Discours de Son Excellence Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères, Coopération Internationale et Francophonie à la Revue annuelle du Programme de coopération PNUD-RDC

10 déc. 2013

Excellences Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de missions diplomatiques

Mes dames et Messieurs les Secrétaires Généraux,

Monsieur le Directeur pays du PNUD,

Distingués invités,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

            C’est un honneur pour moi de prendre la parole à cette cérémonie de haut niveau consacrée à la revue annuelle et d’en présider la cérémonie d’ouverture des travaux. Au préalable, je voudrais, au nom du Gouvernement de la République Démocratique du Congo et au mien propre, m’acquitter d’un devoir solennel, celui de vous remercier d’avoir bien voulu rehausser de votre présence la présente cérémonie dont la portée tient substantiellement à l’appréciation des transformations palpables qui résultent de la mise en œuvre du programme pays du PNUD 2013-2017, conformément à l’accord de coopération qui nous lie depuis 1976.

            La présence significative de leurs Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de missions diplomatiques est une opportunité non seulement pour apprécier l’importance que nous attachons tous à la nécessité du dialogue avec les parties prenantes au processus de développement. Il s’agit aussi d’un honneur qui est fait au Gouvernement  dont l’engagement dans l’agenda de la modernisation  requiert une mobilisation tant des populations congolaises que des partenaires extérieurs, car le Congo, comme vous le savez tous, est résolument et irréversiblement engagé dans le travail  pour son émergence.

A cet égard, une session  de dialogue impliquant Experts et partenaires pour cerner la portée des résultats que le PNUD a pu obtenir sur la base des financements disponibilisés est une occasion pour cerner les défis nouveaux ainsi que les responsabilités afférentes au partenariat que la RDC veut avoir au regard de son ambition de faire partie des pays capables dont la croissance est forte et inclusive et  le système de gouvernance efficace et crédible.

            En effet, les travaux de cette revue se tiennent à un moment particulier de l’histoire de coopération entre le PNUD et le Gouvernement de la République Démocratique du Congo. Il y a quelques jours, nous nous retrouvions dans cette salle pour procéder à la clôture du programme d’appui à la Gouvernance 2008-2012. Les leçons tirées et les acquis à préserver constitueront certainement un substrat de référence dans les discussions de tout à l’heure montrant ainsi notre détermination à rompre avec les approches qui ont montré leurs limites et à bâtir sur celle qui ont porté des résultants.

            Comme vous le savez, l’engagement de la RDC dans le programme de la Révolution de la modernité, consiste à impulser une dynamique de changement dans le but de promouvoir les conditions de l’émergence d’un développement profitable à tous les Congolais, Hommes et Femmes, sans distinction aucune. Vous comprendrez ainsi que l’apport attendu du PNUD tient à la manière dont les conditions de vie des populations seront concrètement et positivement affectées. C’est à ce prix que le partenariat à son sens.

            La RDC  veut devenir une grande nation au cœur de l’Afrique. Elle veut jouer son rôle de pivot géopolitique, mais la RDC veut aussi devenir une économie sans cesse en croissance et capable de réduire l’extrême pauvreté. Ces impératifs qui touchent à notre destin et à nos ambitions transparaissent aussi à certains égards dans les programmations des partenaires extérieurs ici présents. Particulièrement  pour le PNUD, le plan stratégique couvrant la période de 2013-2017 traduit une similitude   des vues notamment sur le système de gouvernance que la RDC veut consolider et le modèle économique qui sous-tend la vision du Chef de l’Etat et matérialisée par le Gouvernement de la RDC.

            En effet,  il sied de rappeler aux uns et aux autres que la  présence des Agences des Nations Unies aux côtés du Gouvernement  répond à un impératif majeur. C’est celui de contribuer pour chacune d’elles à un aspect essentiel  du développement en RDC.

            C’est vous dire combien cette coïncidence de vues n’est pas hasardeuse. La RDC reconnait en tant que membre de l’Organisation des Nations Unies, l’importance que revêt un pilier aussi stratégique que le PNUD  en tant que réseau mondial de connaissances dont les Etats ont besoins pour améliorer leur capacité d’anticipation des défis de développement. C’est  dans ce sens que nous avons convenu d’un dispositif institutionnel commun chargé d’assurer la surveillance des résultats et nous assurer de leur portée transformationnelle dans la mise en œuvre du programme. Ce dispositif de suivi et évaluation offre plusieurs attentes dans le cadre des assises actuelles.

Il s’agit de relever les forces et les faiblesses du programme exécuté, de cerner les bonnes pratiques devant  nourrir les perspectives à tracer au regard des défis générés par de nouvelles dynamiques de terrain.

            Je voudrais recommander que les débats soient stratégiques et non opérationnels. Pour vous guider, je voudrais mentionner les pistes suivantes qui puissent vous permettre de hisser le niveau du débat et de formuler des recommandations qui vont au-delà des postures sectorielles de vos ministères et des axes programmatiques. Il s’agit des dynamiques mondiales qui se dessinent et les mutations qui en découlent, notamment en termes de nécessité pour les Etats fragiles de construire des systèmes d’ingénieries sociales et politiques fondées sur la résilience et la gestion de complexité, (ii) des défis écologiques en considération de l’évidence que la RDC doit se positionner fortement au cœur de cet enjeux planétaire, (iii) de la traçabilité de l’équité de sexes dans les politiques publiques en tant que critère de crédibilité de l’action gouvernementale ; (iv) mais surtout de l’appui au plaidoyer international pour le renforcement de la stabilité de la RDC après la déroute des forces rebelles du M23  et au regard des défis sécuritaires devant encore mobiliser les forces armées de la RDC.

            Considérant que la revue est un mécanisme pour solidifier les liens de partenariat, renforcer l’appropriation nationale du processus du développement et bien plus encore un impératif pour consolider la redevabilité dans la gestion de l’aide au développement,  je souhaite que le PNUD tire des leçons appropriées pour définir une stratégie d’appui fondée sur des résultats tangibles.

De ce qui précède, je note que la revue actuelle est la première du  Programme pays du PNUD 2013-2017.  Cela implique que la démarche dans le questionnement à développer ne consiste pas à  se laisser entrainer par  les angoisses du programme passé, mais de considérer les nouveaux engagements  dans leur lien avec l’avenir. Car comme le dit la sagesse populaire, je cite : «  Ceux qui décident de bâtir réussiront avec succès si leur regard porte moins sur le passé que sur l’avenir ».

            Je voudrais avant de clore mon propos exprimer ma reconnaissance à l’Equipe mixte réunissant les Experts du PNUD et ceux du Gouvernement qui a été chargée de faire le suivi des résultats sur terrain dans une ambiance de convivialité nous offrant ainsi la possibilité d’élargir notre compréhension de la nature et de l’impact des actions du PNUD dans les zones d’interventions en RDC.

            Tout en vous remerciant pour votre attention, je déclare ouverts les travaux de la revue annuelle des Programmes Pays RDC-Agences des Nations Unies.

 

                                                                                                                     Je vous remercie.