Projet d'Assistance à la Lutte Antimines en Casamance

Objectifs


UN DEMINEUR SUR UN CHAMP MINE EN CASAMANCE

Au Sénégal, l'assistance du PNUD dans le domaine de la prévention des crises et des catastrophes naturelles est principalement orientée vers le Déminage Humanitaire. C'est l'objectif du Projet d'assistance a la lutte antimines en Casamance qui vise a renforcer la paix , la sécurité, soutenir le retour des populations et la reconstruction économique de la région naturelle de Casamance.

 

Résultats escomptés

  • Les ressources nécessaires à la conduite du programme national de déminage humanitaire sont mobilisées ;
  • les organes chargés du pilotage, de la gestion et de la coordination de l’action contre les mines sont fonctionnels ;
  • le doute est levé sur les zones non contaminées ;
  • les zones contaminées sont déminées ;
  • les populations sont éduquées au risque des mines ;
  • les victimes de mines sont assistées ;
  • un plaidoyer est mené pour l’abandon des mines antipersonnel.

Contexte et résultats



Le conflit armé qui prévaut depuis une trentaine d’années dans la partie sud du Sénégal est marqué par l’utilisation de mines et restes explosifs de guerre (REG) qui a eu pour conséquence la pollution de nombreuses zones des régions administratives de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou. Ainsi, des milliers de civils ont été déplacés, des villages détruits ou abandonnés. L'accès aux points d'eau, pâturages, forêts, pistes, infrastructures et services sociaux de base a également été entravé.

Cette situation, qui constitue un risque majeur pour les populations, empêche le relèvement socio-économique de la région, freine le lancement de projets de développement et aggrave l'insécurité alimentaire d'une région de près de 1,3 millions d'habitants. Elle fragilise aussi les efforts de consolidation de la paix

Pour y faire face, l’État du Sénégal, avec l’appui de ses partenaires, a mis en place le Programme de Relance des Activités Economiques et Sociales en Casamance (PRAESC) dont la réalisation passe par la conduite d’un programme de déminage humanitaire.

A cet égard, notre pays a signé et ratifié la Convention sur l'Interdiction de l'emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur Destruction, dite Convention d’Ottawa.

Celle-ci fait obligation au Sénégal de déminer toutes les zones minées connues de son territoire au 1er mars 2009, délai qui a été prorogé jusqu’au 1er mars 2016.

La Stratégie nationale élaborée à cet effet (2007-2015) vise à débarrasser les populations du Sénégal et surtout celles de la Casamance de l'impact des mines à l’horizon 2015.

Principaux résultats atteints

  • Déminage des zones contaminées situées dans les  localités de Sindone, Dar Salam, Bacounoume, Etomé, Toubacouta, Gonoum, Baraf, Gouraf, Bourofaye Baïnounck, Mpack, Djibanar, Singher Baïnounck, Kandialang, Boutoute, Kanico, Sathioum, Mandina Mancagne, Etafoune, Sincap Tilidji, Dioher et Kassoulou ;
  • Enlèvement et destruction de 400 mines et restes explosifs de guerre ;
  • Éducation au risque des mines, en partenariat avec l’UNICEF, des ONG internationales et des associations locales, de l’ensemble de la population de la Casamance naturelle, soit près de 1.300.000 personnes ;
  • Formation de 300 enseignants et 50 relais aux techniques de sensibilisation au risque des mines ;
  • Formation à la sécurité face aux mines de 1417 personnes ;
  • Formation au secours d’urgence et dotation en trauma-kits de 50 infirmiers chefs de postes de santé implantés dans des localités suspectées minées des régions de Sédhiou et Ziguinchor ;
  • Mise en place d’un dispositif pour des soins médicaux gratuits aux victimes de mines ;
  • Soutien psychologique aux victimes de mines à travers le Centre Académique de l’Orientation Scolaire et Professionnelle (CAOSP) et le centre psychiatrique Emile Badiane de Ziguinchor ;
  • Renouvellement des appareils orthopédiques des victimes de mines ;
  • Confection et remise de 23 tricycles motorisés aux victimes de mines ;
  • Acquisition et remise de 04 motos aux étudiants victimes de mines ;
  • Appui à la scolarité des élèves et étudiants victimes de mines ;
  • Financement de 05 projets collectifs regroupant 50 victimes ;
  • Financement de 07 projets individuels ;
  • Mise en place d’un numéro vert pour le recueil d’informations relatives aux découvertes de mines ou accidents par mines ;

Prochaines étapes

Le projet prend le 31 décembre 2013. Elle devra faire l’objet d’une prolongation, pour prendre en compte l’obligation du Sénégal de dépolluer, d’ici à 2015, les zones minées de son territoire.

Défis et opportunité

Le premier défi porte sur la mobilisation du budget nécessaire à la réalisation des opérations de déminage humanitaire. Il s’agira de concevoir une stratégie adaptée, fondée sur des objectifs précis, réalistes et pertinents.

Le second est relatif à l’atteinte de l’objectif d’un Sénégal sans mines à l’horizon 2015. Elle passe par le bouclage des enquêtes non techniques pour permettre d’avoir une idée précise de la localisation des zones contaminées dans les localités jusque là inaccessibles du fait des conditions sécuritaires. Cette activité portera sur 291 villages situés dans les départements de Bignona, Oussouye et Ziguinchor et ouvrira la voie à la conduite d’enquêtes techniques.

La poursuite des opérations de déminage constituera également un enjeu de taille et sera au cœur du dispositif d’enlèvement et de destruction des mines et restes explosifs de guerre. Les superficies concernées sont estimées à 1.735.000 m². Elles seront consolidées par des mesures d’accompagnement destinées à rassurer les populations quant à la préservation de leur intégrité physique et morale, prendre en charge les conséquence résultant de la présence des engins explosifs et obtenir l’adhésion des populations en vue du recueil des informations et la sécurisation des zones remises à disposition.

Au titre des opportunités, il y a lieu de relever que le nettoiement des zones contaminées et la destruction des mines relevées contribueront de manière significative au rétablissement de la sécurité humaine et de la libre circulation des biens et des services. Cette situation sera de nature à créer les conditions de la relance des activités économiques et sociales en Casamance.

Vue d'ensemble du projet
Statut
Actif
Date de début
Janvier 2012
Date de fin
31 Decembre 2013
Zone d'intervention
Régions administratives de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor
Domaine prioritaire
Prevention crises et Catastrophes naturelles
Responsable du projet
Francis James
Partenaires
PNUD, Union Europeenne, Coopération italienne, NPA,Commission Nationale, Handicap International, Mechem, Norwegian People’s Aid, Inspection d’Académie de Ziguinchor, Association Sénégalaise des Victimes de Mines (ASVM), Réseau des Radios Communautaires pour la Paix et le Développement en Casamance (RC/PDC), CASADES, Association pour la Solidarité et le Développement (ASD), Appel de Genève, Construire la Paix (COPI), Association pour la Promotion Rurale de l’Arrondissement de Nyassia (APRAN), Afrique Enjeux, Kabonketoor, USOFORAL, Centres Hospitaliers Régionaux de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor.