Discours de Mme Samoura à la journée d’échanges ITBM sur les moyens de dynamiser les exportations de Madagascar

09 juil. 2013

  • Monsieur le Président de l’ITBM,
  • Mesdames et Messieurs les membres et partenaires de l’ITBM,
  • Mesdames, messieurs les représentants du secteur privé, 
  • Mesdames et Messieurs les journalistes,
  • Honorables invités,
  • Mesdames et Messieurs,

C’est avec un réel plaisir et un intérêt renouvelé que je participe à ce séminaire de réflexion  sur « les moyens de dynamiser les exportations de produits malgaches », à l’initiative de ITBM.

Je voudrais souligner l’importance de cette initiative et chaleureusement saluer ITBM et son Président, qui ont bien voulu organiser  aujourd’hui, ce  séminaire de réflexion, en rassemblant les principaux acteurs du Secteur Privé et de l’Administration.

Je me joins volontiers à vous car  la promotion du secteur prive  est d’une importance capitale pour relancer l’économie et le développement humain à  Madagascar, grâce à  une ouverture judicieuse aux innovations et aux transferts de connaissances, aux investissements prives, aux nouvelles technologies de la communication et au commerce international.

Aussi, voudrais-je partager avec vous le message du Programme des Nations Unies pour le Développement sur les enjeux de la promotion du commerce international  pour le développement et la réduction de la pauvreté à Madagascar.

Ce séminaire, rappelons le, intervient dans un contexte particulier, marqué notamment par une croissance très faible, une aggravation de la pauvreté avec comme corollaire le chômage, le sous-emploi, notamment parmi les femmes et les jeunes, l'explosion de secteur informel, la précarité de l'emploi, une baisse des investissements et des opportunités d’affaires, et un déficit structurel de la balance commerciale (plus de 1 milliard de dollars par an, représentant plus de 10 % du PIB depuis 2009).

Ces faibles performances reflètent une baisse de la compétitivité globale de l’économie dont les causes structurelles et conjoncturelles sont connues, parmi les cause immédiates on peut citer la crise politique et parmi les causes structurelles les problèmes de gouvernance, la faiblesse des investissements dans le capital humain et les infrastructures de base, la détérioration de l’environnement général du secteur prive et les limites des efforts de promotion des exportations.

Or, comme nous le savons, Madagascar doit retrouver rapidement le chemin d’une croissance forte pour la réduction de la pauvreté et la création d’emplois. La grande Ile dispose d’un énorme potentiel de développement et doit saisir les opportunités d’accroissement de ses  exportations, notamment  en Europe dans le cadre de l’accord de partenariat économique et sur les marches d’Asie.

Le Secteur Privé, dont Madagascar a tant besoin pour réaliser son énorme potentiel de développement humain et de croissance soutenue, en partie tirée par le commerce extérieur, a parfaitement pris conscience de cette nécessité, en témoigne le fait qu’il a récemment organisé un Forum sur le développement et la relance de l’économie et proposé un plan d’action.

Aussi, la  question de l’amélioration de l’environnement des affaires et de la promotion des exportations demeure-t-elle une des priorités pour tous, le secteur privé, le PNUD et les autres PTFs et le Gouvernement, dans nos efforts de relance du commerce et du développement.

L’exportation,  en tant qu’une des sources de la croissance, créatrice d’emplois et génératrice de revenus contribue à  l’amélioration des conditions de vie de la population. Aussi, pour le PNUD, la promotion du commerce international  est un outil de réalisation du développement humain durable et de réduction de la pauvreté.

Pour pouvoir jouer ce rôle, il est important que le secteur des exportations de produits Malgache puisse évoluer dans un environnement d’investissement, de partenariats et de production qui lui est favorable et renforce sa compétitivité internationale (en terme de risques, de couts et de qualité).

