6 Promouvoir l’égalité des sexes

Où en sommes-nous?


© PNUD/M. Solon

Le développement ne peut se faire sans une égalité entre les sexes, afin qu’hommes et femmes jouissent des même opportunités, depuis l’accès à la scolarisation jusqu’à l’égalité professionnelle, la participation égale aux processus décisionnels et l’absence de violences. L’Objectif 3 des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) vise ainsi à éliminer les disparités entre les sexes, dans un premier temps dans l’enseignement, afin de contrer les facteurs discriminants qui interviennent dès le plus jeune âge.

Les tendances mondiales

L’égalité des sexes est pratiquement acquise au niveau de l’enseignement primaire, mais seulement 2 pays sur 130 ont atteint cette cible à tous les niveaux de l’éducation. De grandes disparités persistent selon les régions et les niveaux d’enseignement. L’écart entre les sexes est plus prononcé au niveau de l’enseignement supérieur, avec une large prévalence d’hommes pour la région Afrique subsaharienne, et une large prévalence de femmes pour la région Amérique latine et Caraïbes.

Les femmes gagnent du terrain sur la marché du travail, mais pas dans toutes les régions ni dans tous les domaines de travail. A l’échelle mondiale, 40 emplois salariés sur 100 dans le secteur non agricole sont détenus par des femmes, avec le taux de progression le plus important pour l’Amérique latine et Caraïbes, passant de 38% en 1990 à 44% en 2011. Toutefois, des efforts restent à faire pour que les femmes aient des emplois sécurisés et décents, et qu’elles soient sur un pied d’égalité avec les hommes.

En 2013, la représentation parlementaire moyenne des femmes était d’environ 20 % dans le monde. L’année 2012 a vu une augmentation rare de presque 1 % du nombre mondial de femmes parlementaires, tendance principalement stimulée par les systèmes de quotas. Toutefois le pouvoir décisionnel croissant pour les femmes ne se limite pas à leur rôle au parlement. Aussi bien dans la sphère publique que privée, les femmes continuent de se voir refuser les occasions de participer aux décisions qui affectent leur vie.

Les progrès d’Haïti vers l’OMD 3

L’objectif de parité des sexes dans l’enseignement primaire et secondaire était atteint en 2000, mais les disparités se sont accrues en 2012. Dans l’enseignement primaire en 2012, l’indice de parité des sexes (IPS) est de 0.93, soit légèrement en deçà de la cible de parité. Toutefois, il est à noter que l’IPS se réfère aux taux bruts de scolarisation, qui prend notamment en compte les élèves plus âgés que la tranche d’âge correspondant à leur niveau de scolarisation. Les taux nets de fréquentation scolaire, en revanche, traduise une quasi-totale parité, avec un IPS de 1,01. Ceci suggère que les filles sont autant scolarisé que les garçons, mais qu’elles sont davantage présentes dans les classes qui correspondent à leur tranche d’âge. L’enseignement secondaire accuse une nette prévalence des filles, avec un IPS de 1.08, soit un taux brut de fréquentation scolaire de 70,6% pour les filles contre 65,5% pour les garçons, excédant la moyenne pour la région Amérique latine et Caraïbes. L’enseignement supérieur, dont l’accès reste marginal en Haïti, continue d’être davantage fréquenté par les hommes, avec un taux de fréquentation de 4,8%, contre 3,4% pour les femmes.

Les progrès visant à réduire les disparités entre les sexes apparaissent plus clairement lorsque l’on considère le nombre médian d’années scolaires complétées. Pour la première fois en 2012, le nombre d’années complétées pour le groupe d’âge des 15-19 ans chez les filles excède le nombre d’années complétées chez les garçons. Pour tous les autres groupes d’âges, le nombre médian d’années complétées est plus important pour les hommes. Ceci met en lumière un véritable effet de génération, l’écart entre les sexes se réduisant considérablement au fur et à mesure que l’on considère les groupes les plus jeunes.

Pour plus d'informations : Télécharger la fiche de l'OMD 3

1.71 années
d'ici
à 2015

1990 2015
Cibles
  1. Éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005, si possible, et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard
    • Dans certaines régions, le droit à l’éducation reste hors de portée.
    • La pauvreté est un obstacle majeur à l’éducation, surtout parmi les fi lles plus âgées.
    • Dans toutes les régions en développement, CEI exceptée, les hommes sont plus nombreux que les femmes à avoir un emploi rémunéré.
    • Les femmes sont largement reléguées dans des formes d’emploi plus précaires.
    • Les femmes sont surreprésentées dans le secteur informel, avec son absence de sécurité et d’avantages sociaux.
    • Les emplois de haut niveau sont encore majoritairement réservés aux hommes.