Haïti : à l'approche de la tempête tropicale Emily, l’ONU en alerte

04 août 2011

image Les dégâts au lendemain du tremblement de terre qui a ravagé Haïti en janvier 2010

Plus de 10.000 casques bleus de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) sont en état d'alerte et prêts à intervenir alors que le Centre national de météorologie (CNM) et la Direction de la protection civile (DPC) d'Haïti ont lancé mardi 2 août l'alerte cyclonique rouge sur l'ensemble du territoire à l'approche de la tempête tropicale Emily.

Selon les dernières prévisions météorologiques, Emily devrait toucher les côtes de la République dominicaine aux alentours du 4 août. Les Départements du Sud, Sud-Est, Grand'Anse, des Nippes, Ouest, Centre, Artibonite et les régions nord du pays sont les plus exposés.

En anticipation de la saison cyclonique, la MINUSTAH a entrepris de nombreuses actions visant à réduire la vulnérabilité des communautés et à renforcer la capacité de réponse des différents acteurs impliqués en cas de catastrophe, notamment en réhabilitant des tronçons de route endommagés pour permettre d'accéder aux zones inondables et faciliter le passage des convois humanitaires.

Une équipe des Nations Unies est représentée au Centre d'opération d'urgence national (COUN) – un centre créé en lien avec le PNUD - en appui aux autorités haïtiennes, afin d'assurer une liaison, un partage d'informations, et une coordination maximale des efforts de soutien de la communauté humanitaire et de la MINUSTAH.

Du côté des acteurs humanitaires, l'action est coordonnée par le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), qui a activé le Centre conjoint des opérations d'urgence mardi en apprenant la formation de la tempête tropicale. Le pré-positionnement de stocks (produits alimentaires, kits médicaux, kits choléra, tentes et bâches) a été effectué dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince et dans les départements du pays en préparation à la saison cyclonique. Des abris sont également en stock dans le pays et des sites d'évacuation ont été identifiés dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

En juin dernier, à l’occasion du lancement de la campagne nationale de sensibilisation et de mobilisation à la veille de la saison cyclonique, le président Michel Martelly avait souligné l'importance d'avoir un centre d'opérations d'urgence opérationnel et bien équipé pour réagir le plus rapidement aux aléas météorologiques, pour pouvoir communiquer avec les populations les plus vulnérables.

Nigel Fisher, le coordonateur résident du système des Nations Unies et le représentant résident du PNUD, était également présent et avait mentionné l'importance de l’étroite collaboration entre la communauté internationale et le gouvernement. Au cours de cet échange, il avait fait état du financement des projets de préparation à la saison cyclonique.

"Nous sommes actuellement à cours de 13 millions de dollars pour pouvoir tenir nos promesses dans le domaine de la gestion des risques de désastres en Haïti. Par rapport à 2010, nous sommes mieux préparés à faire face à la saison cyclonique mais nous ne sommes pas encore tout à fait prêts. Il reste un certain nombre d'activités à terminer telles que des travaux de mitigation au niveau des zones les plus vulnérables face aux intempéries, l'identification d'un plus grand nombre d'abris communautaires et la mise en place d'un système d'évacuation et de protection au niveau des camps de déplacés."

En attendant l’arrivée de la tempête Emily, toutes les troupes de la MINUSTAH, soit quelque 8.500 casques bleus et quelque 3.000 éléments de la composante de la Police de l'ONU (UNPol) sont en alerte et prêts à assister les populations et soutenir les travailleurs humanitaires et les autorités dans leurs efforts. Des pré-déploiements de contingents ont eu lieu dans certaines zones considérées les plus à risque. Des compagnies ont notamment été préventivement déployées aux Gonaïves et aux Cayes, et sont en attente à Port-au-Prince.

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