Discours de la coordinatrice résidente du Système des Nations Unies à l’ouverture de la Retraite sur les Priorités stratégiques

10 févr. 2014

(liste protocolaire)

J’aimerais avant tout propos vous adresser mes sincères  remerciements pour avoir répondu présents à  cette retraite sur les priorités stratégiques du SNU pour le prochain cycle de coopération 2015-2019. Je sais combien vos agendas sont chargés, mais vous avez tenu à  prendre part aux deux journées et demi de travaux qui vont aboutir d’une part, à l’identification des futurs domaines d’interventions prioritaires  des agences du Système des Nations Unies et d'autre part à la définition des résultats stratégiques  qui contribueront aux changements institutionnels et transformationnels souhaités pour Madagascar d’ici 2019 en réponse aux défis et opportunités  nationaux de  reconstruction et de développement inclusif et je ne peux que m'en réjouir. 

Nous le savons tous, Madagascar sort d’une longue crise sociopolitique et économique ; le prix payé  par la population malgache  est  bien connu. Madagascar  n’atteindra pas la plupart  des Objectifs du Millénaire pour le Développement en 2015 ; plus de la moitié de la population malgache vit dans l’extrême pauvreté (56,5 %), le taux de pauvreté rural est passé de 77,3 % en 2004 à 82,2 % en 2010. Le taux de malnutrition chronique qui touche les enfants reste préoccupant puisque  50 % des enfants naissent avec une insuffisance pondérale.  Près de 18% des enfants de 6 à 14 ans ne sont jamais allés à l’école . Les différents documents d’analyse et d’évaluation confirment la gravité de la dégradation de la situation socio-politique et économique, le niveau de réalisation des droits socioéconomiques et politiques de l’Homme et des enfants  reste  trop faible  pour engendrer une quelconque amélioration de leur situation présente ou de leur futur immédiat. 

Quel avenir  allons-nous  laisser aux jeunes générations , telle est la question que se posent le nouveau régime en place et ses partenaires?

Mesdames et Messieurs

Les conclusions de  plusieurs études et analyses convergent toutes vers un constant : l’instabilité politique à Madagascar est identifiée,  comme étant l’une   des contraintes majeures à un  développement inclusif, en plus d’autres facteurs comme l’absence de visions de long terme,  l’inadéquation des politiques publiques, la gestion aléatoire des ressources naturelles, le niveau de chômage extrêmement élevé chez les jeunes  et la corruption. 

Ces mêmes analyses montrent aussi que Madagascar peut relever ces défis et mieux exploiter ces atouts dans un environnement démocratique, avec l’appui de l’ensemble des acteurs du développement. 

Aujourd’hui le pays dispose d’un  Président de la République et de parlementaires démocratiquement élus. L’heure est à la reconstruction et à  la relance du développement pour améliorer enfin les conditions de  vie de plusieurs millions de malgaches, notamment les enfants, les jeunes et les femmes, et préserver  le capital environnemental-.

Nous nous réunissons ici au Carlton au cours de ces deux prochaines journées afin de poursuivre le processus de programmation commune que nous avons initié depuis 2012 avec l’analyse de la situation commune ou Common Country Analysis, suivi de l’évaluation finale du précédent UNDAF, de l’enquête nationale de suivi des OMDs, de l’analyse des conflits et du développement ainsi que de la formation sur l’anti-corruption. Le pays a  aussi entamé la préparation d’une stratégie nationale intermédiaire de relance du développement. Ce travail bénéficie des analyses que je viens de citer et des notes de politiques sectorielles préparées par les agences de développement, notamment le SNU, la BAD et la Banque Mondiale,  des notes de stratégies sectorielles de certains départements ministériels et de la stratégie de relance économique élaborée par  le secteur privé.

En ce qui concerne les Nations Unies nous disposons de suffisamment de matière  pour préparer, en collaboration  avec nos partenaires nationaux et en concertation avec les acteurs de développement, le  nouveau plan cadre des Nations Unies pour l’assistance au développement. L’analyse de situation nationale nous indique clairement les domaines qui nécessitent des interventions prioritaires.

Les principes internationaux de coopération et de gestion de l’aide au développement nous incitent à travailler en synergie entre nous-mêmes agences des Nations Unies, et avec les autres acteurs du développement ; c’est pourquoi je salue et apprécie la présence des différentes composantes de la communauté de développement à cette retraite. Des partenaires tels que l’OIM , la CNUCED et autres agences non résidentes prennent aussi part à cette programmation commune.

Nous continuerons à nous concerter et à dialoguer avec les partenaires résidents et non-résidents afin que toutes nos actions puissent être complémentaires et engendrer les changements transformationnels au bénéfice de la grande majorité de la population et de l’ensemble des régions du pays. . En d’autres termes, nous allons sur la base d’analyse de la situation actuelle identifier ensemble les changements qu’il faut atteindre en 2019 : à titre d’illustration il s’agit par exemple de l’adoption et la mise en œuvre de politiques publiques efficaces et amenant une réduction significative la pauvreté grâce la création d’emplois et la génération de revenus pour les millions de jeunes  en milieu rural et en milieu  urbain,  ou encore de la consolidation des fondements  l’Etat de droit : des médias libres et professionnels, des sociétés civiles responsables et performantes, un appareil judiciaire indépendant et qui assure le respect des lois  et des droits de l’homme par tous....

Nous devons rester focalisés sur les priorités pour espérer atteindre des résultats et pour ce faire nous devons harmoniser nos interventions, mettre en commun nos ressources et surtout rationaliser  leur  utilisation à travers un UNDAF de qualité, approprié par les parties prenantes et engageant les différents acteurs de développement. Il est essentiel que nous puissions assurer la coordination et renforcer la cohérence de nos actions avec les agences de développement bilatérales et multilatérales, et bâtir une synergie entre les programmes des acteurs du développement si l’on souhaite avoir un impact significatif  sur l’amélioration des conditions de vie de la grande majorité de la population notamment les plus vulnérables, et pour faire reculer sensiblement le taux d’extrême pauvreté..

Quatre personnes ressources et facilitateurs  venus de l’extérieur sont venus nous accompagner dans cette démarche qui est co-présidée  par la Vice Primature en charge de l’Economie et de l’Industrie et le SNU. Il s'agit de:

-Mesdames Aida Robbana et Lyne Godmaire mandatées par l’Ecole des Cadres des Nations Unies (UN System Staff College)

-M. Moncef Khouidi, Consultant international

-M.Christian Courtis , du bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’Homme

J’espère que toute la réflexion que nous aurons à mener au cours des deux jour à venir gardera constamment comme impératif  le travail en synergie SNU- Gouvernement (central et collectivités décentralisées) - avec un partenariat élargi au Secteur privé, aux organisations de la société civile et aux partenaires techniques et financiers  dans le cadre des priorités définies en commun et des grands principes qui guident le travail du SNU dans le monde.

L’UNDAF sera prêt dans les mois à venir afin que les agences puissent le décliner en programmes de coopération individuels et plan d’actions dont la mise en œuvre commencera en début 2015. 

Excellence Mesdames et Messieurs,

Votre présence effective  à cette rencontre, dont celle des représentants de la Présidence et de la Primature signifie que vous comptez apporter vos contributions   à cette  démarche et à réflexion communes et que vous vous engagez par rapport à vos rôles et responsabilités ; je  réitère mes sincères remerciements à vous tous et souhaite pleins succès à nos travaux 

Je vous remercie  de votre aimable attention.