6 Préserver l’environnement

Où en sommes-nous ?


Membres du Conseil National de la Jeunes procédant au planting d'arbres à l'occasion de la Journée Internationale de la Jeunesse. © DR.

Avec 283.136 km2 (forêts denses, forêt décidue dense, mosaïque forêt savane), la couverture forestière de la République Centrafricaine au sens large occupe près de la moitié (45,6%) du territoire national, avec une prédominance de la forêt ouverte.

La forêt fermée, c'est-à-dire l’ensemble des forêts denses humides, semi-humides, sèches et galeries forestières, couvrent environ 95.500 km2 soit près de 15% du territoire. Seule une fraction de cette forêt fermée est considérée comme forêt de production, où l’Etat a mis en place des permis industriels d’exploitation forestière. Il s’agit du massif du Sud-Ouest, d’une superficie de 3.800.000 ha.

La RCA selon les dernières estimations de la FAO en 2005 dispose d’une superficie totale des forêts de 23.203 million d’hectares classés en terres boisées. Ces données sont accompagnées par une estimation des taux annuels de changements dans l’étendue des forêts qui est stable avec une perte de 0,1% de superficies forestières par an.

La superficie concédée aux sociétés d’exploitation forestière est évaluée à 33.200 km2 tandis que celle des forêts classées n’atteint que 6.335 km2. Sur 14 Permis d’Exploitation et d’Aménagement (PEA), 11 seulement sont déjà attribués et couvrent une superficie totale de 2.321.844 ha (source : MEFCP-FORAF, 2008).

Cependant, le reboisement des périmètres dégradés n’a pas beaucoup évolué. Les efforts sont restés en deçà des espoirs si l’on considère le taux de déboisement actuel (2500 ha/an) autour des grandes villes. L’on assiste à une réduction substantielle des surfaces forestières en faveur des savanes même si cette perte est compensée par la recolonisation du massif forestier de l’Est.

Le taux de régression de la formation forestière qui était de 2,5 % entre 1980 et 1995, est descendu à 2 % entre 1995 et 2000. Par contre le processus de savanisation a progressé plus lentement avec un taux de 0, 01 % entre 1990 et 1995 avant de passer à 0,02 % en 2000.

Le braconnage et les activités minières ont favorisé la dégradation des écosystèmes aquatiques et rizicoles plus particulièrement. En outre, la zone du sud-est s’est presque vidée sous l’effet meurtrier du braconnage industriel, favorisant ainsi la recolonisation de son massif forestier faute d’activités anthropiques majeures.

S’agissant de la production de gaz à effet de serre qui s’accumulent dans l’atmosphère, les chlorofluorocarbones 12 n’ont pas beaucoup évolué ces dix dernières années parce que l’importation et la consommation des substances appauvrissant la couche d’ozone est en baisse en RCA. La plupart des émissions de gaz carbonique (CO2) proviennent des énergies fossiles (203 Giga grammes ou Gg) et de la biomasse (1535 Gg). Les émissions des procédés industriels sont quasi nulles. Enfin, l’agriculture et l’élevage restent les principales sources d’émission du méthane tandis que les feux de brousse ont libéré 4173 Gg de monoxyde de carbone (CO) en l’an 2000.

Les émissions de dioxyde de carbone restent très faibles sur le plan national en général et par personne en particulier. Le potentiel industriel du pays est très faible pour craindre une émission importante de CO2. Cependant, cette situation s’est aggravée avec les dégâts causés lors des crises militaropolitiques qui ont sévi au cours des années 2000.

La principale source d’émission de dioxyde de carbone due aux ménages est la combustion de la biomasse et la combustion des moteurs à explosion (automobiles, engins à deux roues, etc.). Toutes les proportions confondues ne dépassent pas 0,1 tonne depuis 1990 jusqu’à 2004. D’ici 2015, ce chiffre pourra être réduit de moitié.

1.71 années
d'ici
à 2015

1990 2015
Cibles
  1. Intégrer les principes du développement durable dans les politiques et programmes nationaux et inverser la tendance actuelle à la déperdition des ressources naturelles
    • La déforestation montre des signes de ralentissement, mais le taux en reste dangereusement élevé.
    • Il est urgent de réagir de façon décisive au problème du changement climatique.
    • Le succès inégalé du Protocole de Montréal montre que des mesures contre le changement climatique sont à notre portée.
  2. Réduire l’appauvrissement de la diversité biologique et en ramener le taux à un niveau sensiblement plus bas d’ici à 2010
    • Le monde n’a pas pu atteindre la cible de 2010 pour la préservation de la biodiversité, ce qui pourrait avoir de graves conséquences.
    • Des habitats essentiels pour les espèces en voie de disparition ne sont pas suffisamment protégés.
    • Le nombre d’espèces en voie de disparition augmente chaque jour, surtout dans les pays en développement.
    • La surexploitation des pêcheries mondiales s’est stabilisée, mais d’énormes défis demeurent pour garantir leur viabilité.
  3. Réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas d’accès à un approvisionnement en eau potable ni à des services d’assainissement de base
    • Au niveau mondial, on est sur la bonne voie pour atteindre la cible concernant l’eau potable, bien qu’il reste beaucoup à faire dans certaines régions.
    • Des mesures accélérées et ciblées sont nécessaires pour amener l’eau potable dans tous les foyers ruraux.
    • L’approvisionnement en eau salubre reste un défi dans beaucoup d’endroits du monde.
    • La moitié de la population des régions en développement ne bénéfi ciant d’aucun assainissement, la cible de 2015 semble hors de portée.
    • Les disparités entre zones urbaines et rurales restent inquiétantes en ce qui concerne la couverture de l’assainissement.
    • Les pauvres sont les laissés-pour-compte des améliorations dans le domaine de l’assainissement.
  4. Améliorer sensiblement, d’ici à 2020, les conditions de vie de 100 millions d’habitants des taudis
    • Même si elle est considérable, l’amélioration des taudis perd du terrain face au nombre croissant de pauvres dans les villes.
    • La prévalence des taudis reste élevée en Afrique subsaharienne et elle augmente dans les pays affectés par un conflit.