Haïti et la République dominicaine créent une frontière verte

01 juin 2012

image Frontière Haïti et la République dominicaine. (Photo: NASA/Goddard Space Flight Center Scientific Visualization Studio )

Le mois dernier, Haïti et la République dominicaine ont démarré un projet conjoint pour augmenter le couvert végétal et améliorer les conditions de vie des populations des deux côtés de la frontière.

Ces deux voisins, qui se partagent l’île Hispaniola, ont lancé un projet sur quatre ans, la Frontière Verte (Frontera Verde, en espagnol), afin de réduire les niveaux élevés des risques de catastrophes naturelles pour les habitants vivant tout au long de la frontière qui traverse plusieurs rivières et bassins versants.

Des siècles de déforestation par la main de l’homme ont réduit le couvert forestier à environ 2 % en Haïti et 21 % en République dominicaine. En Haïti, les habitats sauvages ont été détruits ou sévèrement endommagés, avec la dégradation ou l’altération de 25 ou 30 bassins versants.  

«  Aujourd’hui, nous sommes heureux de travailler main dans la main avec les dominicains sur la gestion durable des ressources naturelles et du développement économique, en créant des possibilités de lutter contre la pauvreté, » a déclaré Jean-Marie Claude Germain, le ministre de l’Environnement de Haïti. 

Les deux gouvernements mettront en œuvre ce projet de 3,5 millions de dollars, principalement financé par  l'Agence norvégienne de coopération pour le développement, en coordination avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et le Programme Alimentaire Mondial (PAM).  

Le projet va restaurer des zones situées dans des bassins versants partagés, tels que la rivière du Massacre, qui fait partie d’une frontière naturelle entre Haïti et la République dominicaine où vivent environ 134.000 habitants du côté haïtien et 9.000 du côté de la République dominicaine. 

Dans ces zones, le PNUD et ses partenaires vont assurer la formation des autorités locales et des organisations d'agriculteurs afin qu’ils puissent gérer leurs ressources naturelles de manière plus durable, y compris, par exemple, en rénovant les systèmes d’irrigation et en améliorant l’assainissement pour les foyers ruraux. 

«  Après le tremblement de terre, nous avons décidé de prioriser notre engagement envers Haïti. Les questions environnementales, la réduction des risques de catastrophe et l’augmentation des possibilités d’emploi à travers le pays sont des points cruciaux pour le développement en Haïti et en République dominicaine, »  a déclaré Ingrid Fiskaa, ministre des Affaires Étrangères de Norvège.

« Nous espérons que la coopération existante dans le domaine de l’environnement puisse servir d'exemple, pour aborder des questions de passage de frontière comme le tourisme, la culture, l'éducation et l'agriculture, » a déclaré Jessica Faieta, directrice pays senior du PNUD en Haïti.