Luttons contre l’impunité des agresseurs pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles

25 nov. 2013

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Le Ministère de la Population et des Affaires Sociales en partenariat avec le Système des Nations Unies et la Plateforme nationale de lutte contre les violences basées sur le genre lance ce 25 novembre 2013 la Campagne nationale des 16 jours d’activisme pour lutter contre la violence à l’égard des femmes. Le thème de la campagne retenu cette année est : « Une promesse est une promesse : il est temps de passer à l’action pour  mettre fin à la violence à l’égard des femmes ».

La célébration officielle de la Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et le lancement des 16 jours d’activisme a eu lieu dans la commune rurale de Ranotsara dans la région d’Ihorombe en présence de la Ministre de la Population et des Affaires Sociales, Madame Olga Ramaroson. La commune de Ranotsara a été choisie en raison de la recrudescence des cas de violences perpétrées à l’encontre des femmes dans la région d’Ihorombe. Cette célébration entre dans le cadre de la contribution de Madagascar à la Décennie de la Femme Africaine et de la Campagne « UNITE : Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes ». A l’occasion de la célébration officielle, plusieurs activités de sensibilisation contre la violence à l’égard des femmes et des filles ont été menées.

« Rassemblons nos efforts pour lutter contre la perte des valeurs Malagasy et les pratiques malsaines des Us et Coutumes qui favorisent l’humiliation et la violence à l’égard des femmes », a déclaré la Ministre de la Population et des Affaires Sociales, Madame Olga Ramaroson.

La campagne des 16 jours d’activisme sera l’occasion de mener un plaidoyer fort pour accélérer la mise en place de mécanismes nationaux de prévention et de riposte aux violences basées sur le genre. Il s’agira également d’attirer l’attention des décideurs nationaux, régionaux et locaux sur la nécessité de rendre effectifs les mécanismes de prévention et de prise en charge des violences basées sur le genre à Madagascar. Lors de la campagne, plusieurs activités sont prévues dont une conférence débat sur l’impunité des agresseurs le 9 décembre et des séances de sensibilisation par des volontaires. Un théâtre radiophonique à la RNM, des publireportages, un spot radio et un spot télé seront également diffusés. Enfin, la matinale de la RTA du 2 décembre sera consacrée aux violences basées sur le genre.

La violence à l’égard des femmes et des filles demeure un fléau qui entraîne des coûts et des conséquences dévastatrices sur la vie des survivantes, pour la société et l’économie. La violence basée sur le genre constitue non seulement une violation flagrante des droits de l’homme, mais aussi une expression des inégalités sociales existantes entre les hommes et les femmes. En effet, la violence à l’égard des femmes et des filles peut avoir de graves conséquences sur leur santé ; elle restreint leurs libertés, leur champ d’action, leur productivité et sape par conséquent leur participation au développement, à la paix, la sécurité et à la réduction de la pauvreté.

« De meilleures lois doivent être élaborées et mises en application pour prévenir les violences basées sur le genre et soutenir les victimes », a déclaré Fatma Samoura, Coordonnateur résident du Système des Nations Unies. Elle a appelé les autorités policières et judiciaires à collaborer avec le gouvernement, la société civile et les partenaires internationaux pour s’attaquer aux causes profondes de la violence faite à l’égard des femmes et des filles, soutenir les victimes, et traduire les coupables en justice.

Les formes de violences basées sur le genre les plus courantes à Madagascar sont les violences conjugales, les violences sexuelles telles que le viol, le harcèlement sexuel et le proxénétisme. A Madagascar, des textes de lois condamnant ces violences ont été adoptés et des actions visant au renforcement des capacités techniques des prestataires de services de prise en charge des survivantes entreprises. En outre, des mécanismes de réponse et de prévention appuyés par le Système des Nations Unies tels que les Centres d’Ecoute et de Conseils Juridiques, les Cliniques Juridiques, le Réseau de Protection des enfants et la Plateforme nationale de lutte contre les violences basées sur le genre ont été mis en place.

En dépit des progrès réalisés, des nombreux défis restent à relever. La plupart des femmes et des filles survivantes de violences n’osent pas dénoncer les crimes commis contre elles ou chercher de l’aide. Elles   souffrent en silence et dans la honte, tandis que leurs bourreaux vivent en liberté. L’impunité demeure la norme plus que l’exception. Devant l’ampleur de ce phénomène, il est urgent d’agir dès maintenant. La Campagne nationale des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre vise à insuffler une nouvelle dynamique dans la lutte contre les violences à l’égard des femmes et des filles.