Les Vendredis de la protection civile : jouer pour se préparer aux urgences

20 août 2013

image 600 élèves du Lycée au Lycée Anténor Firmin de Port-de-Prince en plein exercices de simulation.

 « Au début, j’avais quelques doutes sur l’intérêt de ma présence ici. Surtout quand les responsables ont annoncé que nous allions jouer. À la fin de la demi-journée d’activité, je n’ai plus eu envie de partir », a avoué Saint-Surin Christmarque, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui, jadis, vivait dans un camp. Il venait de participer, avec une centaine d’enfants, d’hommes et de femmes de tous âges à une session des Vendredis de la protection civile, au Centre d’opérations d’urgence communal de la Croix-des-Bouquets.

Réalisée dans la commune de la Croix-des-Bouquets le 26 juillet dernier, ce programme ludique vise la prévention de catastrophes, la sensibilisation et la préparation aux désastres.

Mis en œuvre généralement dans des établissements scolaires depuis le mois de mai 2013, cette édition s’est adressée directement à la communauté et des membres d’organisations de base. En visant ce nouveau public, le Comité thématique d'éducation et de sensibilisation du public (CTESP) a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie d’aider la population à faire face aux risques et aux désastres. Le public a en effet été constitué de personnes grandement exposées aux impacts dévastateurs des aléas naturels.

Cette initiative a mobilisé des dizaines de volontaires de la protection civile, de la Croix-Rouge et des scouts d’Haïti, mais aussi des sapeurs-pompiers pour enseigner aux participants de nouvelles techniques sur la prévention de catastrophes pour se préparer aux urgences. Les participants se sont entraînés à la technique de nœuds, la lutte contre les incendies grâce à des seaux d’eau ou l’utilisation d’extincteurs. Ils ont aussi simulé le transport des blessés sur une couverture de laine. Les exercices se sont terminés par un  jeu de prévention communément appelé Tè Malè (Terre à risques), qui consiste à sensibiliser les enfants (13 à 18 ans) aux désastres. Aussi apprennent-ils également à constituer un kit d’urgence et placer un appel d’urgence selon des critères appropriés.

« Je suis venu ici et j’ai appris de nouvelles choses très intéressantes », a témoigné le jeune Christmarque, cet ancien déplacé. Lorsqu’il a répondu à l’invitation du Comité communal de la Croix-des-Bouquets et d’Oxfam GB, il s’attendait pourtant, comme la majorité des participants, à une activité de distribution d’aide.

« De la nourriture nous aurait bien aidé, mais ce que nous avons appris aujourd’hui, nous sera également utile un jour », a laissé comprendre une voisine, mère de famille accompagnée de sa fille.

Les Vendredis de la protection civile deviennent peu à peu une vraie école de bonnes pratiques.  Déjà le 10 mai dernier, au moins 700 élèves du Lycée Tertulien Guilbaud de Port-de-Paix avaient participé à une session, en clôture de la semaine de commémoration du 171e anniversaire du tremblement de terre du 7 mai 1842.

Une semaine auparavant, une première session avait permis de sensibiliser 600 lycéens au Lycée Anténor Firmin à Port-au-Prince.

Avec l’appui du PNUD et d’autres partenaires, la caravane de sensibilisation et de préparation aux urgences du CTESP va continuer de progresser et multiplier les étapes à travers le pays, pour enseigner à la population de bonnes pratiques à développer.

La gestion des risques de désastres est un axe prioritaire du PNUD en Haïti. Il repose sur des activités de mitigation des risques mais aussi sur le renforcement du Système national de gestion de risques de désastres. Le PNUD accompagne le Gouvernement haïtien à travers la Direction de la Protection civile (DPC) afin de sortir des scénarios d’urgence et mettre en place des projets à long terme qui permettent au pays de se relever et avancer vers le développement durable.