Allocution sur le Fonds national de stabilisation économique et sociale

08 mars 2013

Allocution du Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies et Représentant Résident du PNUD, Aurélien A. Agbénonci

A l’occasion de la signature de l’accord administratif relatif à la contribution du Royaume des Pays-Bas au financement du Fonds national de stabilisation économique et sociale

Monsieur le Ministre de l’Economie, des Finances et du Budget,
Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement,
Monsieur l’Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas au Mali,
Monsieur l’Ambassadeur du Canada au Mali,
Monsieur le chef de file des Partenaires Techniques et Financiers,
Mesdames, Messieurs les représentants des pays et institutions partenaires du Mali,
Honorables invités, Mesdames et Messieurs,

L’événement qui nous réunit ce matin est symbolique à plus d’un titre. Il marque, en effet, la reprise de la coopération directe de certains Partenaires Techniques et Financiers qui, suite à la crise survenue à partir de mars 2012, avaient pour la plupart réduit ou suspendu leurs aides au Mali, reviennent à la faveur de l’adoption de la feuille de route du Gouvernement pour la transition. Il démontre aussi que lorsque nous le voulons vraiment, il est possible de faire preuve d’imagination et de célérité pour mettre en place des outils de financement.

Le Fonds national de stabilisation économique et sociale que nous avons ensemble imaginé et que vous avez souhaité est l’un de ces outils: c’est un mécanisme financier de transition prévu pour une durée n’excédant pas deux années.

Il permettra d’appuyer directement les activités prioritaires inscrites dans le budget d’Etat qui souffrent d’un manque de ressources liées à la crise économique et financière que traverse le pays.

En effet, le budget 2013 comprend plus de 55 milliards FCFA en dépenses gelées, qui ne seront pas exécutées faute de source de financement.

Il est très probable que ce manque de ressources augmente au vu des priorités sociales du Gouvernement. Avec de telles contraintes au niveau de l’Etat, la situation de fragilité économique et sociale risque de perdurer et de rendre encore plus difficile le retour de la gouvernance démocratique et de l’Etat de droit.

La provision de services sociaux de base n’échappent aux restriction budgétaire. Ceux-ci ont connu en 2012 une réduction de 25 pourcent par rapport aux prévisions initiales. Une étude du PNUD et de l’Observatoire du Développement Humain Durable montre qu’une reprise de 50 pourcent de l’aide en 2013 permettrait de gagner 0.4 point de croissance économique, tandis que la reprise intégrale de l’aide ferait gagner au Mali près d’un point de croissance. Ce qui est significatif.

Monsieur le  Ministre de l’Economie, des Finances et du Budget,
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,

Le Gouvernement du Mali, d'un commun accord avec ses partenaires, a décidé de confier l’administration de ce fonds de stabilisation au PNUD pour son expérience dans la gestion de ce type de mécanisme à travers le monde.

En effet, le PNUD, à travers le bureau Multi Donors Trust Fund (MDTF), gère plus d’une cinquantaine de fonds de ce type dans le monde, garantissant le respect des normes fiduciaires et les exigences techniques internationales en la matière. Le PNUD utilise une structure transparente de gestion et d’information dont la mise en œuvre peut être suivie à travers une plateforme spécifique et publique.

Le Fonds natiobal de stabilisation économique et sociale se caractérise par la simplicité de son mécanisme de gestion, sa flexibilité,  des procédures simplifiées basées sur les modalités de l’exécution nationale, pour répondre à l’urgence de la situation et satisfaire les besoins prioritaires et immédiats non financés inscrits dans le budget d’Etat.

La gestion du Fonds reposera sur les principes suivants:

  1. Le pilotage stratégique et la coordination par le Gouvernement du Mali de l’élaboration du portefeuille d’activités soumis au financement du fonds se fera conformément aux orientations de la feuille de route du Gouvernement pour la transition et des plans de développement sectoriels sur la base des activités non financées inscrites dans le budget d’Etat.
  2. Une large participation des ministères sectoriels bénéficiaires du fonds sera prévue dans le processus de gouvernance, et incluera la participation des PTF contributeurs et institutions financières internationales dans un Comité de pilotage conjoint.
  3. La gouvernance des activités du fonds, y compris la supervision de la gestion financière, prendra en compte les lois, règles et procédures nationales.
  4. Les décisions sur l'affectation des ressources seront prises en consensus par le Comité de pilotage et les décaissements seront graduels sur la base de mesures de performance prédéfinies.
  5. Le suivi et l’évaluation de la performance des activités financées par le fonds et leur capacité à démontrer des résultats seront assurés par la mise en place d’un système de mesure, de notification et de vérification rigoureux.

La mise en place du fonds permettra, par exemple, de faciliter l’accès des élèves et des professeurs aux manuels scolaires, de faciliter l’acquisition d'intrants agricoles par les paysans, de construire, d’entretenir et d’équiper des centres de santé et d'assurer la disponibilité du personnel de soins, de faciliter l’accès à l’eau potable aux populations, d’appuyer le volet de la réhabilitation et de soutenir des dépenses opérationnelles des élections.

Je voudrais saluer la disponibilité et l’engagement des Pays-Bas et de l’ensemble des Partenaires Techniques et Financiers qui sont décidés à soutenir le Mali dans ces moments difficiles.

Ce fonds est utile et je suis persuadé que le Gouvernement du Mali prendra toutes les dispositions pour assurer une gestion adéquate des ressources qui seront mobilisées et mises à sa disposition pour atténuer les effets de la crise sur les populations les plus vulnérables.

Je vous remercie de votre aimable attention.