Discours de M. SOUMARE, Coordonnateur Résident de l’ONU en RDC , à l'occasion de la journée UN Cares

23 nov. 2013

« L’ONU avec Nous : pour une génération sans VIH/SIDA »

 

 

Chers collègues, Chers membres du personnel des Nations Unies,

L’épidémie du VIH/SIDA est un des nombreux défis de santé publique à l’échelle mondiale et plus particulièrement en Afrique où 34 millions de personnes vivent avec cette maladie.

Lutter contre le VIH/SIDA ne concerne pas seulement un individu isolé mais également sa famille, sa communauté, son village, bref son pays tout entier.  Le VIH/SIDA  affecte essentiellement les personnes jeunes et/ou en en âge de travailler. Fragilisées par cette maladie, les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et leur entourage  se retrouvent face à une double précarité, physique et socio-économique, qui a des conséquences néfastes sur leur développement personnel et la croissance du pays.

Le VIH aggrave la vulnérabilité des familles et des communautés ; il creuse  profondément les inégalités. Dans les pays les plus touchés par l’épidémie, ce sont les forces vives de la nation qui sont frappées. Plus il y a de malades, plus les responsables locaux, régionaux et nationaux peinent à trouver les budgets nécessaires pour assurer les services essentiels à ces populations.

Enfin, le VIH/SIDA est aussi un défi pour l’égalité des sexes car les  femmes sont plus vulnérables au VIH et à ses impacts sociaux.

Sur base de ce premier constat,  je voudrais rappeler les  mots du Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki-moon lors de la journée mondiale le 1er décembre 2007 : « Quel que soit notre rôle dans l’existence, quel que soit le pays où nous habitons, nous vivons tous  d’une façon ou d’une autre avec le VIH. Nous sommes tous concernés par le VIH. Nous devons tous assumer la responsabilité de la riposte à lui opposer ».

 

Chers Collègues,

En RDC, l’épidémie de VIH/SIDA est plus préoccupante notamment chez les jeunes de 15 à 19 ans dont le taux de prévalence est de 1,2% ; chez les femmes dont la prévalence est de 1,6% contre 0 ,9% chez les hommes mais aussi au sein des populations les plus vulnérables comme les travailleuses du sexe où la prévalence atteint 23,3%, ainsi que parmi  les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes où la prévalence est estimée à 31,4%.

Dans le contexte, je voudrais vous adresser trois messages.

 

Mon premier message est le suivant : Chacun et chacune doit être correctement informé sur le VIH/SIDA.

A ce jour, on ne peut pas encore guérir le VIH/SIDA mais on peut stabiliser ses effets néfastes. De plus, la lutte contre le VIH manque de ressources financières. Il est donc indispensable de se responsabiliser, de se sentir concerné et de s’impliquer dans la lutte contre le VIH en connaissant les modes de transmission du VIH/SIDA et les moyens existants pour réduire la transmission par voie sexuelle. Il faut aussi lutter contre les informations erronées qui sont sources de  stigmatisation et de discrimination. C’est dans cet objectif que nous sommes  réunis aujourd’hui  à l’occasion de cette activité « L’ONU avec nous : une génération sans SIDA » qui  s’adresse à chaque membre de la famille des Nations Unies sans exception et ceci dans le cadre d’une riposte proactive au VIH.

« L’ONU avec Nous » est, en effet,  le programme des Nations Unies de lutte contre le VIH/SIDA sur le lieu de travail à l’échelle de l’ensemble du Système des Nations Unies.

Par cette action, les  membres du personnel des Nations Unies et à leur famille s’approprient les 10 principes fondamentaux de « L’ONU avec nous », à savoir l’information sur les politiques et prestations des Nations Unies en matière de VIH ; l’information sur la prévention de la transmission du VIH et l’accès aux services ; les activités d’apprentissage et de formation pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination ; l’accès aux préservatifs masculins et féminins ; les services de conseil et les tests de dépistage volontaires ; les assurances couvrant les dépenses liées au VIH ; le traitement confidentiel des renseignements personnels ; l’usage des précautions universelles lors des premiers secours, l’accès rapide aux trousses de démarrage de prophylaxie post-exposition (PPE) et l’engagement de la direction et des cadres.  

-Voici mon second message: Le VIH n’est ni une maladie honteuse ni un tabou. Il faut oser en parler et poser des questions si l’on a des doutes ou si l’on pense adopter un comportement à risque qui peut mettre en danger la vie des autres. En étant correctement informés sur le VIH/SIDA,  en ayant un comportement sain et en nous respectant mutuellement, nous lutterons contre la discrimination et la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH, et nous pourrons créer un  environnement favorable pour les personnes vivant avec le VIH sur leur lieu de travail. Cette démarche est liée à la réalisation du 6ème Objectif du Millénaire pour le développement qui est de : combattre le VIH, enrayer la propagation du virus et inverser les tendances actuelles.

Mon troisième message est celui-ci : Le Système des Nations Unies veut  donner l’exemple et servir de modèle dans la lutte contre le VIH/SIDA.

Alors, parlons-en, informons le personnel, offrons les services adéquats, organisons le dépistage, luttons contre la stigmatisation et surtout créons un lieu de travail juste, équitable et bienveillant pour les personnes vivant avec le VIH. Si nous y parvenons dans le milieu de travail, cela aura un impact sur notre voisinage  et, par ricochet, sur toute la population.

En tant que Coordonnateur du Système des Nations Unies, j’invite les représentants du personnel à se mobiliser et à concrétiser cette initiative au sein de leur bureau respectif conformément aux politiques et stratégies définies par notre organisation.

J’appelle également les chefs d’agences du Système des Nations Unies à appuyer ces démarches en mettant à disposition les ressources humaines et financières nécessaires pour mener au mieux ces activités.

Enfin, j’encourage vivement les membres du personnel des Nations Unies et leur famille à participer aux activités  de « L’ONU avec Nous » et à se référer aux services disponibles.

En agissant de la sorte, nous atteindrons l’objectif ZERO porté par le Programme Conjoint des Nations Unies pour le VIH : zéro nouvelle infection, zéro discrimination, zéro décès lié au VIH.