L'accès à l'eau potable change le quotidien des villageois

La légende
Alice Mackosso avec ses enfants à la borne fontaine de Tandou Binzénzé. Photo. UNDP Congo

Mer, fleuve, rivières, lacs : l’eau n’est pas ce qui manque en République du Congo. Pourtant, pour les populations de Tandou Bizenzé et Tandou Mbo­ma, deux villages situés en périphérie de la ville de Pointe-Noire, l’accès à l’eau potable était jusqu’à récemment un défi quo­tidien. Les villages étant perchés sur une montagne, les mères et leurs filles de­vaient affronter tous les jours une pente longue de près de 300 mètres pour se procurer les quelques litres d’eau nécessaires au foyer, dans des sources ou ruisseaux peu hygiéniques.

«Faute d’ouvrages de protec­tion, les bestioles et autres in­sectes avaient libre accès à la plus part des points d’eau. Les feuilles mortes et des banchettes qui tapissaient les fonds de ces points d’eau remontaient à la surface lorsqu’on venait chercher de l’eau», explique Alice Mac­kosso, une habitante de Tandou Bizenzé.

À Tandou Mboma, les habitants s’approvisionnaient aux bor­dures de la rivière Tchimpoukou­la. « Les deux points d’eau sont à une quinzaine de minutes de marche de nos habitations. Il faut se lever très tôt, car ceux qui ar­rivent avant vous ont tendance à rendre le point boueux», indique Julienne Tchissambou, à Tandou Mboma.

A retenir

  • Deux forages ont été construits ;
  • Six bornes fontaines sont opérationnelles ;
  • Les communautés ont désormais l'accès à l'eau potable dans les deux villages ;
  • Un comité chargé de l’entretien des bornes et du matériel des bornes fontaines a été installé.

L’étude diagnostique réalisée en décembre 2010 par le PNUD et la société pétrolière TOTAL E&P a confirmé de graves problèmes d’approvisionnement d’eau dans les deux localités. Ceci a conduit les deux structures à combiner leurs efforts dans le cadre du projet Village du Millénaire et ce par­tenariat a permis, entre autre, l’aménagement de deux puits d’eau fonctionnant à l’énergie solaire, qui alimentent quatre points de distribution d’eau dont, trois à Tandou Bizenzé.

«Pour la première fois depuis que ce village existe, nous buvons de l’eau claire. Cette eau semble même être mieux que l’eau qui vient de Pointe-Noire dans les bouteilles en plastique», commente le chef du village de Tandou Bizenzé.

La difficulté d’accès à l’eau n’en est plus une. «Je profite de ce beau soleil pour faire mes tra­vaux ménagers, laver la vais­selle, le linge, laver les enfants et puiser de l’eau», confie Natacha Mavoungou, femme au foyer en train de recueillir l’eau à la fon­taine. «L’eau est de bonne quali­té. On la boit. Elle nous sert aussi à la cuisson de nos mets», ajoute Natacha.

Les puits ont aussi apporté des bénéfices inattendus pour ces deux communautés, en particu­lier pour les enfants : les deux heures que l’on devait passer pour puiser l’eau ont été ré­duites à 5, au plus 10 minutes. L’institutrice Martine de l’école primaire de Tandou Bizenzé, a le sourire : « Les enfants arrivent en­fin à l’heure, ils ne s’endorment plus sur leur table, et s’ils ont soif, c’est d’apprendre».

Un comité d’eau, chargé de l’en­tretien des bornes et du matériel, a été mis en place avec l’appui du PNUD. En renforçant progressivement les compétences de ses membres, le PNUD espère ainsi garantir une gestion participative et durable de cette précieuse ressource.

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