Un nouveau foyer, une nouvelle vie


Glory Joseph devant sa maison réparée dans le quartier de Morne Hercule.

Enfin un brin de lumière dans les yeux de Glory Joseph, enfin une lueur d’espoir et un sourire qui n’a pas besoin de mots pour être révélé.

« Après 24 mois, je suis finalement rentrée chez moi, dans mon quartier, parmi mes voisins, ma communauté. Et je suis sur le point de commencer une nouvelle phase dans ma vie ». Ce sont les propos de Glory sur le porche de son nouveau foyer.

Vingt-quatre mois dans un camp, sous les tentes, sous la chaleur écrasante, dans des conditions de vie précaires et dans l’étroite proximité avec les autres familles qui se sont retrouvées d’un jour à l’autre sans un chez-soi. A l’instar de plusieurs dizaines de milliers d’Haïtiens, Glory Joseph, une femme de 38 ans s’est retrouvée à la rue le 12 janvier 2010. Elle habitait chez sa mère dans le quartier de Morne Hercule, avec son mari et ses deux enfants aujourd’hui âgés de 11 et 5 ans. Ils ont tous survécu à cette catastrophe mais la maison a cédé et s’est effondrée. « J’ai perdu connaissance en tombant lors du séisme. J’ai cru que je n’allais plus jamais revoir mes enfants et ma mère. Ils étaient à la maison mais ils ont été retrouvés vivants sous les décombres ». Le traumatisme que Glory a vécu lui a laissé des souvenirs lourds et indélébiles, mais l’a surtout rendue plus forte.

Le projet 16/6 en quelques chiffres

  • 27 camps fermés, soit les 6 camps prioritaires et 21 petits camps dans les 8 quartiers financés
  • Plus de 5000 familles ont trouvé une solution de logement durable et viable grâce à l'appui des services de protection communautaire
  • 255 maisons jaunes réparées
  • 8 plateformes communautaires mises en place
  • Plus de 1 000 emplois créés
  • 800 micro-entreprises créées
  • La route reliant Delmas 64 à l’église St-Jean Bosco (Morne Hercule) en cours de réhabilitation et à un niveau d’achèvement de 85%;

Son nouveau foyer improvisé se trouvait sur la Place St-Pierre. Une bicoque construite à partir de bâches et de matériaux trouvés ici et là. Un semblant de vie sous un toit éphémère en plein place publique.

« La vie dans un camp est une vie dépravée de tout, d’intimité, de sécurité, de liberté. Durant ces 2 ans, j’ai visité mon quartier à plusieurs reprises dans l’espoir d’y retourner mais il était dans un mauvais état. Il était difficile d’y accéder, les rues étaient remplies de débris et les services de base n’étaient plus fonctionnels. L’arrivée du projet 16/6 était un soulagement ».

Aujourd’hui, la maison familiale de deux pièces a été réhabilitée, petit à petit le quartier reprend vie et des couleurs.

Lors du recensement effectué par le 16/6 sur la place St-Pierre, Glory a été identifiée comme bénéficiaire pour être accompagnée dans la réparation de sa maison. Elle a également été sélectionnée pour animer certaines activités du projet telles que la sensibilisation dans sa communauté à travers les spectacles de rue de la troupe « Haïti en Scène » en août et en septembre 2012.

« Le projet 16/6 nous aide non seulement à nous sentir bien chez nous mais aussi bien dans notre entourage. Des travaux sont en train de se faire en parallèle, tels que la réhabilitation de routes, l'éclairage, l'accès à l’eau potable, la réparation et la reconstruction des maisons rouges. Tout ceci pour améliorer les conditions de vie des familles ».

Glory assume la plus grande partie des dépenses familiales, à savoir la scolarité des enfants, la nourriture, l’eau et l’électricité. Depuis deux ans, elle est éducatrice pour jeunes enfants à l'école communale de Pétion-Ville et gagne 6 000 gourdes par mois (150 dollars américains). Elle espère que sa communauté puisse se développer grâce au projet et s’éloigner de l’image de bidonville qui caractérise plusieurs quartiers de la capitale haïtienne.

Le projet 16 quartiers/6 camps est un projet initié en septembre 2011 par le gouvernement haïtien et appuyé par 4 agences onusiennes dont le PNUD. Ce projet vise à faciliter la réhabilitation de seize quartiers à travers la reconstruction améliorée des logements et des infrastructures de base, l’accès aux services de base priorisés par la communauté et la création d’opportunités génératrices de revenu. En même temps, le projet vise à faciliter le retour aux personnes déplacées vivant dans six camps qui accueillent actuellement environ 5 000 ménages provenant principalement de ces seize quartiers, répartis sur les communes de Port-au-Prince, Delmas et Pétion-ville.

Le PNUD est chargé de la planification et des plateformes communautaires (avec l’appui technique d’ONU-Habitat), des décisions stratégiques sur les investissements publics, les activités génératrices de revenus et les analyses et cartographie des risques.