L’autonomisation des femmes grâce à la micro finance

09 oct. 2013

image Le micro crédit grâce à la plateforme, aide les femmes à s'émanciper. Crédit PNUD

KOUMBRI est une commune rurale située à 35 Km de Ouahigouya, dans la région du Nord du Burkina Faso. Elle compte 42 476 habitants répartis dans 36 villages. Les activités économiques dominantes sont l’élevage extensif et l’agriculture. A ces deux activités principales, s’est ajouté depuis quelques années l’orpaillage qui a commencé à se développer dans certains villages. La commune abrite, comme plus de 1000 autres localités, une plate forme multifonctionnelle qui génère des recettes et facilite l’accès au micro crédit par les femmes du groupement. La plate forme multifonctionnelle a donc développé l’accès au micro crédit à Koumbri et a créé des besoins en financements auprès des femmes, besoins qu’elles ont adressés au Baooré Traditionnel d’Epargne et de Crédit (BTEC), une institution de micro finance qui fonctionne au sein de l’ONG chargée du suivi des PTFM dans le nord du Burkina.

Sanata, la ménagère qui est devenue demi millionnaire grâce au micro crédit

Mme SELENGA Sanata, est une ménagère d’une quarantaine d’années et mère de quatre enfants. Elle est la meunière du Comité féminin de gestion de la Plate forme multifonctionnelle de Koumbri. Elle raconte comment elle a amélioré la qualité de vie de sa famille grâce aux micros crédits qu’elle a obtenu auprès du BTEC.

"J’ai obtenu un montant de 30 000 FCFA dans le cadre du premier cycle du crédit de groupe, que j’ai investis dans une activité d’embouche en achetant deux moutons à 15 000 FCFA l’unité. Six mois après, je les ai revendus à 45 000 FCFA chacun, soit 90 000 FCFA les deux. J’ai immédiatement soldé mon crédit, il m’est resté un bénéfice substantiel.
J’ai utilisé une partie de ce bénéfice pour soutenir mon mari dans les dépenses domestiques et sociales. Cela a contribué à améliorer l’ambiance de vie dans notre foyer. Auparavant, toutes les dépenses du foyer étaient supportées par mon mari seul, ce qui occasionnait des disputes de temps à autres."

"Au 2ème cycle de crédit, j’ai demandé 50 000 FCFA pour acquérir 3 moutons (2 mâles et 1 femelle). Au bout de six mois, j’ai revendu les deux mâles à 35 000 F l’unité soit 70 000 FCFA en tout. J’ai immédiatement réinvesti les fonds dans l’acquisition de deux autres moutons pour une embouche de 6 mois et d’un bœuf à 37 500 FCFA pour une embouche de 12 mois, afin de rembourser le crédit. Plus tard, le bœuf a été vendu à 350 000 FCFA et à l’heure où je vous parle, la brebis a mis bas deux fois et porte la troisième gestation.
Au 3ème cycle du crédit, j’ai emprunté une somme de 100 000 FCFA pour financer l’acquisition de 3 moutons à 25 000 F l’unité, soit 75 000 FCFA, les stocks d’aliments de bétail (tourteaux et sel) et les soins vétérinaires. Je n’ai pas encore fini de solder ce crédit."

Tout compte fait, Sanata s’est procuré un avoir net de 552 000 FCFA et son crédit l'aura ainsi propulsé, du stade de simple ménagère avec capital personnel presque nul, à un stade de micro entrepreneure véritable pesant 552 000 FCFA, soit cinq fois le seuil national de pauvreté du Burkina Faso !

En d’autres termes, l’accès aux crédits a transformé en trois d’activités la pauvre ménagère en une demi-millionnaire.