Discours de Mme Samoura à l'atelier de formation à l'analyse des conflits et à la programmation sensible aux conflits à l'hôtel Panorama

27 janv. 2014

Nous voici de nouveau réunis dans un autre atelier de formation après celui sur l’intégration de la dimension «anti-corruption» dans la programmation tenue la semaine dernière à l’Hôtel Colbert. Toutes ces activités s’inscrivent dans le cadre de la planification stratégique des Nations Unies à Madagascar pour la formulation d’un nouveau Plan-Cadre des Nations Unies pour l’Assistance au Développement appelé communément UNDAF.

Je suis heureuse que vous ayez répondu présents  à notre invitation pour participer à cette importante formation à l’analyse des conflits et à la programmation sensible aux conflits.

Cette session de deux jours a pour objectif de renforcer la compréhension de la dynamique des conflits actuels, alimenter l'UNDAF et identifier les priorités pour la programmation afin de répondre stratégiquement aux défis émergents. J’expliciterai pourquoi une telle approche est devenue un élément stratégique, absolument essentiel pour la réussite de nos interventions et nos investissements pour l’amélioration des conditions de vie de la population de Madagascar et l’avènement d’un pays mieux préparé en ce sens qu'il sera plus capable d’assurer un futur décent à l’ensemble de sa population et notamment les jeunes.

Il en est de même pour le Système des Nations Unies, qui formule cette année son nouvel UNDAF pour le cycle 2015-2019, pour accompagner les efforts nationaux de reconstruction et de développement.

Madagascar vient de franchir une étape très décisive vers la sortie de crise et donc de son devenir  avec l’investiture du nouveau Président de la République. Ce jalon marque le retour du pays à l’ordre constitutionnel et nous le souhaitons vivement le reprise de la coopération pour le développement  de Madagascar avec tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux. Il n’est plus à démontrer que la crise politique aggravé par les catastrophes naturelles a entrainé une dégradation considérable de la situation économique et sociale. Tous les indicateurs socio-économiques sont au rouge : un taux de pauvreté supérieur à 70%, un ratio de mortalité maternelle de 478 pour 100 000 naissances vivantes et un taux de malnutrition chronique avoisinant les 50%.

Mesdames et Messieurs,

Dans le cadre de l'atelier qui nous réunirent ces deux jours le conflit est ici défini comme la perception de divergence d’intérêts et il n’est pas nécessairement classé comme conflit violent. L’Analyse des conflits, est une méthode qui permet de recueillir des informations, de prendre en compte l’analyse dans un contexte spécifique et d’élaborer des stratégies pour réduire ou éradiquer l’impact des conflits violents. Elle permet de renforcer la compréhension des dynamiques actuelles du conflit à Madagascar, de fournir des contributions  dans le processus de formulation du nouvel UNDAF et d’aider à identifier les priorités de programmation afin de faire face stratégiquement aux défis émergents.

L’utilité de procéder à ce genre d’exercice découle  du fait que la stratégie de développement est susceptible d’entrainer un sentiment d’exclusion et il est important de les appréhender à travers une analyse de conflits.

Le facilitateur, M. Ndiaye Waly, Conseiller en Paix et Développement au bureau du PNUD en Guinée-Bissau, a été choisi pour mener cette analyse de conflits. Il a consulté différentes personnes, structures et entités issues du gouvernement, des organisations de la société civile, des media, des communautés locales (dans le sud du pays), des partenaires techniques et financiers et des agences du SNU. Le présent atelier permettra d’enrichir l’analyse qu’il a menée. Par ailleurs, à l’issue de cet atelier de formation, les participants auront les connaissances et les capacités à réaliser une analyse de conflit, et à pouvoir ainsi assurer la mise à jour régulière de l’analyse qui sera réalisée, afin de pouvoir réajuster constamment leurs programmes et projets à l’évolution du contexte du pays.

Avant de terminer mon allocution, je voudrais très sincèrement réitérer mes remerciements a tous ceux qui ont participé à l’organisation de cet important atelier et tous ceux qui vont intervenir d’une manière ou d’une autre. Je voudrais également saluer les réflexions profondes qui seront menées  tout au long de la session.

Agissons pour que les actions déjà menées par Madagascar dans la lutte contre la corruption puissent se renforcer et être plus efficaces pour que les investissements futurs aient un impact positif significatif rapide dans la vie et la survie de la population malgache.

Mesdames et Messieurs,
Je vous remercie de votre aimable attention,