Djikalou Kurtis et 53 jeunes de Port Bouet reprennent l’espoir grâce à la pêche et au PNUD

Pêche de poissson à Port
Lors de la visite de l'Administrateur du PNUD en Côte d'Ivoire

Kurtis. « Maintenant grâce à ce projet, j’arrive à assurer les charges de ma fille qui vit en Angleterre »
Titulaire un master en marketing, obtenu à Highberry collège Portsmouth en Angleterre, Djikalou Kurtis, jeune ivoirien décide de rentrer dans son pays, la Côte d'ivoire, à la recherche d’un emploi. Après cinq années de recherche infructueuse d'un emploi et tiraillé entre misères et remords d’être rentré au pays, il décide de créer une ONG « FISS » pour prôner la cohésion sociale à Port Bouet, une comme situé à l’Est d’Abidjan, pendant la crise socio politique que traverse la Cote d’Ivoire.

A retenir

  • Pour lutter contre la pauvreté et le chômage, des jeunes diplômés ivoiriens, hommes et femmes, de la même génération créent une ONG pour exercer dans les métiers de la pêche.
  • Dans le cadre de l’initiative emplois jeunes (YERP) sur le fonds de la Norvège, l’Espagne et le PNUD, les jeunes sont équipés, formés et encadrés.
  • Au cours de l’année 2011, leur production est d’environ de 120 tonnes de poissons et un chiffre d’affaires de 48 millions de FCFA, soit environ 96.000 USD. Ces revenus permettre l’amélioration les conditions de vie des jeunes et de leurs familles : plusieurs jeunes arrivent à se nourrir convenablement, à payer régulièrement leur loyer, à scolariser leurs enfants et à se soigner.

Il réunit autour de lui, d'autres jeunes diplômés, hommes et femmes, de la même génération que lui et crée l’ONG "FISS ».
Après quelques mois d’activités, et sur les conseils avisés de la chambre de commerce de Cote d’Ivoire, ils décident de s’orienter vers l’activité de pèche et la commercialisation des produits halieutiques.
Sans moyen, sans formation ni expérience, dans le métier de la pèche, Ils s’essaient, avec courage et détermination, à cette activité avec des moyens artisanaux et rudimentaires. Ainsi, au fil des jours, le désespoir qui les rongeait a fait place à l’espoir en dépit des maigres revenus générés par leur activité de pèche.

Mais Kurtis et les autres jeunes qui l’accompagnent dans cette aventure caressent le secret espoir d’être de véritables professionnels de la pêche. Pour cela, ils mettent en place un plan de développement de leur activité.
Aussi, dans, un premier temps, suite à leur requête, ces jeunes obtiennent-ils des autorités municipales de la commune de Port Bouet, un site pour mener leurs activités.
Par la suite, Kurtis et ses amis (tous diplômés de formations diverses tels que le Droit, le Marketing, la comptabilité, le commerce et la criminologie) soumettent au PNUD en 2008, un projet pour le renforcement de leur capacité technique et matérielle dans le métier de la pèche.
Le PNUD décide de les accompagner dans leur odyssée de lutte contre le chômage et la pauvreté. « L’adhésion du PNUD à notre projet a été un déclic, un détonateur » dira Kurtis.
Dans le cadre de l’initiative YERP sur le fonds de la Norvège, l’Espagne et le PNUD, les jeunes sont équipés, formés et encadrés.

Au cours de l’année 2011, leur production est d’environ 120 tonnes de poissons et un chiffre d’affaires de 48 millions de FCFA, soit environ 96.000 USD. Ces revenus permettre l’amélioration des conditions de vie des jeunes et de leurs familles : plusieurs jeunes arrivent à se nourrir convenablement, à payer régulièrement leur loyer, à scolariser leurs enfants et à se soigner

Pour la jeune Mariam Koné, titulaire d’une maitrise en gestion obtenue à l’université d’Abidjan et Responsable de la finance et de la comptabilité, « depuis 2008, le projet nous a procuré du travail d’où l’impact professionnel et nous subvenons à nos besoin d’où l’impact social »
L’équipe est composée de 17 personnes pour la pèche, 03 personnes pour administration dont une femme, 04 mareyeuses, et 03 personnes pour l’exploitation, la vente et la gestion du conteneur.
Tous reçoivent un revenu mensuel substantiel qui leur permet de s’occuper de leur famille. « Avec ce travail, j’ai quitté la cité universitaire où j’habitais, je loue désormais un appartement et j’ai fais venir ma femme et ma fille de l’intérieur du pays. Aujourd’hui je m’occupe totalement de ma famille » s’est exclamé, Roger Koffi, chargé de la production et titulaire d’une licence en droit et d’une maitrise en criminologie.
Cependant, la croissance de la production va poser un problème de conservation du poisson. Ce problème sera réglé, une fois de plus, avec l’appui du PNUD qui va mettre à disposition un conteneur de 40 pieds. Ce premier conteneur sera complété par un autre acquis par les jeunes eux-mêmes, ce qui va permettre de régler définitivement la question de conservation du poisson.
Aujourd’hui, en plus de leur propre production, Kurtis et son équipe achètent les productions des autres pécheurs, les conservent et les commercialisent. Cette activité additionnelle a conséquemment accrus leurs revenus.
Avec un local d’exploitation doté d’équipements modernes et leur volonté d’aller encore plus loin, ces jeunes de Port Bouet ambitionnent ouvrir des circuits de distribution du poisson. Pour ce faire, ils ambitionnent d’ouvrir des points de ventes dans toutes les communes de la ville d’Abidjan ainsi que dans cinq villes de l’intérieur de la Côte d’ Ivoire.
Impressionné par le travail de Kurtis et les membres de sont équipe, les autorités communales de port bouet, leur ont donné un terrain de 3000 m2 en bordure de lagune pour servir de débarcadère.
Espérant en des lendemains encore meilleurs, Kurtis et ses amis projettent de transformer leur ONG en entreprise coopérative dans le but de maximiser et de professionnaliser davantage leur activité.
« Ma vie s’est fortement améliorée depuis l’avènement de ce projet. Je n’envie personne et je suis devenue une fierté pour ma famille et pour ma commune. » Conclura Kurtis