• Marcher dans les rues de Kobe pour Haïti et pour le Japon - lettre 1

    17 janv. 2013

    Aujourd’hui j’ai marché dans les rues de Kobe. J’ai marché, pendant plus d’une quarantaine de minutes, en souvenir de milliers de personnes qui sont mortes dans le tremblement d’Hansi-Awaji, survenu le 17 janvier 1995. Je l’ai fait en même temps que 5000 Japonais, toutes générations confondues, dans une ambiance à la fois de méditation et d’espoir.

    Du recueillement pour ceux qui sont partis, il y a 18 ans ; mais surtout l’espoir de toute une communauté qui, depuis, a su renaître de ses décombres et continue chaque jour de se préparer pour ne plus revivre de tels cauchemars.

    J’ai marché deux kilomètres. Mais dans ma tête, j’ai marché d’un bout à l’autre du monde. Puisque loin, très loin d’ici et cinq jours plus tôt, mon pays Haïti commémorait, lui aussi, le troisième anniversaire d’un autre tremblement de terre très lourd de conséquences : celui du 12 janvier 2010.

    Aussi, dans les rues de Kobe, pendant la marche du souvenir, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à celles et ceux qui sont disparus chez nous, parmi eux des amis et de proches collaborateurs. Entre recueillement et espoir, je me suis senti si loin d’Haïti pour la commémoration, mais si proche aussi quand j’ai vu comment nous partageons, ici et là, cette volonté de nous relever et surtout ne pas oublier.

    J’ai marché et comme les Japonais, je me suis dirigé vers Hat-Kobe où le Gouvernement, la société civile et d’autres partenaires se sont mis ensemble pour exposer aux visiteurs, japonais et étrangers, leurs réalisations, parfois des inventions, mais aussi afficher leurs capacités en matière de la réduction du risque sismique.

    Si loin, mais si proche de mon pays, et décalage horaire aidant, le Gouvernement haïtien, à travers son Système national de gestion des risques et désastres (SNGRD), inaugurait, presque en même temps, quoique le mercredi 16, une grande exposition nationale à Port-au-Prince. Avec l’appui de plusieurs partenaires, incluant le Programme des Nations unies pour le développement, il a voulu aussi montrer à la population les réalisations de ces trois dernières années, dans le domaine de la réduction du risque sismique en Haïti ».

    Aujourd’hui, j’ai marché fermement en pensant à mon pays Haïti qui, pierre après pierre, tente de se reconstruire pour devenir plus résilient ; mètres cubes après mètres cubes de débris, lutte pour renaître de ses décombres ; familles après familles retourne progressivement à la vie normale.

    Et près de la baie de Hat-Kobe, j’ai souri devant tant de coïncidences. Dans la foulée, j’ai plié dans ma tête une longue chaîne d’« orizuru », en souvenir de celles-là et ceux-là qui sont disparus, mais aussi dans l’espoir d’un avenir plus résilient, qui passera par un « engagement durable sur le chemin de la sécurité sismique » de toutes et de tous.


A propos de l'auteur
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Joseph Edgar Celestin, Expert national Communication, Projet d’appui au système national pour la gestion des risques et des désastres (PASNGRD), PNUD.

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