6 Réduire l’extrême pauvreté et la faim


© PNUD/Mariana Nissen

L’OMD 1 s’intéresse à trois aspects connexes de l’extrême pauvreté : le revenu, l’emploi et la nutrition. Les privations découlant de la pauvreté et de la faim entrainent des conséquences si négatives pour les conditions de vie des personnes que leur éradication fait l’objet du premier des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Toute personne ne disposant pas d’un travail décent ne pourra disposer d’un revenu suffisant pour se procurer l’alimentation dont elle a besoin pour vivre une vie productive et en bonne santé. L’Objectif 1 vise ainsi notamment à réduire de moitié le pourcentage de la population qui vit avec moins $1,25 dollar par jour ainsi que la population qui souffre de la faim. Il reconnait aussi l’importance pour chacun, et notamment les femmes et les jeunes, de disposer d’un travail décent et productif.

Au niveau mondial, la cible sur la réduction de la pauvreté monétaire a été atteinte : Globalement, la proportion de personnes vivant avec moins de $1,25 dollar par jour a chuté de 47% en 1990 à 24% en 2008. Néanmoins, cette moyenne globale cache beaucoup de disparités régionales et nationales. Aussi, la lutte contre la faim reste un défi mondial. 850 millions de personnes à travers le monde souffrent de la faim, soit 15.5% de la population mondiale. Surtout les femmes et les jeunes continuent à se retrouver dans des positions vulnérables et peu rémunérées du marché du travail.

En Haïti, sur base des Enquêtes de Budget-Consommation des Ménages (ECBM), l’incidence de la pauvreté est tombée de 60% en 1986 (ECBM I) à 48% en 2000 (ECBM II). Néanmoins, l’absence de nouvelles données ne permet pas d’estimer l’évolution de la pauvreté au cours de la décennie passée et surtout après le tremblement de terre de Janvier 2010. Selon la récente Enquête Nationale sur la Sécurité Alimentaire (ENSA, 2001), la prévalence de l’insécurité alimentaire à l’échelle nationale est de 38%, dont 29.9% se retrouve en situation d’insécurité alimentaire modérée et 8.1 % en situation d’insécurité alimentaire élevée. Les dépenses alimentaires représentent 56% des dépenses totales des ménages et jusqu’à 74% pour les plus pauvres. L’EMMUS IV révèle que 24% des enfants de moins de 5 ans sont atteints de malnutrition chronique. Très peu de données existent aussi sur l’emploi et le taux de chômage en Haiti, mais selon l’Enquête sur l’Emploi et l’Economie Informelle (EEEI, 2007), le chômage est estime à 40.6% sur l’ensemble du pays.