La rivière de Port-à-Piment, source de vie et menace continue

« Quand il pleut, tout le monde, les enfants, les vieux, les mères de famille, toute la communauté se précipitait pour remonter sur les hauteurs en laissant derrière eux leurs maison et leurs propriétés. A chaque fois qu'on rentrait, c’était la désolation », explique Jean-Marie Antenor, père de famille et résident à Port-à-Piment. « Le nouveau mur de gabions nous protège maintenant des futurs débordements et on espère que nous serons à l' abri. »

 

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l'association "Groupe d’Initiatives pour un Port-à-Piment Nouveau" (GIPPN) ont inauguré la semaine dernière un mur de Protection en gabions sur 250 mètres linéaires construit le long de la rivière de Port-à-Piment, de la zone de Grand Passe en direction de la zone "Anba Larivyè". Cette rivière longe la ville de Port-à-Piment et l'expose aux risques d'inondations durant les périodes de crue  et de fortes pluies.

 

« Nous sommes très fiers d'avoir terminé les travaux avant le début de la saison cyclonique, malgré le retard que nous avions pris dans la construction interrompue à plusieurs reprises à cause des pluies et des inondations », a affirmé Yvette Marsan, coordonatrice de GIPPN. Ce mur va permettre de protéger près de 14 000 personnes qui vont désormais dormir en paix.  Il reste malgré tout encore du travail à faire en aval du dernier ouvrage pour protéger intégralement Port à Piment contre les risques d’inondations.

 

Ce nouveau mur vient s'ajouter aux 200 mètres linéaires qui ont été construits en amont entre 2009 et 2010. Le PNUD a investi près de 300 000 dollars américains pour la réalisation des ces 450 mètres linéaires de protection des berges de la rivière de Grand Passe. Mais il reste 450 mètres linéaires supplémentaires à construire pour que la rivière retrouve son lit naturel sous le pont et protège la zone d'Anba Larivyè.

 

« Nous sommes heureux de voir que la collaboration entre le PNUD et l'association GIPPN ait porté ses fruits. A travers les efforts de mobilisation communautaire et une approche participative, nous avons terminé cette partie du projet en sachant que derrière, les associations locales pourront continuer le travail », a affirmé Kamina Ntenda, spécialiste du PNUD en relèvement immédiat. « C’est ça l'essentiel de notre travail en Haïti, un échange de connaissances et d'expertises, des concertations et des formations et à l'issue de la réalisation de projets pilotes, laisser la chandelle aux communautés et aux autorités locales. »

 

Ce projet a permis de récupérer et de revaloriser les terres cultivables qui se trouvent au pied de la rivière et de créer près de 250 emplois temporaires contribuant ainsi à l'amélioration des revenus des ménages et à l'amélioration de la sécurité alimentaire.

 

« Quand on arrive sur un site, l'idée est de former et d'utiliser la main d'œuvre du voisinage pour qu'ils en profitent, acquièrent de nouvelles compétences et construisent par eux-mêmes leurs villes, leurs quartiers, leurs voisinages », a expliqué Henri Morand, Chef de l'Unité de Relèvement, moyens de subsistance et réduction de la pauvreté du PNUD.

 

Outre l'importance de ce projet dans la protection de la ville et de ses habitants, il permet également de protéger le système d'irrigation de Grand Passe qui a été lourdement affecté par les nombreux passages des cyclones et des intempéries depuis 2008.

 

Le système d'eau potable de Port à Piment a d'ailleurs été lui aussi inauguré suite au financement du projet de "Réhabilitation du Réseau d’Eau Potable de Port à Piment". Le projet a été aussi financé par le PNUD à hauteur de 97 000 dollars américains et mis en œuvre par l'association " Konbit Pou Potapiman " (KPP) entre la fin de 2010 et la première moitié de 2011.

 

« Suite aux dégâts causés au système d'irrigation, les gens se sont mis à utiliser les eaux des rivières et de certaines sources qui émergent dans des endroits lointains pour s’approvisionner. Ceci les oblige à marcher sur plusieurs kilomètres et surtout à utiliser de l'eau dont la qualité laisse à désirer », a affirmé Madame Edeline Orcel, Secrétaireet coordonatrice des projets de KPP.« La réhabilitation du réseau hydraulique permet à des milliers de personnes d'avoir accès à l'eau potable et elle permet surtout de réduire le taux de mortalité infantile et de maladies d’origine hydrique comme la malaria, la diarrhée, ou la typhoïde. »

 

Les deux projets récemment restitués aux Portapimentais ont été inaugurés en présence de l’Agronome Lionel Valbrun, Directeur Général du Ministère de l'Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), de l’Agronome Joseph St-Phard, Directeur Départemental Sud du Ministère de la Planification et de la Coordination Externe, ainsi qu’en présence de Monsieur Dieuseul Germeil, Maire adjoint de Port-à-Piment. Ces projets entrent dans le cadre du programme de Relèvement et Moyens de subsistance du PNUD dans le département du Sud oùles bassins versants et les infrastructures socio-économiques ont été sévèrement endommagés par les catastrophes naturelles en 2008 et 2010.