Discours de Madame Samoura, Coordinatrice Résidente du Système des Nations Unies à Madagascar et Représentante Résidente du PNUD, à l’occasion du lancement officiel du Rapport sur la Coopération au Développement (RCD) 2012

19 févr. 2014

image Fatma Samoura, coordinatrice résidente du Système des Nations unies et l'assistance à la présentation du RCD2012

(liste protocolaire)

C’est pour mes collègues du SNU et moi-même un plaisir renouvelé que de nous trouver parmi vous aujourd’hui pour le lancement officiel du Rapport sur la Coopération au Développement 2012.

Ce rapport est publié au moment où Madagascar vient de franchir une étape décisive vers la sortie de crise, au terme d’élections présidentielles et législatives qualifiées de justes et paisibles et cette étape devrait mener vers une reprise progressive de l’aide des partenaires techniques et financiers.

Ce document, appelé communément RCD, est non seulement un outil de travail et d’information mais aussi de gouvernance de l’aide à Madagascar. Il matérialise le fruit d’efforts soutenus pour le développement déployés par le gouvernement malagasy avec l’appui de ses partenaires.

Ainsi, voudrais-je avant tout propos louer les efforts de la Vice Primature en charge de l’Economie et de l’Industrie et du Secrétariat Technique Permanent pour la Coordination de l’Aide (STPCA) rattaché à la Primature, pour avoir réussi à maintenir la publication régulière de ce rapport et féliciter l’engagement de tous les contributeurs à l’élaboration de ce rapport au titre desquels on peut citer les ministères sectoriels mais aussi les partenaires techniques et financiers. Grace à eux le pays a pu produire un document unique consolidé sur la situation de l’aide au développement à Madagascar.

Ce rapport est surtout un tableau de bord pour le Gouvernement et ses partenaires puisqu’il sert à mieux connaître la situation de l’appui extérieur en faveur de Madagascar, du moins les flux financiers. Grâce aux données qu’il recèle, il facilite la programmation et la coordination des actions des différents acteurs au développement aux niveaux central et régional.

Ce rapport est par ailleurs un moyen de communication et de redevabilité sur l’aide et le développement car il met à la portée de chacun des informations clés dans un format et un langage accessibles au plus grand nombre. Certes, des informations brutes sont déjà en libre accès dans la base de données sur l’aide « Aid Management Platform (AMP – Madagascar) », qui est la source sur laquelle repose l’élaboration des rapports annuels successifs, mais l’exploitation et l’interprétation de données brutes ne sont pas toujours aisées. Par contre, ce rapport se veut d’une lecture simple et instructive pour tous les acteurs du développement.

A l’heure du monde virtuel et de la démocratie, il est possible et important de rendre les informations accessibles à tous, accessibles aux acteurs du développement : aux ministères, aux collectivités territoriales, aux organisations de la société civile, au secteur privé, aux média et aux PTFs etc. Dans un monde d’information continue où l’open data et le respect du principe de redevabilité vis-à-vis des contribuables des pays contributeurs et des destinataires de l’aide sont de mise, le RCD offre une possibilité unique de traiter et de diffuser des informations claires et utilisables sur ce que les partenaires de développement de Madagascar ont apporté à Madagascar et comment les ressources ont été utilisées.

Nous noterons d’ailleurs dans ce rapport que tous les PTF ne se sont pas retirés de Madagascar pendant ces années de crise. En 2012, l’aide au développement s’élevait encore à plus de 400 millions de dollars, dont plus de 84 millions amenés à Madagascar par les Agences du Système des Nations Unie,  1er partenaire financier de la Grande Ile cette année-là et 3ème l’an dernier, derrière la Banque Mondiale et l’Union Européenne.

Comme à chacune des éditions, le Rapport sur l’aide au Développement rend compte effectivement d’une situation des flux financiers à un moment donné et des tendances passées. Dans le cadre de tel événement, il nous sert de base de réflexion sur les impacts réels de l’aide dans un pays comme Madagascar, un moment pour nous de nous interroger sur ses résultats et sa contribution réelle au développement.

Madagascar se trouve aujourd’hui dans une situation plus que préoccupante, comme le montrent les données de l’enquête sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement qui va être publiée la semaine prochaine. Nous savons tous qu’aucun des OMD ne sera atteint à Madagascar d’ici 2015 si l’on ne redresse pas rapidement et fortement la situation socio-économique dans le cadre d’un sursaut collectif que nous appelons tous de nos vœux. Nous sommes toutefois conscients que Madagascar se trouve aujourd’hui à un tournant clé et décisif pour forger un meilleur avenir pour sa population. Aussi, tous les acteurs du développement : Gouvernement, Parlement, Collectivités Territoriales, PTF, secteur privé et Société civile sont-ils appelés à redoubler d’effort pour améliorer l’efficience et l’efficacité de l’aide au développement au niveau central, dans les régions et les collectivités locales. C’est l’une des conditions pour nous assurer que Madagascar puisse mobiliser des ressources dans un contexte d’austérité budgétaire dans les principaux pays donateurs. La baisse de l’aide au développement offre aussi une opportunité pour accorder plus d’attention à une gestion plus rationnelle des ressources internes sur les bases des priorités de développement du pays.

En tenant compte de ces enjeux, le Système des Nations Unies à travers le PNUD s’efforce notamment de promouvoir l’efficacité de l’aide au développement, en particulier dans l’appui à la mise en œuvre des recommandations du Partenariat de Busan conclu en Corée du Sud, en décembre 2011 et d’appuyer le renforcement des capacités dans la gestion des finances publiques axées sur les OMDs. Outre l’appui à la gestion de la base AMP – Madagascar et à l’élaboration des RCD, le Système des Nations Unies soutient le mécanisme de coordination de l’aide et de dialogue sur le développement, la participation de Madagascar aux échanges internationaux dans ce domaine (dont la conférence de Mexico qui aura lieu en avril prochain), etc.

En 2014, le PNUD soutiendra encore les efforts du gouvernement pour un renforcement de capacité sur la coordination de l’aide au niveau des secteurs et au niveau régional.

Dans l’immédiat, nous restons disponibles pour apporter notre expertise au nouveau gouvernement pour l’organisation de la prochaine table ronde des partenaires techniques et financiers.

Pour conclure mon allocution, je partage le souhait que ce rapport sur l’aide au développement puisse trouver son utilité auprès de tout un chacun, et que les partenaires au développement continuent d’alimenter la base AMP – Madagascar, et surtout continuent de prévoir davantage de fonds au développement du pays afin que le pays puisse maintenir la publication des RCD.

Excellence M. le Vice Premier Ministre, Mesdames et messieurs, je vous remercie de votre attention

Vive la coopération pour le développement.