Le cyclone tropical intense Giovanna frappe la Grande Ile


PASSAGE DU CYCLONE GIOVANNA A MADAGASCAR

En état d’alerte depuis le weekend dernier, Madagascar a été touché de plein fouet aux premières heures de la journée du 14 février par un cyclone tropical intense baptisé « Giovanna » qui l’a traversé d’est en ouest faisant au moins une victime et des dégâts matériels importants. Les services météorologiques avaient évalué son intensité à 3 sur une échelle allant de 1 à 5.

A 1 heure du matin heure locale (22 h GMT), ce mardi 14 février, « Giovanna » est entré par la côte est, plus précisément par le village d’Andevoranto, dans le district de Brickaville. Des rafales de vents dont la vitesse avoisinait les 70 km/heure ont accompagné « Giovanna » tout le long de son parcours. Une photo satellitaire prise à 2h45 du matin montrait l'Ile dissimulée une couche nuageuse provoquée par « Giovanna ». Dans la quasi-totalité des villages malgaches traversés par le cyclone, la force des vents et les pluies diluviennes ont provoqué la chute des poteaux électriques et l’interruption des services d’approvisionnement en eau et électricité.

Le réseau de téléphonie mobile, qui couvre l’ensemble du territoire, n’a pas été épargné. Par anticipation, les autorités avaient annoncé lundi dans la soirée la fermeture de tous les établissements publics et privés. Très rapidement « Giovanna » s’est déplacé vers l’ouest et le sud-ouest laissant derrière lui des centaines de sans abris et d’importants dégâts matériels.

Au niveau de la capitale Antananarivo, les premiers impacts du cyclone se sont fait sentir à partir de 2 heures du matin : coupures d’eau et d’électricité dues à la vétusté du système d’adduction et à la chute de poteaux. Sous la force des vents plusieurs dizaines d’habitations ont perdu leur toiture, des milliers d’arbres ont été déracinés, les panneaux publicitaires sont tombés sur la chaussée.

A certains endroits comme Sabotsy Namehana, la montée des eaux a atteint des niveaux alarmants, et la circulation a été interrompue sur plusieurs axes. Les habitants des bas quartiers ont été les principales victimes de « Giovanna », leurs habitats précaires a été inondés dès les premières pluies. Le dernier souvenir d’un cyclone de la même intensité remonte à 1994. Il s’appelait « Geralda ». Les habitants de la capitale Antananarivo se souviennent encore des journées d’apocalypse…

A Brickaville, dans la province de Tamatave, on déplore une première victime, un père de famille. Dans la nuit de lundi à mardi, un cocotier est tombé sur le toit de sa maison le tuant sur le coup. A Vatomandry et à Mahanoro, les télécommunications sont coupées ne permettant pas la remontée des informations sur la situation sur place. Sept maisons sur dix ont été ravagées par le cyclone dans trois villages visités par une équipe d’évaluation du système des Nations unies.

En milieu de journée, ce mardi, la pluie et le vent semblaient en passe de se calmer, après une longue nuit de rafales. « Giovanna » a quelque peu perdu de son intensité en se dirigeant vers le Canal du Mozambique. Le Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes, les services météorologiques, OCHA, le PNUD et quelques autres organismes humanitaires prônaient toutefois la vigilance.