Ceci implique  une stabilité politique, un Etat visionnaire et stratège, une stabilité macroéconomique, une bonne gouvernance (notamment l’assainissement du climat des affaires), des investissements dans le capital humain et les infrastructures de base, une confiance en la justice et l’assurance d’une bonne exécution des contrats, la sécurité des biens et des personnes, et bien entendu des mesures spécifiques pour dynamiser les exportations et un cadre de concertation secteur public-secteur privé s’inspirant des meilleures pratiques  internationales, comme le montre l’exemple d’autres pays, notamment en Asie.

Aussi, le PNUD appuie les efforts de Madagascar pour (i) élaborer  une stratégie de relance du développement économique et social, dont le cadre institutionnel a été mis en place début Juin 2013 en dépit du contexte national très délétère, et (ii) pour décliner de cette stratégie un agenda et plan d’actions  en vue d’une croissance créatrice d’emplois dans le secteur prive, la réduction de la pauvreté et le développement humain.  

Dans ce contexte, le PNUD apporte des appuis aux Ministères du commerce, de l’économie et l’industrie pour la réalisation de l’étude d’impacts de l’accord de partenariat économique entre l’UE et Madagascar, et le renforcement des capacités institutionnelles dans la perspective de négociations commerciales internationales et du suivi de la mise en œuvre de ces accords.

Il apporte aussi des appuis au renforcement des capacités des organisations du secteur prive afin de leur permettre de promouvoir le développement et la compétitivité du secteur prive malgache, notamment sur le marche international.

Aussi,  nous  nous félicitons de l’initiative de ITBM, qui se donne pour objectifs d’appuyer les efforts de diversification des marchés et les produits à l’exportation, et d’initier des actions spécifiques pour  renforcer la compétitivité des entreprises d’exportation. 

Ces actions de ITBM et d’autres acteurs du secteur prive, si elles s’inscrivent dans une stratégie nationale de promotion des exportations, dans le cadre d’un partenariat public-prive, devraient aider Madagascar à (i) inverser la tendance de sa balance commerciale et (ii) à saisir les opportunités qu’offrent différents accords économiques.

Ceci se fera en trouvant de nouveaux débouchés aux nombreuses potentialités dont les régions de Madagascar regorgent et qui ne demandent qu’à être proposées aux pays membres des différentes Associations Régionales. Or, on constate que Madagascar, n’exploite pas suffisamment son potentiel commercial  et doit répondre aux nombreuses opportunités identifiées au niveau de l’Océan Indien et de l’Afrique Orientale et Australe.

Le sujet du jour me paraît particulièrement pertinent, car cet atelier devrait aider les parties prenantes à tracer les pistes pour une Stratégie Nationale d’Exportation et à discuter des instruments techniques, administratifs, et financiers qui permettront d’atteindre les nobles objectifs que ITBM nous rappelle.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs

Le PNUD s’est joint avec conviction à cette excellente initiative de ITBM, dénommé encore le CRCI il y a quelques temps.  Aussi, Je voudrais vous confirmer l’engagement du PNUD à  apporter son appui  à  la promotion du commerce international pour le développement, et à développer un partenariat avec ITBM par le financement des études d’opportunité et de faisabilité d’un guichet unique à l’exportation et la formation des cadres des entreprises exportatrices et des Organismes intermédiaires. Ceci, en coordination avec l’ensemble des parties prenantes.

Je reste convaincue que  Madagascar peut et doit améliorer sa compétitivité globale et accroitre significativement  ses échanges économiques et commerciaux, dans le cadre d’une nouvelle dynamique du développement économique et social.

Aussi, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je ne peux qu’encourager vos travaux de ce jour et vous souhaite plein succès dans l’identification des actions  qui permettront de réussir ce magnifique challenge du développement par l’Exportation. Les résultats de cet atelier vont par ailleurs enrichir les travaux à venir du Comite  national des experts chargé de l’élaboration de la stratégie nationale de relance du développement, dont l’un des axes stratégiques est la compétitivité du secteur privé , la croissance et le commerce international.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre attention.