Discours de la Coordinatrice résidente du Système des Nations Unies à Madagascar à l'occasion de la Journée Internationale de la Jeunesse

12 août 2013

En cette journée du 12 août 2013, je voudrai m’adresser à vous les jeunes de tout horizon pour vous remercier de votre présence massive au Palais des Sports, de la Culture et des Loisirs.

Cette journée est la vôtre, elle est celle des 3,8 millions de jeunes malgaches âgés de 15 à 24 ans qui compose la « Tanora malagasy »

Au delà de son aspect symbolique, cette journée marque une étape importante pour les millions de jeunes, citadins et ruraux puisqu'elle nous offre une occasion unique de nous interroger sur les meilleurs moyens d’intégrer la jeunesse dans les efforts de développement de Madagascar.  

En choisissant le thème « Migrations des jeunes : Faire avancer le développement », les Nations Unies souhaitent attirer l’attention sur une problématique qui affecte en priorité les jeunes dans le monde en général mais aussi amener les décideurs, notamment politiques  à réfléchir sur la question de la migration des jeunes dans chaque pays.

Dans son message à l'occasion de cette journée internationale de la jeunesse, le Secrétaire Général des Nations Unies martèle l'importance de ce thème en ces mots, je cite:

« Sur un total annuel de l’ordre de 214 millions de migrants internationaux, il y a plus de 10 % de jeunes et, pourtant, on sait trop peu de choses de ce qu’ils vivent ou contre quoi ils doivent se battre. Les raisons qui poussent les jeunes à émigrer sont nombreuses. Les uns fuient les persécutions, d’autres veulent échapper aux difficultés économiques. Tantôt, ils sont seuls au monde, tantôt, ils ont une famille – des parents, des frères et sœurs et même des enfants. Selon les cas, ils font partie d’une communauté vers laquelle se tourner ou, au contraire, sont obligés de se faire des relations nouvelles. En transit ou parvenus à leur destination finale, beaucoup de ces jeunes ont à se battre contre autant ou davantage de racisme, de xénophobie, de discrimination ou de violations des droits de l’homme, par exemple. Les jeunes femmes, en particulier, se trouvent exposées à l’exploitation et aux sévices sexuels.» 

Fin de citation

Mesdames et Messieurs,

La migration des jeunes malgaches est un phénomène qui requiert notre attention à tous, hommes politiques, parlementaires, sénateurs, hommes de lois, partenaires au développement, société civile, parents, puisqu'elle se traduit bien souvent par des drames personnels mais aussi familiaux, les conditions dans lesquelles ces migrations se font échappant souvent aux règles édictées dans les traités et conventions internationaux et mettent trop souvent la vie des candidats a l'immigration à risques. En effet il ne se passe une semaine sans que les journaux malgaches ne rapportent les mésaventures des jeunes femmes mais aussi des hommes jeunes et moins jeunes qui ont  pris l'option de migrer pour des raisons économiques. 

Je voudrais en particulier attirer l’attention sur le cas de ces jeunes femmes malgaches qui par nécessité, plus que par choix choisissent de quitter leur pays pour chercher un emploi à l’étranger  et qui y subissent des violations de leurs droits et voient leur dignité bafouée. 

Je voudrais attirer l’attention sur le cas de nos jeunes étudiants qui, las de la situation de crise que vit Madagascar depuis plus de quatre années qui ont décidé de quitter leur pays à la recherche d'un meilleur  avenir et qui sans s'en douter vont gonfler les rangs des laissés pour compte, des victimes de la xénophobie et des mauvais traitements. 

Je voudrais attirer l’attention sur le cas de ces 15% de Malagasy  qui migrent d’un fokontany à un autre, d’une commune à une autre qui pour rejoindre leur famille, qui pour chercher un emploi qui pour poursuivre des études. Et, même si les statistiques nationales ne permettent pas encore de bien renseigner sur les réalités exactes de la migration, les mouvements migratoires tant à l’intérieur du pays qu’à l’international existent et évoluent avec l’augmentation de la pauvreté et la recherche d’un meilleur horizon pour les jeunes. Ce phénomène représente à la fois des enjeux et des défis à considérer pour le pays tant en terme de respect des normes de travail, de garantie de protection sociale, de structuration des institutions, si on souhaite vraiment que les jeunes jouent un rôle clé dans le développement de Madagascar.

J’ose ainsi espérer que les activités programmées ce jour notamment les conseils et les conférences débats sur  la «Migration des jeunes pour le travail, les études, la formation professionnelle » et sur l’« Emploi des jeunes et défi de la migration » auxquels des techniciens des agences des Nations Unies et partenaires du publics et privés participent, permettront de trouver les piste à explorer afin que le pays puisse tirer profit  de tous les avantages que représente sa  population jeune mais également de circonscrire les risques que peuvent représenter une migration non contrôlée et non encadrée. Ceci permettra de prendre les dispositions idoines pour préserver la jeunesse des dérives que nous voyons trop souvent à travers les média. 

A ce titre, permettez- moi de partager le souhait de M. Ban Ki Moon, Secrétaire Général des Nations Unies, à l’occasion de cette journée.

Je cite un extrait de son message :

« Au mois d’octobre, l’Assemblée générale des Nations Unies accueillera le deuxième Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le développement. Je demande instamment aux États Membres de prêter attention aux migrations de jeunes. Travailler avec et pour les jeunes est l’une de mes toutes premières priorités. En cette Journée internationale de la jeunesse, j’encourage les États Membres, les organisations de jeunes et les autres parties prenantes à agir pour promouvoir les droits de tous les jeunes migrants et maximiser le potentiel de développement que représentent les migrations de jeunes. » Fin de citation

Mesdames et Messieurs,

A l’occasion de cette Journée Internationale de la Jeunesse, le Système des Nations Unies à Madagascar encourage également tous les artisans du développement du pays à promouvoir tous les droits fondamentaux des jeunes, à trouver les solutions à leurs problèmes d’accès à l’éducation, à l’information, aux services de santé de qualité, à trouver des solutions adéquates pour pallier au chômage et au sous-emploi, afin de mieux répondre aux préoccupations des jeunes à Madagascar. Nous réitérons aujourd’hui encore notre engagement à soutenir la cause de la jeunesse malgache pour plus de renforcement de capacité.

Le Programme des Nations Unies pour le Développement en appui à l’Institut National de la Jeunesse poursuit ainsi son projet de consultations des jeunes et de collecte de leurs principales préoccupations afin qu’elles soient mieux considérées dans les prochaines initiatives développées en faveur des jeunes à Madagascar.

L’UNFPA, l’UNICEF, l'ONUSIDA, le BIT, le CINU considèrent également les jeunes parmi leurs principales cibles d’ interventions à Madagascar et mènent de vastes chantiers sur des questions qui les touchent au quotidien telles que l’accès aux services de santé de la reproduction, la promotion de l’emploi aux normes internationales du travail, l’incitation à une meilleure participation citoyenne des jeunes à la vie sociale et aux processus de décisions, la sensibilisation et la prévention du VIH/sida .

Mesdames et Messieurs,

Ces jeunes seront les responsables de ce pays demain et demain se prépare aujourd'hui. Donnons-leur la possibilité et l’opportunité d’apporter leur contribution au développement de leur patrie. Ecoutons-les. Considérons-les dans nos programmes et projets de développement. Soutenons-les dans leurs propres initiatives.

Mesdames et messieurs, Honorable assistance,

Vive la jeunesse malgache,

Vive la coopération internationale,

Je vous remercie de votre attention