• Après 2015 : négliger les risques de catastrophes n'est pas une option

    13 mars 2013

    Les risques de catastrophes tels que le séisme de 2010 en Haïti devraient être pris en considération lorsque les objectifs de développement sont créés et mis en œuvre. (Photo: PNUD en Haïti)

    Cette semaine, à Helsinki, la communauté internationale continue de débattre de ce qui va remplacer les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) après la date butoir de 2015. Alors que nous nous tournons vers l’avenir, une chose est sûre : nous ne pouvons plus nous permettre d’ignorer les risques de catastrophe ou les liens entre catastrophes et développement.

    Les catastrophes font reculer les gains du développement. Cela paraît évident lorsqu’un ouragan emporte une école. Mais les décisions relatives au développement peuvent, elles, influer sur les catastrophes, par exemple lorsqu’on bâtit des habitations qui ne sont pas aux normes antisismiques. Parfois, la relation est plus difficile à saisir : même si elle résiste aux séismes, une grand-route ne vaut rien si elle encourage les populations pauvres à s’installer dans une plaine inondable.

    Le nouveau cadre de développement doit intégrer les catastrophes, car ce sont les populations pauvres et marginalisées qui sont les plus vulnérables face à celles-ci. Les inondations de 2010 au Pakistan et le séisme en Haïti ou l’inondation de 2011 en Thaïlande en sont des exemples récents : les pauvres se voient privés de leurs récoltes, de leurs maisons, de leurs écoles et de leurs cliniques, et la lutte pour échapper à la pauvreté connaît des revers, parfois pour des dizaines d’années.

    Le coût des catastrophes au plan mondial a dépassé 380 milliards de dollars en 2011, ce qui se traduit par des millions d’emplois perdus et de sources de revenus qui disparaissent. Et ce coût ne se limite pas aux pays touchés. Dans un  monde de plus en plus connecté, une inondation à Bangkok peut avoir un impact économique jusque dans de lointains pays développés. Le changement climatique, la croissance de la population et une urbanisation mal planifiée ajoutent aux incertitudes futures.

    Des dizaines d’années de travail et des milliards de dollars d’investissements dans le développement peuvent être engloutis, littéralement, en une seule nuit, alors qu’il est possible d’éviter ou d’atténuer les catastrophes si l’on prend les mesures qui s’imposent. Il ne s’agit pas seulement de sauver des vies, mais aussi de protéger les rares ressources du développement. Selon certaines études, tout dollar dépensé pour prévenir les catastrophes permet d’en épargner à peu près sept en secours humanitaires et en remise en état.

    La résistance aux catastrophes doit occuper une place centrale dans l’agenda pour 2015 et au-delà. Seuls les pays ayant des systèmes et des institutions qui sauvent des vies et protègent leurs investissements en matière de développement pour les générations futures tireront les bénéfices du développement durable.

    Parlons-en : Comment intégrer le relèvement après-catastrophe dans le nouvel agenda pour le développement ?


A propos de l'auteur
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Jo Scheuer est Coordonnateur pour la réduction des risques de catastrophe et le relèvement au Bureau de la prévention des crises et du relèvement.

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