80 jeunes leaders d’Afrique de l’Ouest s’engagent contre la corruption

13 janv. 2014

Camps Régionaux d’Intégrité pour Jeunes Leaders de l’Afrique de l’Ouest Francophone
80 jeunes leaders d’Afrique de l’Ouest s’engagent contre la corruption
Créer un cadre d’échanges et de débats entre jeunes leaders provenant de différents pays et secteurs d’activités, disposés et motivés à lutter contre la corruption et à revendiquer plus de transparence, de responsabilisation et de participation dans la gestion des affaires publiques de leurs pays, et favoriser une appropriation par ces jeunes des notions d’intégrité dans leur comportement et leur environnement, notamment dans les études et sur le marché de l´emploi, tel est l’objectif central des Camps Régionaux d’Intégrité pour Jeunes Leaders de l’Afrique de l’Ouest Francophone dont la deuxième édition vient de se tenir du 12 au 17 décembre 2013 au Village des Technologies de l’Information et de la Biotechnologie (VITIB) de Grand-Bassam, sous la présidence du Ministre de la Promotion de la Jeunesse, des Sports et Loisirs.
Organisé par le Secrétariat National à la Gouvernance et au Renforcement des Capacités (SNGRC)  en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), l’ONG Transparency International (TI) et la Fondation OSIWA, le deuxième Camp Régional d’Intégrité pour Jeunes Leaders de l’Afrique de l’Ouest Francophone a rassemblé durant cinq (5) jours, 80 jeunes leaders venus de sept (7) pays ouest-africains, notamment le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée-Conakry, le Niger, le Sénégal, le Togo et la Côte d’Ivoire.


A propos du rôle primordial que doivent jouer les jeunes dans la promotion de l’intégrité, Marie-Ange Kalenga, Coordonnatrice Régionale Afrique de l’Ouest à Transparency International a indiqué, à l’ouverture du Camp que « les jeunes représentent l’avenir des pays et la lutte contre la corruption ne peut se faire sans leur participation active ».  

Au nom du Directeur Pays du PNUD, M. El-Allassane Baguia, Spécialiste OMD, a souligné tout l’intérêt que le PNUD accorde à la sensibilisation des acteurs nationaux comme stratégie dans la lutte contre la corruption. Cette sensibilisation, a-t-il ajouté, est d’autant plus importante lorsqu’elle s’adresse aux jeunes qui constituent la couche qui subit le plus les effets de ce  fléau qui gangrène les économies des pays en voie de développement.

« Vous devez vous levez et demander plus de redevabilité dans la gestion des affaires publiques », a exhorté, pour sa part, M. Meïté Sindou, Secrétaire National à la Gouvernance et au Renforcement des Capacités, soulignant qu’il appartient aux jeunes de donner un nouveau visage à l’Afrique, celle d’un continent moins corrompu et plus intègre.

Quant au porte-parole des jeunes participants, M. Jean-Claude DOSSA, par ailleurs Coordonnateur du Réseau des Journalistes en Droits de l'Homme du Bénin, il a exprimé au nom de ses amis, sa ses reconnaissances aux initiateurs de ce conclave : «  je tiens à dire sincèrement merci aux organisateurs de ce Camp et à tous leurs partenaires. Je voudrais leur dire que nous avons commencé à prendre les dispositions pour concrétiser nos différents engagements en l'occurrence la mise en place et la dynamisation du réseau des jeunes leaders pour l'intégrité. Nous nous emploierons également à mettre en œuvre le projet de création de clubs d'intégrité dans les écoles conformément aux précieux conseils dont nous avons bénéficié au cours de cette retraite», a-t-il dit.

Passées les allocutions, place aux travaux. Donnant la leçon inaugurale de ces assises, Dr Jean Baptiste Elias, Président du Conseil Consultatif de l’Union Africaine sur la Corruption et Parrain de cette édition du Camp, a entretenu ses filleuls sur son expérience dans la lutte contre la corruption et la promotion de l’intégrité. A partir d’exemples tirés de son parcours et de son vécu quotidien, le conférencier a incité les jeunes à rejoindre le groupe des acteurs de changement, celui des citoyens qui disent « NON à la facilité et aux chemins détournés » et qui croient en une Afrique digne où l’intégrité et la bonne gouvernance ne sont pas que des mots, mais se traduisent dans les comportements des gouvernants et des populations.
La deuxième journée du Camp a été marquée par plusieurs temps forts dont une session importante sur « la corruption dans le secteur de l’éducation » animée par M. Kourouma Ibrahima, Coordonnateur de l’Inspection Général du Ministère de l’Education National et de l’Enseignement Technique, et par Marie-Ange Kalenga de Transparency International. Cette session a permis aux jeunes de discuter autour d’actions concrètes pouvant être entreprises pour  faire reculer la corruption hors de nos écoles.
Ces échanges théoriques ont été suivis dans l’après-midi par des actions de terrain, avec en premier lieu, une visite aux Lycées Modernes 1 & 2 de Grand-Bassam. Conduits par le Coordonnateur National du Programme d’Appui à la Gouvernance (PAG), Sekou Bamba projet en charge de l’organisation du Camp, les participants sont allés à la rencontre de l’administration et des élèves de ces deux établissements pour partager avec eux, le rêve d’une école intègre et sans corruption, une école où encadreurs et élèves se lèvent et refusent toute compromission et tout comportement non éthique.
Après cette étape, cap sur la « Marche blanche », une procession qui a conduit les jeunes du centre-ville à la Préfecture de Grand-Bassam où une motion a été remise au Préfet de la ville, M. Beudje Djoman Mathias.
Les troisième et quatrième journées du Camp ont été principalement consacrées à des sessions pratiques de montage de projets sur la base des idées projets soumises par les participants. Répartis en groupes de travail, les jeunes leaders ont ainsi procédé, sous la conduite des facilitateurs, à l’élaboration de plusieurs fiches projets allant de la création de clubs d’intégrité dans les écoles à l’organisation de séances de sensibilisation des élèves et enseignants.   
Entre les séances d’élaboration de projets, des visites aux autorités locales traditionnelles (Cour Royale des N’Zima et Cour Royale de Moossou) ont permis aux participants d’être édifiés sur la prise en compte de la dimension intégrité dans les coutumes africaines à travers deux conférences successives prononcées par les royautés N’Zima et Abouré.
Le deuxième Camp Régional d’Intégrité pour Jeunes Leaders de l’Afrique de l’Ouest Francophone a fermé ses portes le lundi 16 décembre 2013 avec l’évaluation des projets des jeunes et la cérémonie de clôture marquée par la lecture des différentes motions et recommandations et la remise des attestations de participation aux jeunes.