Une route réhabilitée à Tabarre transforme la vie de ses résidents


Je suis très heureuse que la route soit accessible à nouveau. On a beaucoup de difficultés quand il pleut, on ne peut plus sortir de chez nous, ni recevoir des gens. De moins en moins de personnes fréquentent notre commerce à cause du mauvais état de la route et des flaques d'eau qui empêchent toute circulation », explique Djafna Desir, résidente du quartier.

 

Djafna habite au centre de la route de Tabarre 15, à côté de l'épicerie familiale avec ses parents, frères et sœurs et cousins. Ils sont dix et dépendent tous de ce seul commerce. A l'image de Djafna, ce sont plus de 15 000 résidents de la zone qui vont bénéficier de la réhabilitation de la route qui représente un véritable moteur social et économique pour le quartier.

 

« La route était constamment parsemée de déchets solides et des décombres de maisons détruites suite au séisme du 12 janvier 2010. La situation s’est empirée avec l'arrivée des déplacés qui sont venus s'y réfugier, ce qui a considérablement augmenté l’insalubrité dans ces zones, explique François Michelet Jean, chef de projet de l'Organisation pour le bien-être des enfants démunis et pour le développement communautaire (OBEDDC). « Les déchets non collectés dévalent les rues au moment de fortes précipitations. La circulation des piétons est quasiment impossible en période pluvieuse et les enfants ont du mal pour aller à l’école en raison des eaux stagnantes sur la route. L’impraticabilité des ces voies de pénétration demeurent une contrainte majeure bloquant les activités économiques et sociales des résidents de ces zones ».

 

Après trois mois de travaux de réhabilitationde route en terre battue et d'assainissement, 2,5 km ont été réhabilités, 1,7 km de caniveaux construits, 2,5 kms de fossés de drainage curés, 5 cassis construits et 2 ponceaux renforcés. Les travaux ont été effectués par des travailleurs employés selon les schémas àhaute intensité de main d'œuvre (HIMO), ce qui a permis d'employer 171 résidents du voisinage et leur fournir ainsi une ressource financière. Le projet a été financé par le Programme des Nations Unis pour le développement à hauteur de 150 000 dollars à travers des fonds de l'Union Européenne et mis en œuvre par l'OBEDDC.

 

Outre que faciliter la vie des habitants de la zone, la Tabarre 15 est utile pour l'ensemble de la population. Elle relie la route nationale 1 à la hauteur de Croix-des-missions et le carrefour Clercine à Tabarre où il y a souvent des embouteillages. Cette route est désormais une alternative qui décongestionne le trafic. Mais il est essentiel de s'assurer de la pérennité du projet à plus long terme.

 

« Il est très important de s'assurer du suivi du projet, sinon les derniers travaux n’auront servi à rien. Si des travaux de maintenance et d'entretien ne sont pas régulièrement effectués, cette route va rapidement se détériorer à nouveau. Il faut s’organiser en communauté, se relayer pour protéger cette route en adoquin ou en béton, » affirme Ludner Remarais, Directeur Départemental de l'Ouest du Ministère de l'environnement et membre du comité départemental de validation des projets.

 

En effet, une structure de gestion permanente de la route a été mise en place par le projet et elle est constituée des membres de la communauté du voisinage. Ce comité de quartiers est en charge de mettre en place des activités d'entretien en faisant des rotations des membres du quartier.

 

L'inauguration de la route a eu lieu ce jeudi 25 août avec des représentants du gouvernement haïtien et des différents partenaires impliqués dans le projet.

 

« Les travaux ont été réalisés avec et pour la communauté grâce aux efforts conjugués de tous les partenaires : les travailleurs du quartier, les responsables du quartier, la mairie, le personnel technique de l'OBDECC et le PNUD. Ce projet est la preuve que les motivations des travailleurs associées aux compétences techniques d’un opérateur peuvent donner des résultats visibles, durables et contribuent à la reconstruction d’Haïti » conclut Marc-André Franche, directeur adjoint du PNUD en Haïti. 

 

Le programme HIMO conjoint du PNUD, PAM et du Gouvernement haïtien mis en place suite au tremblement de terre du 12 janvier 2010 a pour objectif de permettre aux populations sinistrées et déplacées de trouver un revenu de subsistance au travers de travaux de haute intensité en main d’œuvre. De janvier 2010 à ce jour, 140 projets ont été réalisés dans plus de 40 communes et ont permis de créer près de 160 000 emplois à court terme.