Le VIH/SIDA n'est pas une maladie honteuse, osons en parler !

Participants à un quizz sur le VIH/SIDA lors de la journée UN Cares
Participants à un quizz sur le VIH/SIDA lors de la journée UN Cares. ©Crédit: G.Delaunoy, PNUD RDC, 23 Novemvre 2013.

Sur le thème de  « L’ONU avec Nous : une Génération sans Sida », le Système des Nations Unies en RDC a organisé une après-midi d’information, je jeux et de théâtre sur le VIH/Sida pour le personnel et leurs familles. Les volontaires ont également pu effectuer le dépistage volontaire anonyme et gratuit. Avec en ligne de mire : améliorer la riposte au VIH/Sida ; lutter contre la stigmatisation et la discrimination et atteindre zéro nouvelle infection, Zéro discrimination, zéro décès lié au VIH.

A retenir

  • Système des Nations Unies : 23 agences et programmes 1150 personnes dont 875 nationaux et 275 internationaux 2500 personnes au total en y ajoutant les dépendants
  • « UN Plus » a été créé en mars 2005. Il s’agit d’un groupe mondial du personnel des Nations Unies vivant avec le VIH. Sa mission est d’œuvrer pour la solidarité, l'égalité et l'acceptation des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) au sein du Système des Nations Unies. Concrètement, cela signifie, que les staffs des Nations Unies veulent créer un environnement propice à tous les membres séropositifs du personnel quel que soit le niveau de divulgation de leur statut sérologique. Ils disent « NON » à la stigmatisation et à la discrimination des PVVIH et des personnes affectées. Ils veulent aussi être la voix efficace et organisée au sein du Système des Nations Unies et plaider pour le renforcement des politiques et/ou le développement de politiques supplémentaires liés au VIH au sein du SNU.

« Moi, je fais le test de dépistage du VIH/Sida tous les 3 mois, je suis confiant, explique ce jeune soldat ghanéen de la MONUSCO (Mission de l’ONU pour la Stabilisation au Congo), avant d’entrer dans une des petites cabines aménagées par la MONUSCO lors de l’après-midi d’information sur le VIH/Sida « L’ONU avec Nous : une génération sans Sida », organisée pour le personnel des Nations Unies et leurs familles, ce samedi 23 novembre au Cercle français.

Première étape, rencontre avec le médecin qui explique les modes de transmission et comment agir dès qu’on a le résultat (positif, négatif ou indéterminé). Le test est totalement confidentiel, le volontaire ne décline pas son identité, uniquement son âge ; il reçoit alors un code inscrit sur un bout de papier. Seconde étape du dépistage volontaire : dans la cabine voisine, un infirmier pique dans l’annulaire, prélève une goutte de sang sur une languette munie d’un réactif  puis pose un petit sparadrap sur le bout du doigt. Troisième étape, on patiente 10 à 20 minutes et enfin, quatrième et dernière étape : on rencontre à nouveau le médecin auquel on donne le code inscrit sur le papier auquel correspond le résultat du test de dépistage et donc  notre statut sérologique.

Simple, rapide, discret et efficace.

A tel point qu’il est inutile de demander à un collègue d’aller recueillir le résultat à votre place : le médecin refusera catégoriquement. « La stricte confidentialité est totalement respectée. Si votre collègue ne peut pas venir maintenant, voici mon numéro de téléphone et il viendra me voir à ma consultation à la MONUSCO », explique-t-il gentiment mais fermement.

Message reçu 5 sur 5 !

Plusieurs dizaines de personnes ont profité de l’occasion de ce dépistage volontaire et gratuit, lors de l’activité de « L’ONU avec Nous » organisée par différentes agences  et Programmes de l’ONU : UN Cares ONUDISA, OMS, UNFPA, UNICEF, PNUD, MONUSCO, etc. ainsi que les partenaires congolais  tels que le Programme national multisectoriel de lutte contre le sida (PNMLS). Les mêmes et d’autres  ont également recueilli de la documentation et évalué leurs connaissances sur le VIH/Sida en remplissant le jeu-quizz de 21 questions sur le VIH.

