6 Promouvoir l’égalité des sexes

Où en sommes-nous ?


Femmes de N'dele. © PNUD/F. Bitemo.

La situation du système éducatif en général et de l’enseignement en particulier restent une préoccupation pour le Gouvernement centrafricain. En effet, si l’on regarde de près, les indicateurs révèlent des inégalités persistantes d’année en année entre garçons et filles. Ces disparités sont significatives si l’on se réfère au sexe, à l’âge, au niveau des revenus des ménages et au lieu de résidence.

En effet, comme l’indique le graphique ci-dessous, le rapport filles/garçons au primaire ces dernières années évolue favorablement vers l’atteinte des objectifs de 100% préconisé par les OMD. Malgré cette tendance favorable, l’évolution du rapport filles/garçons dans l’enseignement primaire ces dernières années a été irrégulière sur la période 1998-2004 pour enfin se stabiliser à partir de 2006 autour de 72%. En termes d’inscription, les Statistiques de l’Education Nationale de 2009 montrent la persistance des inégalités entre les deux sexes. Seulement 43% des inscrits à la première année du primaire sont des filles.


Graphique : Evolution du ratio Filles/Garçons dans le Primaire (%)

 

 

 

 

 

Dans l’enseignement Secondaire, le rapport des effectifs filles/garçons est passé de 39% en 1990 à 60% en 2000 et 73% en 2006. S’agissant de l’enseignement Supérieur, les filles sont trois à quatre fois moins nombreuses que les garçons. Seulement 2% de filles terminent le cycle en médecine.

Du fait de la précarité des conditions de vie, les parents préfèrent envoyer les garçons à l’école plutôt que les filles. En outre, face au phénomène des violences et du harcèlement sexuel dont sont victimes les filles, notamment au niveau du Secondaire (73% des élèves du Fondamental 2 et 90,1%% des professeurs seraient impliqués dans des actes de violences au sein de l’établissement et sur le chemin de l’école12), des grossesses non désirées et des mariages précoces, il s’en suit également une déperdition de la part des filles. La persistance de ces inégalités entre garçons et filles, est encore plus prononcée dans les communautés rurales et surtout dans les ménages les plus pauvres.

Dans ces conditions, l’atteinte de l’OMD3 fixant un rapport d’égalité entre filles et garçons d’ici 2015 dans le Primaire, le Secondaire et le Supérieur, semble improbable, étant donné que les conditions d’accès des filles à l’école et leur maintien ne sont pas encore réunies.

1.02 années
d'ici
à 2015

1990 2015
Cibles
  1. Éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005, si possible, et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard
    • Dans certaines régions, le droit à l’éducation reste hors de portée.
    • La pauvreté est un obstacle majeur à l’éducation, surtout parmi les fi lles plus âgées.
    • Dans toutes les régions en développement, CEI exceptée, les hommes sont plus nombreux que les femmes à avoir un emploi rémunéré.
    • Les femmes sont largement reléguées dans des formes d’emploi plus précaires.
    • Les femmes sont surreprésentées dans le secteur informel, avec son absence de sécurité et d’avantages sociaux.
    • Les emplois de haut niveau sont encore majoritairement réservés aux hommes.