Philippe lutte contre la disparition des anguilles et combat les feux de brousse


Philippe Biarra dans son champ. Photo-PNUD/RCA Christian Ndotah

 « Mon obsession est de laisser aux générations futures ces espèces menacées de disparition à cause des feux de brousse » déclare Philippe BIARRA, 53 ans, et responsable de l’Unions des Groupements pour la Renaissance de Gambo (UGRG). Il s’attelle à la conservation du cours d’eau Ouroukoutou et lutte contre la disparition des anguilles.

A la tête de trois groupements composés d’une centaine de personnes, il identifie les ilots de dormance et de reproduction des anguilles. Les anguilles font partie de l’alimentation des populations et constituent un moyen de revenu important. Il effectue des tournées de sensibilisation pour convaincre les populations riveraines du cours d’eau à éviter les feux de brousse et à respecter le repos biologique des anguilles durant la période de décrue. Une dizaine de villages sur un rayon de 18 kilomètres ont été sensibilisées. Une campagne qui fonctionne car selon lui, la population des anguilles a doublé voire triplé. Les zones marécageuses dégradées sont reboisées avec du raphia sur 5 hectares.

S’exprimant dans un français impeccable, Philippe est un autodidacte vivant avec son épouse et ses  8 enfants à Gambo à près de 700 km a l’Est de Bangui. Il est titulaire du baccalauréat obtenu en 2012 a Bangassou.  Sa technique de protection consiste à l’installation de pare-feu sur un périmètre donné. Une pratique qui ne rencontre pas l’agrément de certains pêcheurs qui le font savoir souvent de manière brutale. « Malgré ses incompréhensions, je poursuis ma sensibilisation avec tact et persuasion afin d’amener les pêcheurs a une pêche responsable. ». Toute cette activité a été réalisée avant même l’obtention des fonds du programme.

Depuis 2010, le PNUD exécute le Programme des Petites Subventions du Fond pour l’Environnement Mondial (PPS/FEM) qui a alloué 991.000 dollars américains à 35 Organisations Non Gouvernementales (ONGs) et /Organisations Communautaires de Bases (OCBs) pour qu’elles contribuent à la protection de l’environnement à partir des initiatives locales à travers des microprojets.

Double Click to enter the Story Highlights.

Le volontarisme de Philippe attire l’admiration de l’équipe du PNUD venue pour une évaluation. «  Vous est courageux et avez un veritable esprit  missionnaire » lui a lancé la Directrice Pays du PNUD, Mme Anne-Marie Cluckers. Une quasi évidence pour cet homme qui œuvre dans les œuvres missionnaires confessionnelles de sa région. Outre son activité de conservation du cours d’eau, Philippe possède plusieurs hectares de produits vivriers (patate douce, arachide, mais, riz, palmier a huile) et a planté  407 pieds de Mélina un arbre qui sert dans la menuiserie locale.

Malgré le contexte sécuritaire très difficile du pays avec les exactions des éléments rebelles voire des bandits, les groupements de Gambo exercent leur activité et sollicitent davantage d’appui des partenaires financier afin d’étendre leur initiative a d’autres contrées du pays.