Une boulangerie hors du commun

Femme devant un four
Une femme s'active devant un four. Crédit PNUD

Le défi quotidien des populations en particulier rurales, à se prendre en charge à travers des activités génératrices de revenus, est une question qui préoccupe au plus haut niveau le Burkina Faso et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

En vue de contribuer à rééquilibrer les tendances et à permettre une meilleure autonomisation financière de ces populations, le PNUD et ses partenaires techniques et financiers en mettant l’accent sur l’installation des Plateformes multi fonctionnelles (PTFM) dans toutes les régions, marquent un pas important dans la quête du développement. Au cours d’une visite de projets dans la zone de Gassan, région du centre ouest du Burkina. La mission d’évaluation des partenaires techniques et financiers a permis de mieux entrevoir l’impact majeur joué par ces PTFM dans la vie des populations et les activités engendrées autour d’elles.

Sous la conduite de l’OCADES/ Dédougou, ONG Catholique chargée d’implanter et suivre les PTFM dans la boucle du Mouhoun, les partenaires sont extraordinairement surpris de voir ce que déclenche l’existence d’une PTFM dans un village. Les femmes sont organisées en groupement pour assurer le fonctionnement des équipements de mouture, de décorticage et de broyage. Elles ont également un groupement qui s’occupe de la commercialisation des légumes, condiments, des savons, d’huile de cuisson ou de pommade pour le corps.

A retenir

  • Elle emploie 5 femmes et trois hommes embauchés spécifiquement pour le malaxage de la pâte
  • Aujourd’hui elles sont passées de la commercialisation de 100 à 500 pains /jour.
  • Les femmes sont organisées en groupement pour assurer le fonctionnement des équipements de mouture.

L’une des dérivées majeures de cette PTFM est l’existence d’une boulangerie, pas comme les autres. Mise en place par le groupement «  SABARIKADI » (il est bon de pardonner), elle emploie 5 femmes et trois hommes spécifiquement pour le malaxage de la pâte. « Au départ, nous vendions des gâteaux sucrés et l’idée de proposer du pain à la population a permis de diversifier nos activités et engendrer plus de recettes. Notre principale difficulté réside dans le manque d’électricité, nous empêchant de produire le pain dans la nuit. Mais nous avons foi que ça viendra », nous dit Rakièta, la responsable de la fabrique de pain. Il est important de souligner que la boulangerie de Gassan c’est en 2011 en moyenne 30000 FCFA/jour. Aujourd’hui elles sont passées de la commercialisation de 100 à 500 pains /jour.

Les partenaires étaient impressionnés par le travail abattu par les femmes de Gassan avec le peu de moyen qu’elles ont (le pain est cuit au bois de chauffe). Des mesures seront prises dans ce sens en vue de leur permettre de fabriquer le pain à partir de l’énergie produite par la plateforme multifonctionnelle.

D’autres défis sont encore à relever pour permettre à ces populations d’atteindre leur plein épanouissement financier, et social. Assurer un meilleur fonctionnement  et entretien des équipements, développer de meilleures relations commercialisations pour l’exportation de leurs produits, la reconnaissance des autorités de l’appartenance du site au groupement, sont autant de choses qui méritent d’être améliorées.