• Dernier au revoir de la directrice principale du PNUD

    05 oct. 2012

    La directrice principale du PNUD en Haïti, Jessica Faieta vient de terminer sa mission à Port-au-Prince. Elle nous livre ses pensées avant son départ.

    Durant ces presque deux années et demie, ce fût un honneur pour moi de pouvoir servir Haïti. A mon arrivée,  5 mois après le tremblement de terre de janvier 2010, j’ai constaté un pays touché au cœur. Il a fallu agir. Agir vite, mais bien. Agir de façon ordonnée et efficace. Il fallait répondre à l’urgence tout en préparant l’avenir d’Haïti.

    Dans ces circonstances si difficiles, le PNUD et ses partenaires ont su réagir à cette situation si dramatique et exceptionnelle. Nous avons été un acteur majeur dans  la coordination de l'aide. Nos efforts et nos résultats s’en sont ressentis. A travers un partenariat essentiel avec la société civile, les communautés locales et les agences des nations Unies, le PNUD a été prédominent dans les actions de relèvement, et notamment dans la gestion des débris, la reconstruction et la réhabilitation du logement et des quartiers, la création d'emplois et la protection de l'environnement. Notre action s’est également amplifiée dans les domaines de prévention des risques et désastres, l'organisation des élections et le renforcement du système judiciaire aux côtés de la MINUSTAH, ainsi que la lutte contre le VIH et la tuberculose. Haïti, aujourd’hui se relève. Vous m’en trouvez très fière.

    Je suis particulièrement fière aussi de la contribution de l'équipe du PNUD à renforcer les capacités des institutions haïtiennes qui peu à peu redeviennent opérationnelles. En effet, le PNUD a non seulement presque doublé son niveau d'appui mais a œuvré tout en privilégiant la mise en œuvre via les institutions haïtiennes et les investissements avec la société civile et le secteur privé national. Le bureau du PNUD en Haïti compte près de 450 employés, dont 85% sont des haïtiens.

    Dans ce contexte post tremblement de terre, le PNUD a relevé le défi de la transition de l’aide humanitaire aux stratégies de relèvement. Le nouveau gouvernement a fixé sa stratégie pour les années à venir et nous devons continuer à assurer notre appui au développement de ces stratégies. Ceci intervient dans un moment où la crise économique mondiale continuera à rendre difficile la mobilisation d’appuis pour Haïti. Le PNUD devra redoubler d’efforts pour s’adapter aux changements en cours dans le contexte international et dans le pays. 

    En effet, les valeurs et les principes de développement humain, de solidarité et de droits humains qui sont la raison d’être des Nations Unies sont réelles seulement dans la mesure si elles sont appliquées par nous tous et qu’elles se transmettent par des actions concrètes en faveur des Haïtiens et des Haïtiennes.  C’est en étant plus efficaces, plus professionnels, et plus pertinents pour les institutions et les citoyens que nous pourrons provoquer les changements positifs qu’Haïti a urgemment besoin. Cela dit, je pars convaincue que les résultats futurs de développement durable dépendront non seulement d'un partenariat renouvelé avec la coopération internationale assurant aux haïtiens et haïtiennes un leadership accru mais également de la capacité des acteurs internationaux de façonner leurs instruments d'appui aux besoins et réalités du pays. Le PNUD restera dévoué à cette approche.

    Je quitte le pays non sans tristesse, mais tout de même avec la satisfaction d'avoir contribué au relèvement du pays suite au tremblement de terre de janvier 2010. Ce jour-là, le monde entier était haïtien, c’est pourquoi, depuis mon nouveau poste en tant que Directrice adjointe du Bureau régional du PNUD pour l’Amérique Latine et les Caraïbes, je resterai pleinement engagé en faveur du pays et assurerai que le PNUD maintienne l'ampleur et la qualité de son appui. Haïti se relève, et Haïti marchera, retrouvant sa splendeur et justifiant son surnom de « perle des Antilles ». C’est non seulement mon vœu le plus cher,  mais j’en suis intimement persuadée.

    Mesi anpil,

    Jessica Faieta