• Le jour où j’ai participé à ma première « caravane Kaeru »

    01 févr. 2013

    Vendredi 1er février 2013, Japon –  Le mot japonais « Kaeru » est l’équivalent du français « grenouille ». Il désigne ici une caravane et surtout mon coup de cœur, en matière de protection civile, de ces deux dernières semaines. La caravane Kaeru a déjà rebondi dans plusieurs villes japonaises et a même dépassé les frontières du pays. Le 27 janvier, elle s’est arrêtée au Centre de l’Agence japonaise de coopération internationale à Kobe. Pendant une journée, le logo vert et blanc, représentant la tête de l’amphibien, était servi à toutes les sauces, dans une grande variété de tailles et sous plusieurs formes.

    Ce jour-là, j’étais indifféremment curieux comme un enfant au seuil de l’âge de raison et appliqué comme un professeur d’école primaire. J’ai parcouru, d’un bout à l’autre, tout le circuit de l’événement en vue mieux de m’informer, d’accompagner les visiteurs et d’apprendre aussi en m’amusant.

    Pour l’occasion, les organisateurs et leurs partenaires – des sapeurs pompiers, des enseignants, des volontaires… - ont proposé un florilège d’activités : la technique des nœuds de corde ; le transport des blessés sur une couverture transformée en civière ; l’utilisation d’extincteurs à eau ; la distribution de rations alimentaires d’urgence ; la composition d’un kit d’urgence ; l’expérimentation du simulateur de séisme, l’utilisation d’un cric pour sauver une personne piégée sous les décombres…

    En compagnie de leurs proches, des centaines d’enfants sont venus compléter, avec beaucoup d’intérêts, ces épreuves ludiques et d’autres encore. La recette est simple mais suffit amplement pour attirer la grande foule. Il s’agit en effet d’un véritable festival de la protection civile qui combine, à la base, un programme de troc de jouets et la pratique d’exercices de préparation aux catastrophes et de techniques d’interventions de premiers secours.

    Au fil des épreuves, les participants accumulent des points leur permettant de rentrer à la maison avec des jouets, notamment à l’issue d’une vente aux enchères très animée, qui clôture l’événement et en constitue le clou. À l’arrivée, l’événement aurait pu passer pour une simple série de jeux donnant droit à des jouets, mais ces mêmes épreuves se révèleront tellement utiles et cruciales quand il faudra sauver des vies.

    L’implication communautaire, une clé de la caravane

    Au moment de développer la caravane Kaeru, l’organisation japonaise +Arts a interviewé 167 victimes du puissant séisme d’Hanshin-Awaji, qui avait sévèrement frappé la ville de Kobe en janvier 1995. Ces témoignages ont permis de mieux cerner les problèmes que la population avait rencontrés, et surtout, les bonnes pratiques qu’elle avait développées pour survivre à une catastrophe d’une si grande ampleur.

    L’implication communautaire demeure ainsi l’une des forces de la caravane. Déjà dans sa genèse, mais aussi dans sa concrétisation où, dans une ambiance conviviale, différents acteurs s’impliquent dans la sensibilisation du public en matière de prévention des catastrophes, en vue de rendre leur communauté plus résiliente.

    Voilà, j’ai participé à ma première caravane Kaeru. J’ai gardé en souvenir un foulard jaune et des documents imprimés estampillés du large sourire de la célèbre grenouille… Je garde surtout l’espoir que la bête fera un saut un jour jusqu’à mon Haïti natale.  D’autant que le Système haïtien de gestion des risques et désastres va encore travailler, cette année, à bâtir des communautés résilientes, avec notamment l’appui du Programme des Nations unies pour le Développement, à travers des fonds de l’Union européenne.

    Joseph Edgard Célestin
    Tokyo, 1er  février 2013


A propos de l’auteur
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Joseph Edgar Celestin, Expert national Communication, Projet d’appui au système national pour la gestion des risques et des désastres (PASNGRD), PNUD.