• Vers un consensus national et une participation citoyenne dans la lutte contre la pauvreté extrême

    27 nov. 2012

    Réduire l’extrême pauvreté et la faim

    Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l'ONU définit la pauvreté comme “la condition dans laquelle se trouve un être humain qui est privé de manière durable ou chronique des ressources, des moyens, des choix, de la sécurité et du pouvoir nécessaires pour jouir d'un niveau de vie suffisant et des autres droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux.” Quand le phénomène atteint une plus grande ampleur, on parle de pauvreté extrême. Selon les chiffres du dernier Rapport du Secrétaire Général de l’ONU sur les OMD (2012), ce phénomène touche 1,4 milliard de personnes dans le monde soit 15.5% de la population mondiale.

    En Haïti, plus de la moitié de la population vit avec moins de $ 1 par jour.  La situation tend même à s’aggraver ces dernières années suite à des chocs externes successifs – les catastrophes climatiques de 2008, le séisme du 12 janvier 2010, et plus récemment le passage des tempêtes tropicales Isaac et Sandy – ne cessant de causer des pertes importantes.

    Aussi, pour être plus efficaces dans leurs interventions de lutte contre la pauvreté et répondre aux besoins réels des populations, il est essentiel pour les États de favoriser la participation des populations les plus pauvres dans les prises de décision. Le Gouvernement Martelly-Lamothe s’est engagé sur cette voie participative à travers le Bureau de la Ministre Déléguée Chargée des Droits Humains et de la Lutte contre la Pauvreté Extrême qui a organisé, du 6 au 9 novembre 2012, le premier Colloque National sur la Pauvreté Extrême en Haïti.

    Le Colloque intitulé « Penser et lutter contre la pauvreté extrême » a rassemblé tous les acteurs impliqués dans la lutte contre la pauvreté : ministères sectoriels et d’autres institutions gouvernementales, collectivités territoriales, agences des Nations Unies, bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux, ONG nationales et internationales, représentants d'organisations citoyennes, et du secteur privé.

    La cérémonie d’ouverture dans la soirée du mardi, 6 novembre 2012 a d’abord été marquée par les discours officiels de Dr Jim Yong Kim, Président de la Banque Mondiale, l’ex-Président dominicain, Leonel Fernández, le  Premier Ministre de la République d’Haïti, Laurent Salvador Lamothe et le Président de la République, Michel Joseph Martelly. Ensuite, les deux jours de débats et d’atelier qui suivirent permirent d’aborder la problématique de la pauvreté en Haïti sous tous les angles – économique, sociologique, historique – et les domaines d’interventions clé : la planification et la collecte de données statistiques, les politiques macro-économiques, la coordination de l’aide, la démographie, la protection sociale, le développement rural, et la culture.

    Le Colloque s’est finalement clôturé sur une résolution solennelle finale des parties prenantes.

    Mais pour que ce colloque n’en reste pas au stade de simple résolution solennelle, il devra donner suite aux conclusions des débats et aller vers une institutionnalisation de l’approche participative à laquelle il a ouvert la voie. Il sera important pour cela d’identifier des mécanismes pour lier les recommandations issues des ateliers – ainsi que des consultations similaires futures – aux plans, politiques et programmes qui sont déjà en place ou qui se trouvent actuellement en cours de conception. Des consultations plus ciblées devront ainsi être organisées sur des programmes spécifiques en cours de définition ou dans le cadre de la restitution des résultats des programmes en cours. Ceux-ci devront s’assortir de débats plus techniques sur les modalités nécessaires pour la portée à l’échelle des différentes interventions et l’adaptation des modèles des pays voisins au contexte haïtien.

    Néanmoins, ce colloque constitue un pas important vers la participation et la consultation publique quant à la définition des politiques de réduction de la pauvreté en Haïti. Il est  en effet évident, qu’à l’orée de 2015 et la définition d’un nouvel agenda de développement global post-OMD, la définition de stratégies et de politiques de lutte contre la pauvreté, de par leurs natures multidimensionnelles, nécessiteront l’implication de tous les secteurs, exigeant une coordination interministérielle forte et finalement : un consensus national résolu.

     


A propos de l'auteur
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Jacques Francky SALOMON

Analyste de programme à l’unité de relèvement et réduction de la pauvreté, Jacques Francky Salomon a intégré le PNUD en avril 2012 comme assistant stagiaire et travaille à ce jour sur le projet OMD.

Statisticien-Économiste de formation, Mr Salomon a été consultant et employé dans une firme locale de consultation en Economie, Finance, Management et Technologie pendant 1 an et demie avant de travailler pour le PNUD.