L’union Yanta, une force du Développement Durable à l’ouest du Burkina Faso

09 oct. 2013

image Union Yanta UNDP Burkina Faso 2013

La question du développement durable semble encore pour certains, une question utopique. Force est de constater qu’au Burkina Faso, cette question est une réalité, surtout dans certaines régions du pays. L’union des femmes de Yanta, est un exemple palpable de la question de développement durable.

 

Présente à Bobo- Dioulasso depuis 2006, l’union des femmes de Yanta regroupe près de 904 femmes, qui après la sensibilisation sur les impacts néfastes de la coupe abusive du bois sur l’environnement, entreprennent des activités relevant du développement durable.

 

Elisianne fait partie des femmes qui autrefois, vivait de la coupe de bois et de la vente de ces fagots. Aujourd’hui, bénéficiaire d’un emploi auprès de l’union Yanta, sa vie a considérablement changé, préservant ainsi sa santé et contribuant au développement durable : « Depuis que je travaille dans l’unité de décorticage de noix de cajou de l’union Yanta, mes conditions de vie ont beaucoup changé. J’arrive à payer la scolarité de mes enfants, à nous vêtir, et même me permettre certains loisirs. »

 

L’accompagnement du projet IPE, permet à ces femmes pour la plupart, veuves, réfugiées, de se prendre en charge et de tendre vers une autonomie financière et de développer des activités qui veillent à la préservation de l’environnement. Elles ont en plus de leurs activités, des cellules d’animation, de fabrication de savon à base de produits naturels, des ateliers de tissages et font de la sensibilisation auprès des autres femmes. « Nous sensibilisons les autres femmes qui vont dans la forêt. Plus de 400 femmes qui vont dans la forêt pour ramasser les noix de cajou. L’IPE nous a aidé à sensibiliser ces femmes et même dans les villages environnants. Toutes ces femmes vont changer d’activités donc nous aurons fait un grand progrès. Notre vie a beaucoup changé. Avant, nous étions toujours tristes et renfermées sur nous-même. Maintenant nous sommes plus épanouies. Nous reboisons chaque année, nous entretenons la forêt pour éviter les feux de brousse et nous nous organisons pour nettoyer la forêt chaque année».

 

Les Ambassadeurs IPE qui contribuent énormément à faire passer le message de sensibilisation sur la préservation de l’environnement et le Développement Durable, mettent également l’accent sur la prise en compte du genre, car les femmes sont les premiers acteurs économiques des familles au Burkina.

 

Selon Assita OUATTARA, Ambassadeur IPE/ présidente du réseau des parlementaires pour le Sahel « Les femmes sont longtemps restées en marge du développement durable du fait des us et coutumes. Cette initiative, leur permet d’avoir des emplois, mais surtout de développer cet instinct de préservation de la nature en utilisant à bon escient les richesses de la nature. Il est important de préserver ces acquis. »

 

Au Burkina Faso, le déboisement annuel atteint les 50.000 hectares. Tandis que la reforestation annuelle est de 1100 hectares. Les femmes de l’Union  Yanta peuvent se considérer un exemple à suivre dans le remplacement d’activités ayant un impact négatif sur l’environnement par des activités génératrices de revenus et bien plus durables.