Le Crédit avec Education au service des femmes de la région d’Analamanga


LES BÉNÉFICIAIRES DU CRÉDIT AVEC ÉDUCATION

Depuis 2004, les femmes vulnérables ont un service financier qui leur est dédié à l’instar du Crédit avec Education communément appelé  le CAE. Ce service cible spécifiquement les femmes démunies  et leur permet  d’accéder au crédit tout en bénéficiant de conseils, de formations et d’un suivi rapproché.

En partenariat avec le Projet d’Appui à la Finance Inclusive  de Madagascar (PAFIM) Programme conjoint d’UNCDF et du PNUD, plusieurs Institutions de MicroFinance comme le réseau OTIV Antananarivo, le Réseau CECAM, Volamahasoa, ont pu développer le CAE  dans leur zone d’interventions.  

A retenir

  • Autonomisation des femmes vulnérables et défavorisées dans la capitale, environ 610 Association CAE pour 5200 emprunteuses
  • Amélioration des conditions de vie des ménages grâce à l’appui du CAE
  • En cinq ans, extension du produit CAE dans toute l’île au niveau d’autres institutions grâce à l’appui du Programme

 Le CAE  fonctionne comme un crédit solidaire. En effet, pour compenser l’absence de garanties matérielles, les emprunteurs se constituent en groupes de quatre à six personnes et se portent « caution solidaire » : si l’un des membres du groupe ne rembourse pas son crédit, les autres devront rembourser à sa place. Ce système de caution solidaire permet aux femmes les plus vulnérables d’accéder à des services financiers .Le CAE sert à financer des activités à cycle court et génératrices de revenus (collecte des produits locaux, stockage et revente de riz ou d’arachide, petit élevage, culture de légumes, gargotes ou petites épiceries…). Chaque cycle de crédit dure de 4 à 6 mois et les montants évoluent  à chaque cycle. Le prêt initial est d’environ 50 000 Ariary (60 USD) et pourra augmenter de moitié à chaque nouvel emprunt si les besoins l’exigent. Il est demandé aux emprunteuses de mettre de côté une petite épargne, aux environs de 500 à 1000 Ariary (0,25 à 0,50 USD) par semaine, mais certaines arrivent toutefois à épargner jusqu’à  10 000 Ariary par semaine (5 USD environ). Cette épargne permet de constituer une réserve d’argent en cas de besoin. Les remboursements se font en commun, lors des réunions hebdomadaires encadrées une animatrice.   Ce suivi et cet encadrement rapproché permettent aux femmes d’acquérir l’habitude des remboursements et de comprendre l’utilité de l’épargne, bref d’avoir une culture d’épargne et de crédit. C’est la première fois que ces femmes accèdent à un crédit.

L’originalité de ce crédit réside dans les formations et les séances d’éducation qui accompagnent les remboursements hebdomadaires. Ces séances sont conçues pour répondre à trois objectifs : améliorer la santé, améliorer l’entreprise et développer la confiance en soi. L’amélioration de la santé passe par l’éducation sur la vaccination des enfants, le planning familial, les maladies très répandues (diarrhées, paludisme, SIDA, etc…), l’allaitement maternel, l’alimentation du nourrisson et de l’enfant… Ces séances « savoir pour sauver » sont alternées par des formations qui concernent la vie de l’entreprise et la gestion économique de l’activité comme, la gestion simplifiée, les outils d’études de marché pour maximiser les profits… C’est tout au long du cycle de crédit et c’est par le développement d’activités qui rémunèrent leurs efforts que les femmes développent la confiance en soi.

Des bénéficiaires témoignent : « Je remercie Dieu tous les jours des changements qu’il apporte dans ma vie malgré la conjoncture difficile que traverse notre pays, et je peux affirmer grâce au CAE, ma famille se trouve à l’abri des difficultés que subissent d’autres ménages». Mme Helene RAVAOARIMANGA issue des caisses CAE de OTIV Antananarivo,  est une de ces femmes qui représentent le parcours idéal de celles qui veulent sortir de la pauvreté par l’obtention d’un financement par le biais d’une Institution de Microfinance,  pour lancer une activité génératrice de revenu. Elle a pu tirer avantage des formations sur la gestion de l’entreprise et a ainsi pu trouver une nouvelle opportunité en développant son activité de commerce de vêtements usagés. Elle n’est pas un cas isolé, en milieu urbain et suburbain, zones les plus touchées par la crise à Madagascar. Nombreuse sont les femmes qui s’adonnent à toute sorte de petits métiers comme la gestion d’une gargote, la couture, et les petits commerces grâce au CAE.  D’autres femmes précisent : « Le crédit solidaire fonctionne très bien, il nous permet d’être autonome et de nous entraider entre nous ».  Les débuts ont été difficiles. Les femmes étaient méfiantes. Il y avait beaucoup d’hésitations mais dès que la première association de crédit a obtenu son premier prêt, de nouveaux groupes de solidarité se sont immédiatement créés.

Face à la difficulté d’accès aux prêts des banques primaires, le CAE constitue une alternative simple, efficace et pérenne pour les femmes défavorisées, de lancer et de financer leurs activités afin d’assurer leur autonomisation et ainsi améliorer les conditions  de vie de leur famille. Etant donné son succès, avec l’appui du PNUD, ce service financier  a été reproduit dans les autres Institutions de Microfinance dans toute l’ile (Réseau CECAM, Volamahasoa, FIVOY,….). 13 323 femmes sont actuellement membres de 1 138 Associations CAE dans toute l’île, avec un encours d’Epargne globale de 600 000 USD et un encours de crédit d’environ 1 000 000 USD et chacune de ces femmes gère une activité génératrice de revenu qui contribue à l’amélioration des conditions de vie de leur famille.