Message de Fatma Samoura à la Cérémonie d’ouverture de l’atelier de restitution de l'évaluation des capacités des instances nationales en charge de la Réduction des Risques et des Catastrophes et du Changement Climatique

25 févr. 2013

  • Monsieur le Secrétaire Exécutif par intérim
  • Monsieur le Directeur des Opérations
  • Monsieur le Directeur du Suivi Evaluation
  • Messieurs les Directeurs nationaux 
  • Chers collègues du Système des Nations Unies
  • Distingués invités 

L’honneur m’échoit de m’adresser à cette auguste assemblée à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de l’atelier de restitution de l'évaluation des capacités des instances nationales en charge de la Réduction des Risques et des Catastrophes et du Changement Climatique.

Permettez-moi avant tout propos de témoigner ma profonde gratitude à vous tous ici présents pour avoir accepté de vous joindre à nous pour cet atelier dont l’objet revêt plus que jamais une importance capitale puisqu’il se tient au moment où la grande ile vient d’être frappée par le cyclone «Haruna», alors qu’elle commençait à peine à relever des conséquences du cyclone « Giovanna ».

La question de la réduction des risques et catastrophes et du changement climatique est depuis quelques années au cœur des préoccupations de Madagascar et au centre des débats politiques dans plusieurs pays du globe. Il y a une vingtaine d’années, la gestion et la prévention des catastrophes naturelles étaient laissées à la seule charge des Etats et des organisations privées, lesquels se limitaient, dans leur grande majorité, à mettre en place des actions de secours et de relèvement après le passage des catastrophes. On assiste donc depuis quelques années à l’émergence d'un véritable « monde » de la gestion des risques et des catastrophes « naturels » à l’échelle internationale. Cette dynamique se construit de plus en plus selon le principe de la continuité entre crise humanitaire, relèvement, développement humain durable et protection de l’environnement. Ce concept met donc en phase plusieurs acteurs de sorte que les différentes interventions ne soient plus considérées en silo mais en termes de complémentarité.

Mesdames, Messieurs,

Madagascar étant un des pays les plus exposé aux chocs climatiques en Afrique après les Comores, n’échappe pas à cette réalité. L’ile est régulièrement affectée par les aléas naturels au titre desquels on peut citer les cyclones, les tempêtes tropicales, les inondations, les sécheresses et les invasions acridiennes. Malgré la grande vulnérabilité naturelle de l’ile à ces différents fléaux naturels et sa longue expérience dans la gestion et la réponse aux cyclones et inondations, la politique nationale relative à la gestion des risques et des catastrophes est récente puisqu’elle date de 2003. Quant à la stratégie nationale de gestion des risques à proprement parler, elle date de 2001, mais sa mise en œuvre est récente au niveau national et pratiquement encore timide au niveau local, à l’exception des initiatives localisées menées par des ONGs. Notons que depuis cette date beaucoup de changements sont intervenus dans le domaine de la RRC comme la modification et le fonctionnement de plusieurs institutions nationales, l’adoption du cadre d’action de Hyogo en 2005, l’apparition de nouveaux risques liés aux changements climatiques et j’en passe. Par conséquent, tous ces facteurs ont motivé le déploiement d’une mission d’évaluation des capacités des instances nationales en charge de la Réduction des Risques et des Catastrophes et du Changement Climatique.

Le rendez-vous d’aujourd’hui constitue une occasion de vous restituer le contenu de l’évaluation des capacités des instances nationales en charge de la Réduction des Risques et des Catastrophes et du changement climatique menée en mai 2012 par le CADRI/BCPR. Nous allons ensemble après la restitution valider cette évaluation si elle vous convient. A l’issue de cet atelier, nous attendons également de vous une proposition du plan national de réduction des risques et des catastrophes pour Madagascar.

Messieurs, Mesdames,

Je fonde beaucoup d’espoirs sur cet atelier car grâce à vos travaux, vous allez permettre aux autorités nationales de réviser la Stratégie nationale de Réduction des Risques et des Catastrophes pour qu’elle tienne compte des nouveaux défis et surtout pour qu’elle soit conforme aux attentes telles qu’exprimés dans les 5 priorités du Cadre d’Action de Hyogo qui est la référence internationale en la matière. Grace à cette évaluation, Madagascar pourra se doter d’institutions nationales efficaces dans le domaine de la Réduction des Risques et des Catastrophes ce qui permettra d’améliorer l’orientation et la coordination des activités dans le domaine de la Réduction des Risques et des Catastrophes pour une meilleure utilisation des ressources. Ce travail va également permettre au PNUD à travers son programme « Appui au renforcement des capacités nationales en charge de la réduction des risques de catastrophes et Renforcement de la résilience des communautés à la base » à mieux définir les priorités par rapport au soutien à apporter au Bureau National de Gestion des Risques et Catastrophes pour que ce dernier puisse continuer à répondre à temps réel et d’une manière efficace et efficiente aux questions liées à la réduction des risques et des catastrophes.

Mesdames, Messieurs,

Avant de clore mon discours, permettez-moi de rendre hommage à l’équipe de CADRI qui a effectué cette évaluation pour le travail formidable qu’elle a abattu et la qualité des résultats obtenus. Je voudrais par ailleurs saluer les miracles que le BNGRC fait au quotidien avec le budget insignifiant qu’il reçoit pour la coordination des programmes et des activités touchant à la préparation, à la prévention, et au relèvement, par rapport à l’ampleur des risques auxquels le pays est confronté.

Enfin, laissez-moi rendre un vibrant hommage à l’ensemble des acteurs humanitaires travaillant sous la coupole du BNGCR et sans lesquels les conséquences de ces risques et catastrophes auraient pu être encore plus dramatiques. Je souhaite plein succès à vos travaux.

Vive la coopération internationale. Je vous remercie de votre aimable attention.