Monaco préoccupé par les Haïtiens déplacés dans les camps

22 févr. 2013

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En visite en Haïti les 14 et 15 février derniers, le Prince Albert II de Monaco a tenu à s’entretenir sur la situation des personnes déplacées dans les camps lors d’une table ronde avec les chefs d’agences des Nations Unies. Préoccupé, S.A.S. le Prince Albert a encouragé les progrès accomplis jusqu’ici et témoigné de sa solidarité pour l’avenir.

Autour de la table ce vendredi 15 février, une douzaine de chefs d’agences des Nations Unies font le point. En effet, les dégâts provoqués par le séisme du 12 janvier 2010 sur le secteur du logement ont forcé des milliers de familles à rejoindre des camps de fortune. Si les défis demeurent énormes - près de 347 000 personnes vivaient encore dans 450 camps à la fin décembre 2012 contre 1,5 million en janvier 2010 – des progrès importants ont été réalisés. La situation actuelle illustre une nouvelle fois la nécessité de fédérer toutes les initiatives sous le contrôle de l’Etat Haïtien pour renforcer le secteur de la reconstruction.

Parmi les chefs de missions autour de la table, Grégoire Goodstein, représentant officiel de l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM) en Haïti, résume la situation au Prince : « les personnes vivant dans les camps ne sont pas seulement des victimes du séisme de 2010 mais également des Haïtiens provenant de zones rurales touchées par la sécheresse ou les cyclones. Par ailleurs, la question du relogement concerne beaucoup d’autres paramètres comme celui de la reconstruction selon des normes parasismiques rendues accessibles ou encore le paramètre du coût des loyers. »

Albert II de Monaco est également intéressé de connaître les mesures prises pour permettre le relogement des déplacés. « Une des mesures mises en place consiste à accorder des subventions aux loyers. L’OIM en a distribué 23 000 en 2012 et projette de passer à  36 000 pour 2013 », clarifie G.Goodstein pour le Prince.

« Répondre au défi de la reconstruction exige de multiplier les initiatives. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), auprès notamment du Ministère des travaux publics, transports et communications, appuie par exemple plus de 50 000 personnes – essentiellement des femmes –  dans le processus d’autoréparation grâce à l’accès à la formation et aux matériaux de bonne qualité dans le projet baptisé CARMEN[i]. », précise Sophie De Caen, Coordinatrice résidente et humanitaire de l’ONU a.i. en Haïti et Directrice principale du PNUD Haïti. Elle insiste enfin sur le fait que les questions du relogement et de la reconstruction font partie d’un ensemble de défis auxquels Haïti doit faire face au jour le jour. Parmi ceux-ci,  les défis liés au renforcement du processus électoral, à la réforme de l’Etat, à la lutte contre le SIDA ou à la protection de l’environnement, autant de domaines d’intervention qui font partie des priorités du PNUD.

L’intervention du PNUD dans les camps se focalise sur la réhabilitation et l’amélioration des conditions de vie dans les quartiers d’origine comme c’est le cas par exemple à travers le projet 16 quartiers / 6 camps. L’approche retenue est une approche de droits.  Ces droits s’illustrent autour de deux processus mis en œuvre dans ce projet, d’abord le droit des familles de choisir où aller en sortant des camps  (compte tenu de l’importance des liens économiques et sociaux, les familles sont encouragées à retourner dans leur quartier d’origine, mais sans obligation aucune), ensuite l’assurance que les plus défavorisés (les locataires qui représentent 97%) ne soient pas lésés par rapport aux propriétaires dont la maison s’est écroulée. En parallèle, l’ensemble des décisions prises dans les quartiers est pris sur une base fondamentalement participative grâce au mécanisme des plateformes communautaires.

Aujourd’hui, plus de 6 500 maisons ont été évaluées par les ingénieurs du projet CARMEN, et 1 000 subventions ont été fournies pour aider à la réparation des maisons. Dans le cadre du projet 16 quartiers / 6 camps, sur les 9 712 familles vivant dans les camps qui sont retournées dans les quartiers du projet, 78 % sont retournées dans leurs quartiers d’origine et 40 % sont retournées dans le même logement ; 77 % ont reçu un appui pour quitter les camps et plus de 1 000 emplois ont été créés.

[i] CARMEN pour Centre d'appui pour le renforcement de maisons endommagées.