Lutter contre la stigmatisation et la discrimination

 A Kinshasa, le Système des Nations Unies (SNU) rassemble 23 Agences et Programmes de l’ONU et compte 2500 personnes, famille comprises. Parmi les collègues et/ou leurs dépendants, certains sont atteints par le VIH/Sida. Il est donc indispensable d’être bien informé sur la riposte au VIH/Sida et sur les avancés scientifiques. Il faut également se retrousser les manches pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination, en  particulier sur le lieu du travail.

« L’ONU avec Nous » est précisément un programme de lutte contre le VIH sur le milieu du travail à l’échelle du Système des Nations Unies qui vise à offrir à tous les membres du personnel et à leur famille un accès à l’information, aux produits de prévention (préservatifs masculins et féminins) au dépistage volontaire et anonyme, à la prophylaxie post-exposition ainsi qu’à un environnement de travail favorable et respectueux des PVVIH.

« Le VIH/Sida n’est pas une maladie honteuse ni un tabou », a déclaré fortement Moustapha Soumaré, Représentant Résident du PNUD, Coordinateur Résident du Système des Nations Unies et Représentant Spécial adjoint du Secrétaire Général de l’ONU, en RDC. « A ce jour, on ne peut pas le guérir; on peut seulement ralentir la progression de la maladie, notamment via les antirétroviraux.  (ARV). C’est pourquoi chacun doit se sentir impliqué dans la lutte contre le VIH/Sida (…). Il faut oser en parler et poser des questions si l’on a des doutes ou si l’on pense adopter un comportement à risque qui peut mettre la vie des autres en danger(…) Tous les membres du personnel des Nations Unies sont concernés. (…) Le Système des Nations Unies veut donner l’exemple et servir de modèle dans la lutte contre le VIH/Sida : alors  informons le personnel, offrons les services adéquats, organisons le dépistage, luttons contre la stigmatisation et surtout créons un lieu de travail juste, équitable et bienveillant pour les personnes vivant avec le VIH. Si nous y parvenons dans le milieu de travail, cela aura un impact sur notre voisinage  et, par ricochet, sur toute la population ».

Papa Jean, vit avec le VIH/Sida depuis 1997. Il a osé parler à visage découvert.  Son témoignage et son courage ont bouleversé les 200 personnes rassemblées autour de lui : « S’il vous plaît, adoptez un comportement sain. Et pensez à faire le test de dépistage. Plus tôt vous connaîtrez votre statut sérologique, plus vite on pourra vous donner un traitement qui vous aidera à vivre. Regardez-moi,  je vis avec maladie depuis plus de 10 ans et je suis encore là. Je suis père de 8 filles, ajoute-t-il fièrement.

 Mutukongo…. MutuSida

Sur la pelouse du Cercle français, la troupe de théâtre « RDC dans le monde » a chanté, dansé et joué sur les thèmes de l’ignorance, de la stigmatisation, de la discrimination, de l’exclusion mais aussi sur la raison, la responsabilité et la prise de conscience de cette maladie.

Ainsi le jeune Mutukongo, atteint par le VIH/Sida se voit chassé du domicile parental et prénommé désormais MutuSida par un groupe de jeune délurés réunis au sein de « l’Association des Jeunes Inconscients »  (AJI) qui veulent vivre leur vie sans entraves ni protection, totalement libres mais en toute méconnaissance des dangers de la contamination du VIH.

A travers la caricature, les grimaces et le rire, les messages sonnent fort et sont percutants sur les modes de transmission du VIH/Sida, le dépistage volontaire, surtout à destination des jeunes. Message reçu 5 sur 5 aussi !

Car chacun  et chacune des participants est bien conscient qu’il (elle) est responsable de son comportement.  La  lutte contre le VIH/Sida doit être commune et solidaire pour atteindre  l’objectif ZERO porté par le Programme Conjoint des Nations Unies pour le VIH : zéro nouvelle infection, zéro discrimination, zéro décès lié au VIH.

Questionnaire connaissances sur le VIH/SIDA soumis aux participants de la journée UN Cares
1-Téléchargez le quizz pour tester vos connaissances
2-Téléchargez les réponses pour vérifier vos résultats
Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

Message de Antonio Banderas