREC).

Les échanges menés au niveau des régions visitées ont permis de relever les préoccupations des différents acteurs rencontrés et concernent entres autres :

Le renforcement des capacités par la vulgarisation, la sensibilisation et la formation sur les questions relatives aux causes, manifestations et impacts des changements climatiques pour une meilleure compréhension des phénomènes ;

  • L’accès des populations aux informations relatives au changement climatique ;
  • La prise en compte de l’adaptation dans la planification du développement ;
  • Les concepts relatifs au changement climatique ;
  • Le Mécanisme de Développement Propre ;
  • Le financement de l’adaptation

Ainsi des sessions de renforcement de capacité ont suivi la mise en place des COMRECC et ont été menées avec les services régionaux de l’environnement et des représentants des collectivités locales durant 2012 pour donner un début de réponse à ces différentes questions.

Enfin, il faut noter que face au déficit d’informations et de capacités noté au niveau local, le renforcement  des capacités à lui seul peut faire l’objet d’un programme ceci dans le but de résorber les lacunes et de permettre ainsi une meilleure prise en compte des changements climatiques dans la programmation du développement au niveau local.

Le projet INTAC compte consolider cette démarche en continuant les sessions de capacitations en direction des  acteurs régionaux. Le projet reste convaincu que ces acteurs constituent les cibles privilégiées par lesquelles la concrétisation des actions de lutte efficaces contre les Changements Climatiques doit passer.

L’objectif de ses sessions de formation est surtout de renforcer les activités de formation et de sensibilisation et mettre plus d’outils de travail à la disposition des techniciens mais aussi des éléments de plaidoyer aux élus pour une meilleure prise en compte de l’adaptation

Situation financière

Pour l’analyse de la situation financière du projet les dépenses couvrent la période d’Octobre 2010 au 30 septembre 2012.

L’évolution  de l’exécution financière  par année

Année

Budget

Décaissements

Taux d'éxécution

2 010

178 702 638

173 203 639

96,92%

2 011

904 998 288

541 266 089

59,81%

2 012

663 984 226,00

500 804 360

75,42%

TOTAL GENERAL

1 747 685 152,00

1 215 274 088

69,54%

Le projet a atteint un bon  niveau d’exécution financière en adéquation avec les réalisations physiques  avec un taux d’exécution financière globale de 84.37%.  Pour la contribution du PNUD/Japon qui constitue l’essentiel du financement on note une évolution des décaissements très satisfaisants  avec un taux de  81.60% du financement global.  Et pour la contribution de l’Etat qui est en nature, on note un taux de 91.37% .Cela s’explique par le fait qu’elle représente  la mise à disposition des locaux du projet.

Leçons apprises et bonnes pratiques

L’appui mis en œuvre  permet de tirer les leçons ci- après :

  • Compte tenu de la complexité  des défis climatiques urgents et nouveaux et de l’obligation de mobiliser et d’impliquer toutes les parties ;
  • pour le cadre institutionnel de pilotage, le Comité National Changement Climatique (COMNACC) demeure une entité clé. Il contribue à l’amélioration des capacités de négociations internationales sur le climat et peut favoriser la redynamisation de la Commission Nationale du Développement Durable (CNDD) (meilleure interrelation entre le COMNACC et la CNDD) ;
  • le noyau  constitué par les points focaux membres du Comité de Pilotage, les membres du  Comité Scientifique et Technique, les experts du projet et les acteurs de l’initiative « Forces de l’Action Climat –FAC » est une opportunité, pour le pays, de disposer d’une masse critique de ressources humaines/intellectuelles pouvant prendre en charge notamment l'identification des mesures d'adaptation, le développement et l'utilisation des outils  de planification à long terme, et la réalisation d'analyses multisectorielles telles que l'évaluation des risques et des analyses coûts-bénéfices.

Au titre des bonnes pratiques développées par le projet, il convient de noter :

  • la conduite d’actions de démonstration  concernant la lutte contre l’érosion côtière. Ceci a permis de cristalliser une expertise ad hoc. Toutefois, le suivi de l’impact des réalisations doit être établi;
  • l’impulsion d’un partenariat public/privé dont le développement est prioritaire ;
  • la mise en place des Comités Régionaux Changement Climatique (COMRECC) dans les régions administratives. Toutefois, la nécessaire interrelation entre COMRECC par zone éco géographique n’est pas encore établie dans le sens de favoriser un environnement institutionnel adéquat par Unité Naturelle de Développement Durable (UNDD).

Perspectives

Après vingt quatre mois d’activités de terrain, le Projet INTAC est en phase de clôture. Cette importante étape est mise à profit pour tirer les premiers enseignements et leçons. Il s’agit entre autre de capitaliser sur les processus enclenchés et de se projeter sur les avenirs possibles afin d’inscrire l’action du projet dans une continuité conformément aux missions régaliennes de la Direction de l’Environnement.

Une attention particulière devrait être accordée aux résultats de l’évaluation finale qui est pilotée par la Direction de la planification du Ministère des Finances.

Appui souhaité

L’unité de coordination a initié en rapport avec les parties prenantes, l’élaboration d’un document de stratégie consacrant la phase 2 du projet. Le résultat de ce travail participatif qui synthétise les principales attentes des structures nationales devrait être porté afin de faciliter la recherche de financement. Pour rappel, le présent document a été partagé avec le PNUD, le Directeur de l’Environnement.

Le projet en bref
Numéro
0073411
Pays
Sénégal
Secteur/sous-secteur
Environnement / OMD 7
Signature
10 mai 2010
Fin de la phase
31 Décembre 2012
Agence Gouvernementale de Coopération (organisme de tutelle)
: Ministère en charge de l’Environnement
Agence Gouvernementale de Coordination
Ministère de l’Economie et des Finances
Modalité d’exécution
NEX